Fi.oitoAiu), Chronicon g'.!3, t. III
Ti. .\ous nous sonuiies cxpli |ui'' préi-édenuueut sur les lieiis de |)arenté (|ui unissaient entre eu.\ Dadon, .Malfrid, Adalb -r. et IJa.'iuin (p. 45i, n. 1, el j). joi, 11. l\).
TOUTE LA LORRAINE SOUMISE A HENRI (y^S). 67 1
être est-ce Barnoin lui-même, et non Henri, qui expulsa le protégé de Raoul. Il fut consacré évéque a Verdun même'.
Nous ignorons si le roi se transporta dans les régions de la basse Meuse et de l'Escaut ; toujours est-il qu'à la fin de 926 la Lorraine lui appartenait tout entière. Raoul, absorbé par ses luttes contre les Normands, contre Guillaume duc d'Aquitaine, ou contre Héribert, ne fit plus une seule tentative sur la Lorraine, et, à part une courte révolte de Boson, qui fut vite réprimée*, Henri demeura paisible possesseur du pays.
Quelle fut sous son règne la situation exacte de la Lorraine ? Constitua-t-elle un royaume autonome, comme au temps de Louis l'Enfant et de Charles le Simple, ou forma-t-elle simplement une province de l'Allemagne 3? En 900 et en gii, les grands avaient pu faire leurs conditions, s'étant donnés librement. La situation n'était pas la même en 926. Pourtant, Roger, qui s'était des premiers déclaré pour Henri, avait pu stipuler qu'il conserverait les fonctions d'archichancelier pour la Lorraine. De fait, on trouve contresignés en son nom deux diplômes d'Henri pour l'église de Toul du 28 décembre 927 et du 27 décembre 9294. Le diplôme d'Henri pour Brogne du 5 avril 982, souscrit par un notaire à la place de Robert, successeur de Roger sur le siège de Trêves, est un acte faux5. Mais, par contre, le privilège accordé le 8 juin 986 à Stavelot par Henri, et contresigné au nom de Robert, est d'authenticité incontestable^. Si, à côté de ces documents, il y en a d'autres, relatifs aussi à la Lorraine, qui émanent de la chancellerie allemande, ceux du 5 juin 980 pour Notre-Dame d'Aix-la-Chapelle et du 80 juin 980 pour Saint-Maximin7, la chose s'explique par le fait que le siège de Trêves se trouvait alors vacant, Roger étant mort le 27 janvier 980 et Robert, son successeur, n'ayant pas encore été consacré ^.
1. Flodoard, Chronicon 928, t. III, p. 33 ; Ann. S. Ben. Div. 925, et Hugues de FlaviGNY, Chronicon Virdunense 926 {SS., t. V, p. !^o, et t. VIII, p. 358). Les Ann. S. Vit. Vird. placent en 920 l'avènement de Barnoin (SS., t. X, p. 626). La Vita Joh. Gorz., ch. 3() et 38 (^SS., t. IV, p. 347), représente Barnoin comme un Inmmî fiir et emporté. Nous avons déjà parlé de la lui le qu'il livra à Boson, frère de Raoul (Flodoard, Chronicon 932, t. III, p. 53).
2. Flodoard, Chronicon 928, cf. 929 et 935, t. III, pp. 4i, 42, 43 et 60.
3. D'après Clouët, Histoire de Verdun, t. I, p. 298, la Lorraine continue de former un royaume distinct jusqu'à sa division en deux duchés ; auparavant, empereurs et rois comptent séparément leurs années de règne en Lorraine. Waitz, tout en reconnaissant ([ue l'arclievèque de Trêves conserve la di jnité d'archichancelier pour la Lorraine occidentale (Jahrbb. H. I, p. 82), croit que le pays ne constitue pas un royaume distinct de l'Allemagne mais qu'il est incorporé à ce dernier et mis sur le même pied que les autres duchés (ibid., p. 83). Le même auteur, D. VG., t. V, p. 71, admet que la Lorraine jouit d'une autonomie plus grande (jue les autres parties de l'Allemagne.