Flodoard, ibid., p
4. Flodoard, ibid. L'année de la mort est indiquée exactement par les Ann. S. Benig. Div. 928 et les Ann. necrol. Fiild. 928 {SS., t. V, p. 4o, et t. XIII, p. 192); Hugues DE Flavig.w, Ghronicon Virdunense, donna à tort 922 et les Ann. S. Vifonis, 920 (SS., t. VIII, p. 358, et t. V, p. 526). Le Liber vitte de Remiremont {N. A., t. XIX, p. 70) nous apprend que Dadon trépassa le 7 octobre. Son épiscopat aurait duré trente-huit ans, d'après Hugues de Flavigny, (jui ajoute que l'évècjue défunt fut enterré à Saint-Vanne. Dadon avait eu à lutter contre un cerlain Gontran Boson, qui est évidemment le fi'èrc de
()()8 LE UÈGNi: HE CIIAULKS LF, SIMI'LK (cji i-cju.'J).
li's ([uei'clles de (lliailcs avec ses (jiands, soit plus tard, ([iiaiid il s'acjit (le donner a ce prince un successeur, ne nou ; est révélée par aucun docutnent. Quoi (ju'il en soit, Uaoul se hâta de donner le siège vacant k llu(jiu's, une de ses créatures, sans aucun doute. Seuil", archev(M[ue de Keiins, conféra la prêtrise à ce personnacje ', mais il ne scnd)le pas rpi'il l'ait consacré éviMpie. (Teùt été contraiie aux canons, le diocèse de Verdun étant su(lVa(|ant de Trêves, (loinnie l'archevécpie de cette dernière ville, I\o(jer, avait endjrassé le parti d'Henri, J\aoul ne pouvait espérer ([u'il consacrerait Ihujues; il avait seulement voulu l'aire occuper la place par un homme sûr, et empêcher un adversaire de s'y introduire.
En définitive, à la (in de 928, la situation restait h peu de choses près ce nu'(dle était au moment où Charles tond)a au pouvoir d'Héribert. Raoul n'avait lait aucun progrès, sauf (pie Wicjeric avait pris Saverne ; Henri avait gagné Otton, fils de Ricuin, et c'était tout.
Cet état de choses n'allait pas se modifier sensiblement dans le cours <le l'aniu'e ()i>>4, les deu.v rois, malades l'un et l'autre, n'ayant pu venir en Lorraine*. Mais si le pays n'eut pas à subir les pillages des armées française ou allemande, il fut par contre déchiré par des luttes intestines. Ce n'étaient pas seulement les partisans de Raoul et d'Henri qui se faisaient mutuellement la guerre, des inimitiés privées armaient également les seigneurs les uns contre les autres, et personne n'était l;i pour rétablir l'ordre et faire respecter la pai.\ pul)li(jue. Giselbert se brouilla avec le mari de sa sœur, Rérenger, comte du /xigiis Lo//une/isis, qui s'empara de lui. Nous ignorons les motifs de ce difl'érend. Pour recouvrer sa liberté, (liselbert dut livrer en otages à son beau-frère ses neveux, les fils de son
Raoul (Laurkm- de Likge, Gestn epp. Vird., SS., l. X, p. A<jo). La mciue source place en la 37'' année de l'cpiscopal de Dadoii un incendie qui consuma la ville ; les Ann. S. Ben. Dit', el les Ann. S. Vil. Vird. indii|uont yiT), ce ipii ne concorde pas avec le reiiseif|neuienl de L.\ure.nt ijk Lii-.oK, Dadoti n'étant inonti; sur le sicfje de Verdun (pi'en 880 (Voir ci-dessus, p. 45i, n. 1). Quant au J'ulyptirum Virdtinense et au.\ Gesta e/ifj. Vird., praîl'., de HKRT.vniK {SS., t. IV, pp. 38 el 3(j-4o), ils mentionnent l'incendie, niais sans en indi([uer la date. Housski-, Histoire de Verdun, 2* éd., t. I, p. 201, n. a, et p. 2o3, place, mahjré Flodoahi), en 932 ou yai la mort de Dadou, parce cpie Harnoin, successeur de Dadon, aurait assisté, d'après des monuments de l'église de Toul, à la consécration de s;»int Gauzlin, ([ui est du 17 mars 922. Cela n'empêche pas Rousskl de déclan'r, p. 202, ([u'après la mort de Dadon, Raoul donna l'évèché vacant an prêtre Huc^ues, qui lut chassé en 925. Clouiît, Histoire de Verdun, t. I, p. 292 et n. 2, fait, comme Rousski., décéder Dadon en 922 ou 921, mais, pp. 3of)-3o7, il menlioime exactement la donation de Verdun laite à Huijues par Raoul, l'e-xpulsioii de Hiujues el son remi)lacement par Harnoin en 92.'). Le même auteur, p. 290 et n. 2, se demande si Hoson est le frère de Richilde, ou si Lauhe.nt de Lik:ge n'a pas donné par erreur Dadon au lieu de Rarnoin connue adversaire à Boson, (jui en 935 (932) fil la yucrre au se.- >nd de ces prélats.
