‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 650 sur 764 · Flodoard, Chronicon 928, t. III, p · texte numérisé non relu

Flodoard, Chronicon 928, t. III, p

2. Flodoard, Chronicon 928, t. III, p. i4. Il y a incertitude sur le jour du meurtre. En effet, tandis que le Necrol. S. Vitoni Virdunensis {N. A., t. XV, j). 127, cf. p. 608) fait mourir un comte Ricuin le i4 mars, le Liber vitie de Remiremont (iV. A., t. XIX, p. 70) place au i5 novembre le décès d'un duc Ricuin. C'est la première date qui est la plus vraisemblable. Ricuin ayant été comte de Verdun, on devait savoir à Saint-Vanne, mieux encore qu'à Remiremonf, quel jour il avait été assassiné. En outre, le père d'Otton n'a pas été duc, aucun document contemporain ne lui donne ce titre. Enfin, Flodoard, qui suit en général l'ordre chronologique, raconte le meurtre de Ricuin avant l'e.xpédilion de Charles en France et la bataille de Soissons, et l'on se rappelle que celle-ci a été livrée le i5 juin. Pourtant, il faut bien le reconnaître, Flodoard n'a pas toujours rangé les faits en se conformant d'une façon rigoureuse au principe que nous venons d'indic[uer. Ainsi, en 921, il mentionne la mort de Richard, margrave de Bourgogne, avant l'expédition de Charles contre les Lorrains rebelles et contre Henri l'Oiseleur, et après seulement il parle de la chaleur et de la séclieresse dont on eut à souffrir pendant les trois mois de juillet, d'août et de septembre. La campagne du roi, et à plus forte raison la mort de Richard, seraient donc antérieures à juillet. Or, nous savons que Richard décéda ou le 81 août, selon les Ann. S. Beniff. Div. 921 (S S., t. V, p. l^o) ou le i«r septembre, d'après VHistoria Francorum Senonensis (SS., t. IX, p. 366), le Chronicon S. Pétri Senonensis et Orderic Vital, Ecclesiastica historia, liv. VII (/?. H. Fr., t. IX, pp. 83-84 <?* 16) ; peut-être ces trois dernières sources indi([uent-elles le jour des funérailles. L'événement n'a donc pas dans Flodoard la place qu'il devrait occuper, et on pourrait supposer qu'il en est de même pour la mort de Ricuin. D'autre pa.'t, en acceptant la date du l^iber vitie (i5 novembre), on s'expliquerait mieux la conduite d'Otton, qui après avoir reconnu Raoul se rallie à la fin de 928 à Henri (Flodoard, Chronicon 928, t. III, p. 20) ; c'est l'assassinat de son père par le frère de Raoul qui l'aurait déterminé à changer de parti. Kœpke- Dûmmler, Jahrbb. Otto I, p. 97 et n. 3, et Kalckstein, op. cit., p. 64, acceptent le i5 novembre; Lippert, qui dans Rudolf Kœni g von Frankreich, p. 87, n. 4, s'était prononcé ipioiqu'avec des réserves, pour cette date, l'a ensuite rejetée pour adopter celle du Necrol. S. Vit., en se fondant sur la place à laquelle l'événement est mentionné dans Flodoard, toujours fidèle, d'après lui, à l'ordre chronologi([ue (Zu deni Necrol. S. Vit. Vird., N. A., t. XV, pp. G08-609). D'après Damberoer, Sy.ichronistische Geschichtc, t. IV, p. 472, c'est Ricuin, évèque de Strasbourg, que Boson aurai;, assassiné ; il fait d'Otton un frère de Giselbert. Warnkœmg et Gérard, op. cit., t. II, p. 36i, croient Ricuin oncle de Giselbert, et si ce dernier se brouille avec Raoul, c'est à cause du meurtre de son oncle. Boson aurait dit à Jean de Gorze {Vita Joli. Gorz., ch. io5, SS., t. IV, p. 867) qu'Adalbéron (le futur évêque de Metz), beau-fils de Ricuin, l'avait poussé à tuer son beau-père : nous avons peine à le croire.

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