B. 1928 et B
8. B. 1952, 1908, igoS, 1956, iij57, 190 ■?, i960, 1968, 1970. Ces deux derniers actes, l'un du 27 juin 919 pour Sain'.-.Martia de Tours, l'autre du 22 avril 921 pour Saint-Maurdes-t'ossés, sont postérieurs au mariage de (Jharles avec Eadgyfu.
ROYAUME DE LORRAI.\E. 4^
658 LE UKGNE DE CHAULES LE SLMPLE (yi i-(jii3).
Sa tleu.vièiue (ou troisième) reinine (Hait une princesse anglaise, Eadfjyfn, lille (rKdouaid I"" et pelite-lille il'Alfied le Orand '. (^est prohahlement en ()i8 (jue lut céléhré ce nouveau niaiiarjc^. Si en le contractant Charles avait espéré consolider son trône et se donner un ap[)ui, son calcul se trouva faux, car son beau-père ne lui prêta aucune assistance. Eadg\ lu, pr()l)al)leinent très jeune, et ([u'une grande diflerence d'âge séparait de son mari, ne jouit pas de la même autorité (jue Frédérone ; elle ne paraît dans aucun des actes de (Charles. Pourtant, elle lui avait donné un lils, Louis, né en g 19 ou en 920 '. Aucun document ne nous dit où se trouvaient la reine et son enfant au moment où (Charles tomba au pouvoir d'Héribert, mais ils devaient être alors en Lorraine, peut-être dans la inlla de Tusey, sur la Meuse, que (Charles avait donnée en dot à Eadgyfu avec les villages qui en dépendaient •*. Nous ne savons ce qu'il y a de vrai dans l'assertion de Folcuin, qui prétend que les ennemis de Charles voulaient prendre, pour le tuer, son jeune fils >. Toujours est-il que ni la France ni la Lorraine ne parurent suffisamment sûres à la reine, qui parvint à gagner l'Angleterre soit en 928, soit l'année suivante, un peu après que son frère Athelstan eut succédé à son père Edouard ^. Louis devait rester auprès de son oncle jusqu'à la mort de Raoul ; appelé alors par les seigneurs français, il vint s'asseoir sur le trône de France, qu'il occupa pendant dix-huit années.
I. .Ethelvkro, Epistoln ad Mathilditn (SS., t. X, p. 439, n. 82). Des sœurs d'Eadgyfu, l'iine, Eadhild, épousa Hikjik's le Grand, fils de Robert, l'autre, Eadgyda, Otton le Grand. Les Ann. Eln. min. 912-919 (S S., t. V, p. 19) mentionnent le mariage de Charles avec Ogive, et celui de Baudoin (II de Flandre) avec Efkelbelh, ([ui aurait été, elle aussi, une fille d'Edouard, mais c'est une erreur, car la lettre d'.El.helverd à Mathilde, fille d'Otton le Grand et d'Eadgyda, lettre à laquelle nous avons emprunté les renseignements que nous avons donnés sur trois des filles d'Edouard, nous apprend qu'-Elfrytha, femme de Baudoin II, avait Alfred pour père. Sur les formes du nom d'Eadgyfu dans les chronii|ues françaises, voir Lippert, op. cit., p. 'il^, n. 2.
2. Flodoard, dont la Chronique commence en 919, ne parlant pas du mariage de Charles avec Eadgyfu, Leibmz, op. cit., t. II, p. 293, et Kalckstein, op. cit., p. i45 et p. i46, n. I, placent en 918 cet événement; Ivalckstein suppose en outre (jue le roi voulait par là se rapprocher de Baudoin de Flandre, qui avait épousé une tante d'Eadgyfu- Baudoin mourut en 918, et ce fut un malheur ])0ur le roi, (jui aurait prohahlement trouvé, dans son cousin un défenseur au jour du danger. Arnulf, fils de Baudoin, (jui succéda à son pfere, n'était encore qu'un enfant, incapable de venir en aide à Charles le Simple.