1. Klodoaiu), Chronicon 923, t. III, pp. 20-21. Clouët, op. cit., t. I, p. 3o(), dit cpie Roger, archevô(|ue de Trêves, (|ui était du parti allemand, refusa de consacrer Iluipies. Il est prohahle cpi'on ii" tenta auprès de Rocjer aucune démarche, sa n'-pouse étant comme d'avance.
2. Fi.oDOAHD, (Uironiron 924, t. III, p. aô. Raoul ne fut pas malade toute l'année, il lit une cx|)édition en .\(|ui(aiue, et c'est à son retour, alors (|u'il résidait ji .\Uii|ny et se préparait à partir pour la Lori'aine, (pi'il liiinha malade. Les diplômes de Raoul signalent la présence de ce prince à .\ulun le 28 février, à Chalon-sur-Saône les 0, 8 el 9 avril (H. 1980-1983). On ne possède anciiii (lipli'uni' d'II'iiri pour l'année ^yil\.
GUERRES PRIVÉES EN LORR.VINE (ya/i). GISELBERT RECONNAIT HENRI. 6O9
frère Régnier. Une fois délivré, Giselbert se mit à ravager les terres de Bérenger, de Régnier lui-même et d'Isaac, comte de Cambrai. Après ce bel exploit, il envoya demander à Raoul de recevoir sa soumission : quel était le motif de ce nouveau revirement ? Mystère. A ce moment la conduite de Giselbert est ou paraît être celle d'un fou. Mais le roi de France, sur l'avis de ses conseillers, refusa les ofï'res d'un homme dont il détestait les parjures et l'inconstance. On s'étonnera de ces scrupules, si l'on songe qu'un des principaux fidèles de Raoul était le comte Héribert de Vermandois. En vérité, Raoul n'avait pas le droit de se montrer aussi difficile '.
Tandis que Giselbert, laissant Bérenger tranquille, tournait sa rage contre Régnier, son propre frère, Otton guerroyait contre Boson, et le comte de Cambrai, Isaac, contre l'évêque de cette ville, Etienne; il prit un des châteaux du prélat et le brûla. Pourtant, le repentir le saisit, et il fit amende honorable à un concile tenu à Trosly, en octobre 924, sous la présidence de Seulf. Moyennant une indemnité de cent livres d'argent, il se réconcilia avec Etienne, en présence d'Hériljert et de plusieurs comtes francs *.
Les guerres privées qui avaient désolé la Lorraine au cours de l'année 924, devaient un peu se calmer en 925. De nouvelles (luctuations allaient encore se produire en faveur de Raoul d'abord, puis d'Henri, qui se vit à la fin de l'année maître incontesté de toute la Lorraine. Giselbert n'avait pas renoncé k devenir le fidèle de Raoul, malgré le peu de succès qu'avaient eu précédemment ses avances. Par l'intermédiaire d'Héribert, qui était digne de conduire cette négociation, il finit par obtenir ce qu'il désirait, et Raoul, sur l'invitation du comte de Vermandois, quitta la Bourgogne, où il luttait contre les Normands, pour aller recevoir l'hommage des seigneurs lorrains. L'entrevue avait été fixée à Cambrai, mais, pour des motifs que Flodoard ne donne pas, les Lorrains ne vinrent pas au rendez-vous. Ce fut sur les bords de la Meuse que Giselbert lui-même, le comte Otton, qui changeait pour la deuxième fois de parti, et peut-être d'autres grands jurèrent fidélité au fils de Richard 5. Il semblait que celui-ci fût en bonne voie pour devenir maître de la Lorraine entière, mais les attaques continuelles des Normands le retinrent en France et l'empêchèrent de pousser plus loin ses avantages.
