‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 644 sur 764 · Thietmar de Merseboorg, Chronicon, liv. I, ch. 23, p. i · texte numérisé non relu

Thietmar de Merseboorg, Chronicon, liv. I, ch. 23, p. i

3. Chronicon Nainnetdnse, Brève chronicon S. Martini Taronensis, etc. (R. II. Fr., t. VIII, pp. 276, 3i6 et 317).

4. CoNT. Reg. 925, p. 157. Raoul Glaber, Historite, liv. i, ch. i (p. i de l'éd. Prou) le qualifie d' « hebes », Adhémar de Chabannes, Historiée, liv. III, ch. 20 (SS., t. IV, p. 123) de « minor » et d' « insipiens ». On trouve le sobricpiet de n follus » dans d'autres sources, du xii" et du xiii^ siècles.

5. Le Carpentier, Histoire de Cainltrfd, t. I, p. 84, avait déjà protesté contre l'application à Charles III du sobriquet de Sim[)le. Borg.xet, Étude sur le règne de C/iarles le Simple, pp. 4 et suiv., repousse aussi ce surnom. D'après cet auteur, on le trouve pour la première fois dans un chronitjueur allemand, Thietmar, mort en 1018, et il est employé presque exclusivement par des chroni pieurs français originaires de la Neustrie , de la Bourgogne et de l'Aquitaine, pays hostiles aux Carolingiens, tandis qu'il y en a à peine un appartenant à l'Auslrasie qui en fasse usage. L'opinion de Borgxet a été adoptée par Warnkœ.mg, et GÉRARD, Histoire des Carolini/iens, t. II, pp. 333-336. combattue au contraire par WiTTicH, op. cit., p. 78 et p. ii5, n. 6, par Kalcksteix, op. cit., p. i48, n. 2, et par Lippert, op. cit., p. 5, n. i. Ces deniers rappellent qu'avant Thietmar, le Continuateur de Régi.xon et l'auteur des Miracula S. Apri s'étaient servis, le premier des expressions i( vir he'oetis iii'jenii », le second du terme « simplex », et ils font observer que si dès la fin du x<! siècle on connaissait en dehors de France ces appellations injurieuses, il fallait ([u'elles eussent déjà cours en France même depuis quelque temps. Ils relèvent en outre f]ue Richer lui-même dit de Charles (pi'il était « ingénia bono siinplicicjue » (flistoriœ, liv. I, ch. i4, p. II).

6Go I.K RKC.NE nK C:nAUI,F:S LK SIMI'LK (yn-yaS).

( lliailos ((ii'il l'aiidiiiit Caire lioiiiu'iir des mesures lialiilos ou 6ucr[|i([ues dont le roi est eu <n)j>areuce l'auteur? Frédéroue avait sans doute une heureuse inlluence sur son mari, et la faveur d'Ilaçjauon, (jui fut si désastreuse pour (-harles, (juoique née du vivant de la reine, ne devint prépondéi-ante ([u'aprbs la mort de cet'e dernifcrc. L'ohstlnation de (lliarles à conserver Hacjanon envers et contra tous, îi lui prodiguer les mar([ues tic sa bienveillance, a été une grosse maladresse ; la hiouillc avec l'archevèifue de Reims en a été une autre non moins forte, (larder lIa(janon et se séparer d'Hérivée, c'était agir avec une imprudence et une imprévoyance tjni ne dénotent pas un liomme avisé, ni clairvoyant, ni an courant de ses vrais intérêts. Lîi est l'oriijine des maliieurs (jui vinrent fondre sur le roi. S'il avait congédié llaganon, ou si au moins il avait conservé l'amitié d'Mérivée, les mécontents de France n'auraient jamais osé porter Robert au trône. Peutêtre a-t-il commis une faute de tactique en essayant de mener de front la lutte contre (îisell)ert et contre les seigneurs français. Alors que presque tout le monde l'avait abandonné en France, beaucoup de Lorrains lui étaient demeurés fidèles. Il aurait dû, croyons-nous, commencer par rétablir son autorité sur la Lorraine, où il avait des points d'appui, ne laisser ni repos ni trêve k Giselliert et aux partisans du rebelle, tant que ceuxci n'auraient pas fait leur soumission ou tant qu'ils ne les aurait pas tués ou faits pi'isonniers. Une fois ([u'il aurait été le maître incontesté du pays, mais alors seulement, il aurait pu songer îi recouvrer le royaume de France. En éparpillant ses etlbrts, eu allant de la Lorraine à la France pour revenir ensuite à la Lorraine, en ne poussant rien à fond, il n'est arrivé à rien et il a fini par perdre ses deux couronnes. La faveur dont jouissait Haganon ne paraît pas avoir indisposé les seigneurs lorrains à l'égal des seigneurs français, et cela tendrait à confirmer l'hypothèse qu'Haganon était Lorrain lui-même. Ce ne sont pas les fautes de (Charles, c'est l'ambition de Giselbert qui a provoqué les révoltes des dernières années du règne. En définitive, les Lorrains n'ont aucun motif de mépriser ni de haïr un souverain, qui n'était ni violent ni cruel, et qui avait, semblet-il, une prédilection pour leur pays, berceau de sa famille. Ouand bien même la pitié que méritent les infortunes de (Charles, déchu du trùne et victime d'une indigne trahison, ne nous inclinerait pas à l'indulgence, nous ne nous croirions pas autorisé par les faits à j)orter un jugement rigoureux sur le gouvernement tlu dernier des rois nationaux de la Lorraine.

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