‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 657 sur 764 · B. 0. 5o, H. 4o, DD., t. I, p · texte numérisé non relu

B. 0. 5o, H. 4o, DD., t. I, p

7. B. O. 27 et 28, H. 23 et 24, DD., t. I, pp. 58 et 59. Ajoutons ([ue deux actes, l'un sans date pour l'église cathédrale d'Utrecht, l'autre du 24 oclohre 981 conceraani l'abbaye de Crcspin, ne porlent pas la recoyniHo de l'archichancelier.

8. Le jour de la mort de Roger est donné d'après une vieille inscription par Brower et Mase.x, Ann. Trev., t. I, p. l\ï)i, qui placent d'ailleurs l'événement en 980, ainsi que Leib-

C72 LE UKGNK DE CHAULES LE SLMI'LE (yii-(ja3).

I )'lialiitii le, llciui ne comj)te pas à part ses années de H'fjne en Lorraine ; pourtant, dans un de ses dipl(^nlcs, celui du 8 juin 9!i5 pour Stavelot, la date est ainsi Ibinuilée : « Data \'I id. jun. anno doniinicie Incarnationis DCCCCXXXV, indict. \'I1I, anno autem lleinrici régis istius re(/ni A'//»; ce qui semble indiipier ([ue les années de récjne partent de ()2ii, c'est-à-dire de l'époijue où il fut reconnu par une partie des seigneurs lorrains '.

Dans les chartes privées, on prend comme point de départ, soit l'avènement d'Henri en Allemagne, comme à Cologne^, soit 928, comme îi Trêves', soit 920, comme à Metz et à Toulh II est difficile de dire si

Mz, Ann. iinp. occ, t. II, p. 4<iô, W.vitz, Ja/irhh. H. I., p. i38, n. i. Le Cont. Reo., p. i58, indicpie 928; les Ann. S. Mn.vini. (SS., t. IV^ p. (5) ne parlent pas de la mort de Roger, mais elles ne mentionnent qu'à 981 la consécration de Robert. Waitz croit (jue ces annales sont ici comme toujours c\\ avance d'une année. Gcerz, Het/esfcn (1er Erzhischœfe £11 Trier, I. I, p. 3, acceptait (j3o pour la mjrt de Rjijer, f)3i pour la consécration de Roherl, tandis (pie dans les Mli. Rey., t. I, p. 252, n" 882, il reporte, (pioitpi'avcc réserve (il place entre crochets le cliitlre ySi), le décès de Roger à y3i. Su;kel, DD., t. I, p. 37, admet aussi (j3o comme année de la mort de Roger, et croit ipie les diplômes du 5 et du 3o juin ont été rendus pendant la vacance du siège de Trêves.

1. B. 0. 5o, H. 4o, DD., t. I, p. 74. D'après une note de Foltz, l'éditeur de ce diplôme, XII serait une faute du scribe gui a écrit l'acte, un lapsus cubuni, et c'est XV^II qui serait le chifFre exact. Nous ne sauri;)ns acccpicr cette explication. L'acte concerne la Lorraine, il a de plus été rendu « juxta lluvium Char », sur la Cliiers, en Lorraine par consécpient ; et la formule de la date indi([ue bien ([ue les années de règne sont comptées en Lorraine et non en Allemagne : l'expression n isti.is regni » ne peut s'ap|iliipier cpi'au premier de ces deux pays, t'.'est des derniers mois de (j23, de l'hommage que lui adressèrent les ])remiers seigneurs lorrains (pii se soumirent à lui, que partent officiellement les années du règne d'Henri dans sou nouveau royaume.

2. Cela ressort de trois chartes pour l'abbaye Sainte-Ursule ou des Onze mille Vierges, de Cologne, (pii sont respectivement datées du 12 mars 927, du 29 juillet 927, du 7 juillet 931 et des y", if et i3f années du règne d'Henri {NR. UB., t. I, n»* 87, 88 et yi). Pourtant, les Ann. Col. brèves. (SS., t. XVI, p. 73o) disent à ya3 : « Heiiu'icus rex constituitur », ce qui s'appli([ue à l'avènement d'HiMiri en Lo.raine ; les Ann. Aquenses (SS., t. XXIV, p. 36) placent expressément en 923 le début du règne d'Henri en Lorraine.

3. La charte de R')ger pour Liutfrid est datée de y24 et 12^ année du règne d'Henri, mais ce dernier chiffre s'explicpie, si l'acte a été rendu dans l'un des derniers mois dey24. L'accord de Gisclbert et de Roger au sujet de Saint-Servais porte yaS et 5" année du règne d'Henri, l'échange de Roger avec Albéric 929 et G^ année du règne (MH. UB., t. I, 11"* 164, lOy et 171). Nous possédons pour celte période quatre chartes de l'abbaye Saint- Ma.ximin ; elles portent toutes m régnante Heinrico rege », mais sans indication des années de règne (.]//{. UB., t. I, n°^ 1G5-1G7 et 170). Deux chartes d'Echlernach portent l'une 8*, l'autre 12<' année du règne d'Henri, mais sans autre indication chronologicpie ; elles ne fournissent donc aucun renseignement, non plus qu'ime tn)isième, datée simplement du règne d'H'uri (Lib. aur. Epi., de Gotha, f»'* 87 r'' et 8y v*»).