3. L'année de la naissance de Louis ne nous est pas comme; Riciier, Historiip, liv. II, ch. 4, p- 42, le dit âgé de (piinze ans lorscju'il fut sacré roi (le 19 juin 93O), et il lui donne, liv. II, ch. io3, p. 87, Ircnte-si.x ans à sa mort (10 septembre 954). Kalckstei.n, op. cit., ]). 14.^, accepte la première des assertions de Richer et fait naître Louis entre le 10 septembre 920 et le 10 septembre 921.
4. Flodoard, Chronicon 988, t. III, p. 08. En 988, Tusey se trouvait au pouvoir de Rog-r (II) comte de Laon, soit (pi'il s'en lut emparé lui-même, soit ipic son père Ricjer (l<"f) mort en ij->A> (Flou. CJiron. 920, p. 30) eût pris ci^ domaine en 928 ou 924, après l'emprisonnement de Charles, quand cette pariie de la Lorraine eut été occupée par Raiml. Louis ayant m irché avec une armée contre Roger (II), celui-ci dut restituer Tusey.
.^). Foi.c.ui.N, Geshi (ih/)nliiin Sithimsiiun, ch. loi (SS., t. .\1II, p. O2O) ; cf. lliuiiu, Jllstoriœ, liv. Il, ch. 1, p. 89.
0. Folcuin, ibid., Fi.dhoaiii), Chronicon 980, l. III, p. O2, Ru.heh, Hisloriir, liv. II. ch. I, p. 89, dit (pi'Eiulgyfu se réfugia auprès d'AlhelsIan son frère, (|ui monta eu septembre 924 sur le trône de son père ; elle serait donc demeurée en France ou en Lorraine
M.VRI.VGE ET ENFANTS DE CHARLES. LE SURNOM DE Simple. 65g
Le sobriquet de s//?i/)/e est resté à Charles III, fils de Louis le Bègue. On doit reconnaître que de bonne heure les chroniqueurs le lui ont donné, ou d'autres analogues : simplex', sottiis^, staltus^, vir hebetis ingenii'', telles sont les épithètes peu flatteuses qui lui sont appliquées. Les a-t-il méritées, et son gouvernement a-t-il été celui d'un prince inintelligent et bornée ? Oui et non, car il y a le pour et le contre. On doit presque répondre par la négative si l'on se place au point de vue lorrain, car ce n'est pas le fait d'un simple, ni d'un imbécile, d'avoir su acquérir l'ancien royaume de Lothaire après la mort de Louis l'Enfant, et de s'y être maintenu malgré Conrad, Henri et Giselbert. Jusqu'à la révolte de ce dernier, le pays semble avoir été tranquille. Le gouvernement de Charles en Lorraine ne fut pas dépourvu de fermeté. Il tint tête à Giselbert, s'il n'arriva pas à le dompter; dans l'affaire de l'évêché de Liège, il sut défendre ses droits et parvint a faire triompher son candidat. Enfin, la dernière campagne de Charles fut menée ayec une vigueur et une habileté qui méritait un meilleur succès. Le tort de Charles, à la bataille de Soissons, fut peutêtre de n'avoir pas laissé tout d'abord en réserve un corps de troupes, qui n'aurait donné qu'au moment où Hugues et Héribert vinrent renforcer et rallier l'armée de Robert. Mais, ne serait-ce pas plutôt aux conseillers de
un an après f|ue son mari cul élé l'ait prisonnier par Héribert. Kalc.ksteix, op. cit., p. i63, n. 2, admet le lémoirpiage de Richer et suppose qu'un seigneur lorrain, partisan de Charles, aura donné l'hospitali é à la reine et à son enfant. Lippert, au contraire, p. 34, n. 3, croit peu vraisemblable qu'Eadgyfu ait attendu jusqu'en 924 pour l'uir en Angleterre ; Richer ne savait pro!jablem?nt pas, dit-il, ([ui régnait alors dans ce royaume. La réflexion est juste, et si Richer a parlé d'Athelstan, c'est parce que Louis se trouvait auprès de ce prince en 936, quand il fut appelé au trône de France.
1. On le trouve dans les Miracida S. Apri, ch. 23, écrits tout à la fin du x^ siècle, el dans les Miracida S. Beneiicli, ch. i, d'Ai.Moi.\ de Fleury, du xi" siècle {S S., t. IV, p. 517, et t. IX, p. 374). C'est ce surnom qui finit par prévaloir.