De son côté, Henri avait franchi le Rhin et envahi la Lorraine ; au cours de cette expédition il prit une des forteresses de Giselbert, Tolbiac,. et S3 fit délivrer des otages par le comte ; puis il revint dans ses États +.
1. Sur ces événements, voir Flodoard, Chronicon 924, t. III, p. 28.
2. Flodoard, Chronicon 924, t. III, pp. 25-26, et H. R. E., liv. IV, ch. 19, t. II, p. 619 ; cf. Gesta ei)p. Gainer., liv. I, ch. 66 {SS., t. VII, p. 424).
3. Flodoard, Ghronicon 9a,"), t. III, p. 29. On trouve Raoul à Laon, le 6 avril (B. 1984), à Arciacuin sur la Saune, le .3o juillet (Pkrard, Recueil, etc., p. 162), et à Autun eu juilht (B. 198.")). (;'esl un peu avant ou un peu après son passage à Laon (jue Raoul est allé à Cambrai.
4. Flodoard, ihir/., p. 3o. On trouve H'Miri à Worms le 3o mars (B. O. 12), avant son expédilion en Lorraine trèsjirobablement. Widoklnd, Res ges'ie Saxonic, liv. I, ch. 3o, p. 20, raconte qu'Henri, préférant l'emploi de la ruse à celui de la fjrce, contre les Loi"^
GyO LE IIKGNK I)K Cll.VULKS I.K SIMl'LK ((,i i-(jii3).
La c<iin[);i(|iu' (lu i<»i (rAll(Mn;ujiio S(^ lt(>iiia-l-;'IIc ii la prise de Toll)iac ? P(Mit-tUie, mais alors il y (mi eut une seconde ii la fin de l'année. Flodoard nous dit lornielleinent (|ue toute la Lorraine se soumit alors h Henri'. Nous ne pensons pas (pu' la cliosî ait été aussi sim[)le, ([u'elle ait marché aussi ['acil(Miu'nt ipi'il send)le l'affirmer. Ilaoul était lorcé de rester en France pour tenir tète aux Normands, et nous admettons que son absence proliMUjée ail fini par lasser et décourager ses partisans en Lorraine^, mais il a l'allu poui'tant qu'Henri vînt en personne dans le pays pour y recevoir l'hommage de ses nouveaux sujets.
Il est possible que le roi de Germanie ait rencontré quelque résistance. Nous placerions volontiers à ce moment le siège de Metz par Henri, que le continuateur de Réginon raconte k l'année 928, en ajoutant que l'archevèijue Roger et le duc (îiselbert accompagnaient le roi '. La résistance de Wigeric à Henri n'a rien d'invraisemblable, si l'on se rappelle sa conduite en gaS ; on s'explique bien la présence de Roger, le métropolitain de Wigeric, qui l'un des premiers s'était prononcé pour le roi d'Allemagne ; mais comment Giselbert se trouvait-il la, lui qui quelques mois auparavant était encore en lutte avec Henri ? Il est vrai que rien ne doit surprendre de la part de (liselbert. Ajoutons que le siège de Metz ne peut se placer en 928, lors de la première expédition d'Henri en Lorraine ; car à cette date Wigeric était si peu soumis au roi d'Allemagne ([u'il s'empara quelque temps après de Saverne+. Metz dut enfin ca[)ituler, et Wigeric reconnaître l'autorité du nouveau maître de la Lorraine s.
Henri se rendit-il ensuite à Verdun? Nous ne pouvons l'affirmer avec certitude ; nous savons seulement qu'il donna à Barnoin l'évèché de cette ville, d'où fut chassé le prêtre Hugues, la créature de Raoul. Barnoin était un neveu de Dadon, et probablement un fils de Matfrid, comte de Metz*. Cela donnerait à supposer que cette famille, l'une des plus tlévouées à Charles, avait de bonne heure eml)rassé le parti d'Henri. Peut-
rairis, cul la chance que Giselbert lui fut livré par un seigneur lorrain, Christian, qui s'était em]iaré de sa personne et qui vouait qaqnor la faveur du roi d'AlkMnaqne. Au bout de ([uel([uc temps Henri, prenau en considération les {[ualilés, la richesse et la puissance de Gisellx'rl, lui donne sa lille Gerberqe en mariage et le gouvernement de toute la Lorraine. (iette fal)le est rejelée par Leib.niz, op. cit., t. Il, p. 3(13; W.vrrz, up. cit., p. 81, est moins aflirmatif.