‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 651 sur 764 · Ï'E RÈGNE DE CHARLES LE SIMPLE · texte numérisé non relu

Ï'E RÈGNE DE CHARLES LE SIMPLE

sur les hords de la Marae '. Il avait peut-être sul'd ([ue i\icuin, comte de Venluu, sou voisin et sou ennemi, se révoltât contre Charles [lour (|ue lui, Boson, restât fidèle au roi, sans se soucier d'ailleurs des intérêts de son frère. Nous ne savons pas cej)endant ([uelle attitude i'I avait prise dans les derniers temps de la lutte entre Cjliarles et les seigneurs français. 11 est douteux (ju'il ait condjattu directement Raoul. Mais, quels (jue fussent les rapports des deux frères, on est surpris de voir Otton accepter la domination du nouveau roi de France. Celui-ci lui avait-il promis justice pour l'assassinat de Uicuin ?

Otton avait tout d'ahord embrassé le parti de Giselbert contre Charles*, mais le fds de Régnier ne suivit pas l'exemple de son allié. Nous avons vu (ju'il avait noué des relations avec Robert et Hugues, que ce dernier était venu en Lorraine au secours tlu château de Chèvremoat, assiégé par (Charles le Simple. (Ju'était-il arrivé qui avait brouillé Giselbert avec les Fran(;ais? Nous ne savons. S'il ne se rallia pas à Raoul, ce ne fut pas d'ailleurs, comme on pourrait le croire, pour chercher à monter lui-même sur le trône de Lorraine. Non, il s'adressa au roi d'Allemagne, qu'il ne devait pas tarder à abandonner avec sa mobilité habituelle. Henri, il est vrai, lui avait peut-être donné asile après sa première révolte et, en 920, l'avait au moins moralement soutenu. Les relations de Giselbert avec le roi de Germanie étaient donc de plus ancienne date que celles qu'il entretenait avec Robert'.

On comprend mieux encore les sentiments et la conduite des seigneurs lorrains du parti carolingien qui se rallièrent à Henri. Nous possédons à cet égard un précieux témoignage, car il est contemporain, et il provient de l'abbaye lorraine de Priim, que Richier, avant de devenir évêque de Liège, avait longtemps gouvernée. Voici comment s'expriment les Annales Pramienses : « La môme année (928), Henri, roi des Saxons et des Francs orientaux, reçut au nombi'e de ses fidèles quelques-uns des grands de la Lorraine qui se donnèrent spontanément à lui. Ils dédaignèrent de devenir les fidèles de Raoul, qui les privait de leur maître +. » Nous admettons sans peine que le moine de Priim, qui a écrit cette note, a traduit les sentiments des seigneurs lorrains qui rendirent hommage à Henri : ils le firent surtout en haine de Raoul, l'usurpateur qui avait pris la place du roi légitime. Le roi de Germanie s'était correctement conduit ;

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