CoNT. Reg. 928, p
2. Bardot, art. cité, p. 82, n. 2, le fait très justement observer. Le Continuateur de RÉGiNON place en 919 la mort de Conrad et en 920 l'élection d'Henri, deux événements qui appartiennent respectivement à 918 et à 919 ; il avance d'une année l'élection de Robert et la bataille de Soissons, et il fait tuer Robert par Charles lui-même ; en 923, il raconte l'attaque de Charles contre le pagus de Worms, qui est de 920, le sièi]e de Metz par Henri, qui, s'il n'est pas imaginaire, ne peut se placer qu'en 926, et la mort d'Herimann, qui est de 924 ; il raconte en 924 le traité de Bonn et l'emprisonnement de Charles, qui appartiennent, le premier à 921, le second à 928, et il prétend qu'à Bonn Charles a renoncé à la Lorraine ; en 926, la mort de Charles, l'élection de Rodolphe en France et la mort de Wigeric, évêque de Metz, qui sont respectivement de 929, 928 et 927. Nous ne pouvons tout énumérer, mais nous en avons dit suffisamment pour fa're voir qu'on ne peut avoir qu'une confiance très médiocre dans la chronologie et même dans la véracité du Continuateur de Régi.non.
8. Par l'un de ces actes, rendu à la prière des comtes Isaac et Haganon, le roi affecte à l'entretien des moines différenls biens de l'abbaye, situés dans le Hainaut, dont jusqu'alors les abbés avaient la jouissance ou qu'ils donnaient en bénéfice à leurs fidèles. Par le second diplôme, où le comte Engelrand figure comme intercesseur, il accorde aux moines de Maroilles, pour leur subsistance, la disposition d'autres biens de l'abbaye situés dans le pagus de Laon et le Hainaut (B. 1968 et 1969, R. H. F/:, t. IX, pp. 55i et 55o).
4. Le Cont. Reg. 928, p. 167, dit qu'il dut fuir devant les fidèles d'Henri; Widukind, Res gesUe Saxonicœ, liv. I, ch. 3o, p. 24, parle de plusieurs défaites infligées à Charles par Henri ; mais Widukind, pour cette période, ne mérite pas plus de crédit que Ricuer.
royaume de lorraine. 4i
G/ji LE UKCiNE DE CHARLES LE SlMl'LE (911-923).
eu venir aux mains. L'un d'eux n'était autre qu'IIérivée, archevtMjue de Reims, arcliichancelier de (îliarles pour la France, et qui avait témoigné son dévouenient au roi d'une fa(;oa éclatante dans le cours de l'année 920. L'adversaire d'Hérivée était un Lorrain, Krlehald, comte du p. Castricensis\ Le 24 novembre 916, il ligure comme intercesseur avec le comte Hicuin dans un diplùine en faveur de Saint-iMiliiel ; il assiste en janvier ()iG au plaid il'Heristal ^. On le perd ensuite de vue, mais le (ait qu'après avoir eu son château pris par Hérivée, il se rendit auprès du roi, [)rouve qu'il était resté en bons termes avec lui. Evidemment, il allait lui demander justice. Voici en quelques mots l'origine du conflit : le comte avait pris le château d'Omont et construit ii Mézières une forteresse ; il lésait ainsi les droits de l'église de Reims, à qui appartenaient Omont et Mézières; de j)lus, il intligeait mille vexations aux hommes qui dépendaient de cette église. Hérivée l'excommunia pour ses usurpations et ses autres méfaits, mais la sentence ne produisit aucun effet ; Erlebald continua de molester les gens de l'église de Reims. Hérivée résolut alors d'agir avec vigueur. Réunissant une petite armée, il alla mettre le siège devant le château de Mézières et, au bout de quatre semaines, l'obligea de capituler. Erlebald obtint la vie sauve et la liberté. Il résolut d'aller trouver le roi, alors dans le p. Worniacensis, sans doute dans l'intention de lui porter plainte. Mais Erlebald fut rencontré par une troupe ennemie, qui le tua 5.
Hérivée était probablement dans son droit, mais le traitement qu'il avait infligé à Erlebald n'en irrita pas moins le roi. Celui-ci ne se contenta pas de faire lever par le concile tenu à Trosly, sous la présidence d'Hérivée lui-même, l'excommunication que l'archevêque avait lancée contre le comte défunt+; il lit sentir au prélat son ressentiment en lui enlevant la direction de la chancellerie française. Nous croyons devoir en effet rapprocher ces deux faits l'un de l'autre; c'est l'excommunication d'Erlebald et la prise de Mézières, suivie bientôt de la mort du comte, qui ont provoqué la colère de Charles et amené une rupture entre lui et l'archevêque de Reims. Un diplôme de Cliarles pour l'abbaye française Saint- Maur-des-Fossés, du 22 avril 921, est contresigné au nom de Roger >, et, depuis cette date, il en est de même pour tous les actes concernant le royaume occidental. L'archevêque de Trêves devient ainsi dès le début de 921 le seul archichancelier du roi de France et de Lorraine. Charles
1. Fi.oDOARn, Chronicon 920, t. III, p. 3, cl H. R. E., liv. IV, cli. lO, I. H, p. ôia.