‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 613 sur 764 · Voir ci-dessus, p. 624, n. i · texte numérisé non relu

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4. Nous avons dit précédemment (ju'à trois ou quatre reprises Flodoard avait qualifié Henri de princeps.

632 LE UK(;.\E DE CHAULES LE SlMl'LE (iji 1-923).

ne le traite de roi qu'eu [)'M'u ((uaud il uieuliouue sa mort ; partout ailleurs il l'appelle ou Henri tout court, ou lleuri, prince d'outre Rhin. On s'étonne d'autant |)lus de le voir employer cette expression et d'éviter celle de roi en parlant d'Henri l'Oiseleur, ipi'il donne ce dernier titre aux deux usurpateurs de la couronne de France, Robert et Raoul', dominent Klodoard pouvait-il refuser ;i Henri une (jualité qu'il accor- «lait au maiijrave de \eustrie et à son gendre? 11 avait le droit de penser que l'Allemagne revenait à Charles, qu'Henri, en occupant le trône de ce royaume, faisait tort au (Carolingien, mais enfin Henri n'avait pas enlevé à celui-ci un Etat dont il était le légitime possesseur. Vu l'étrange terminologie dont se sert Flodoard*, on ne peut pas se prononcer sur le véritable sens du mot princeps appliqué a Giselbert, ni sur les projets de ce personnage '.

Il nous dit que la plupart des Lorrains avaient choisi Giselbert pour prince. Quels étaient donc les partisans du prétendant ? Il ne semble pas en avoir compté beaucoup dans le haut clergé ; nous verrons qu'il gagnera à sa cause le nouvel évêque de Liège, Hilduin, élu à la place d'Etienne. Quant à Herimann, archevêque de Cologne, quoique sa conduite dans l'afTaire de l'évêché de Liège ait été louche, on ne peut affirmer qu'il ait trahi Charles au profit de Giselbert +. Mais ni l'évêque de Cambrai, en faveur de qui Charles rendit encore un diplôme le 8 septembre g20>, ni l'archevêque de Trêves, toujours plus en faveur^, ni ses suffragants ne se rallièrent au fils de Régnier?. Nous pouvons en dire autant de Balderic, monté trois ans auparavant sur le siège d'Utrecht,

1. Voir ci-dessus, p. 6i4, n. 5, pour Robert. Nous ne pouvons énuaiérer les passatjcs, ils sont trop nombreux, où Raoul est qualifié de roi.

2. Il faut bien reconnaître que Flodoard n'est pas exempt d'esprit de parti. Sans être précisément Iiostile à Charles le Simple, il est plutôt mal disposé pour ce prince. La trahison d'Héribert ne lui a pas arraché une parole de blâme.

3. A part Leibniz, Ann. iinp. occ, t. II, p. 320, (jui croit que Giselbert visait plutôt à être reconnu par Charles en (pialité de duc héréditaire (m'a usuri)er la royauté, les historiens modernes, qui admettent que Giselbert était déjà duc de Lorraine, prétendent qu'il voulait se rendre indépendant, et non pas simplem^mt changer de suzerain, prendre Henri au lieu de Charles. Citons par exemple Mahcotty, art. cit., p. 4(^2, Wah.nkœ.nr; cl GÉRARD, op. cit., t. II, pp. 338 et 358, Wirricii, Die Entstehung , etc., pp. 90-97, Kalc.k- STEiN, op. cit., p. 1^9 et 108, n. 2, Huii.n, Geschichte Lothrinyens, t. I, p. 83, Waitz, Jahrbb. //. /, p. 48, et Bardot, art. cit., p. 3a, n. 2.

4. Herimann donna deux excuses pour se justifier d'avoir consacré Hilduin : celui-ci lui aurait affirmé par serment que Charles lui avait concédé l'évêché de Liëi|e (Karoli III capitula de Tungrensi episropatii, ch. (5, CC, t. II, p. 38o), et, d'autre part, Henri, d'après ce mémoire de Charles, ch. 2 ((^C, t. II, p. 379), ou Giselbert, suivant les lettres de Jean X à Herimann et à Charles (J. L. 3.504, 35().'), H. II. Fr., l. IX, pp. ai5 et 2it)). aurait employé les menaces pour contraindre l'arclu'xètiue de Coloqne à consacrer Hilduin. Ou'y a-l-il de vrai dans (;es alléqalions ? D'après \\'irTn;ii, op. cit., p. 99, n. i, Herimann aurait eu plus d'inclination |)our r.\llemai|ne (pie pour la France.

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