4. Une charte d'Adalbérozi I"', évèque de Metz, j)()ur l'abbaye de Gorze est datée du lO déceml)re y33, et 8^ année du règne d'Henri ; si ce chiffre est exact, c'est après le 16 dicem')re y25 ([ue ce prince aiu-ait été reconnu à Metz (Calmet,!. I, pr. col. 34o). Par contre, uin charte inédite de Saint-Arnoul est datée du 25 mars, 8* année du règne d'H;'/u-i, i58 indiction, ce <pii correspond à y27. Les années de règne seraient donc ici comptées à partir de yiy, année de l'avènement d'Henri en Allemagne, et la chose s'expli(|ueraiL par ce fait que Saint-.Vrnoul avait pom- abbé un certain Conrail, probablement d'origine allemande. Toutefois, il est dit au début de l'acte cpi'il est ri'udu à l'époipu- de r('-l)iscopat d'Adalliéron, et c'est seulenUMil en yay (pie ce pn'lal monta sur le siège de Metz (Ft.ohOAiu), lUininicon y2y, t. III, p. [\'S). Il y a li\ une diflicidlé (pie nous ne pouvons résoudre, la pièce, dont l'original est conservé aux archives déparleuu'ulales de Me,z (//. 74, no i), étant cerlainem-nl authentiipie. — \.'ae charte de G;iu/.liu pour Saint-

LA LORRAINE SOUS HENRI l'oISELEUR (920-936). 678

à Stavelot c'est 928 ou 926 qui est le point initial ; les chartes donnent à cet égard des renseignements qui se contredisent les uns les autres '. Pour les autres diocèses, nous ne savons pas ce qu'il en a été, faute de documents.

Au début du règne d'Henri, Giselbert, qui avait d'ailleurs conservé ses domaines et ses abbayes, ne fut pas duc de Lorraine ^. Ce fut seulement en 928, au moment de son mariage avec Gerberge, fille d'Henri l'Oiseleur, qu'il fut élevé à cette dignité et que son autorité s'étendit sur toute la Lorraine 3.

Henri ne se désintéressa pas des affaires de son nouvel État ; après y avoir en 926 envoyé Eberhard pour y rétablir l'ordre et la paix+, il y vint tous les ans de 928 à 981, ainsi qu'en gSô ; mais les séjours qu'il fit dans ce pays furent d'assez courte durée >. Il mit autant que possible

Evre porte des indications chron jIo jiqiies qui ne concordent pas toutes entre elles : i5 octobre, i3® année de l'ëpiscopat de Gauzlin, g^ indiction, 986, et ii^ année du règne d'Henri (Galmet, t. I, pr., col. 34ô). Le i5 octobre 93G, Gauzlin, consacré le 17 mars 922 (voir ci-dessus, p. 647), était dans la ib^ année et non dans la iZ" année de son épiscopat. Suivant que l'on accepte l'une ou l'autre de ces données, le point de départ des années du règne d'Henri est 926 ou 923. — Il ne nous est parvenu aucune charte de Verdun de cette époque.

1. Nous avons trois chartes de Stavelot, une du 3 juin et deux du 2 octobre, rendues en la 4® année du règne d'Hînri, une porte 6» annéî et 982, une autre 8" année et 924, une autre laf' année, une dernière est datée simplement du règne d'Henri (Ritz, NR. UB., nos i5^ 16^ i^^ ig^ Martène, Ainp^ Coll., t. H, coll. 4o-4i, NR. UB., n»» 18 et 20). On ne peut rien conclure de ces données contradictoires. — Sur la date de la reconnaissance d'Henri dans les diverses parties de la Lorraine, voir Leibniz, op. cit., t. H, pp. 35H-359, WiTTiCH, p. 112 et n. I, p. ii4, n. 3. Waitz, p. 73 et notes 6 et 7, p. 82, n. 7, Otten- THAL, Reg. Sax., pp. 11 et i3.

2. Voir ce que nous avons dit précédemment, pp. 6i3-6i5. Wittich, p. 117, Giesebrecht, op. cit., t. I, p. 2i5, et Waitz, pp. 81-82, 82, n. i, et 121, n. 5 (dans la D. VG., t. V, p. 71, n. 3, il admet qu'Henri avait enlevé la Lorraine à Giselbert et ne la lui avait rendue qu'après avoir envoyé Eberhard dans le pays et avoir fait épouser sa fille Gerberge à Giselbert), ainsi qu'OTïENTHAL, Reg. Sax., p. 11, soutiennent que Giselbert garda le duché de Lorraine. Au contraire, Ernst, Mémoire sur les comtes de Hainaut, pp. 44o-442, croit qu'Henri enleva le duché à Giselbert et ne le lui rendit qu'en lui donnant sa fille en mariage ; il place ce double événement en 926. D'après Leibniz, op. cit., t. H, p. 303, c'est en épousant Gerberge (929) que Giselbert devient duc de toute la Lorraine ; enfin Croll, Erkiuterte Reihe der Pffdzgrafen, croit que Giselbert ne fut nommé duc de Lorraine qu'en épousant Gerberge.

3. Si Waitz avait examiné la question d'un peu près, il n'aurait pas soutenu comme il le fait, Jahrbb. H. I, p. 82, n. 4, et p. 121, n. 5, qu'il n'y a aucune raison de rejeter en 928, lors du mariage de Gerberge avec Giselbert, la reconnaissance de celui-ci en qualité de duc de Lorraine. Se reporter à ce que nous avons dit précédemment, pp. 61 3-6x5.

4. Flodoard, Chronicon 926, t. HI, pp. 35-36. Sur la personne d'Eberhard et le caractère de sa mission, voir Leibniz, op. cit., t. H, p. 372, Croll, op. cit., pp. g-io, Wittich, pp. 1 19-120, Stein, op. cit., pp. 292, 295, et Waitz, pp. 90 et 222.

5. Flodoard, Chronicon 928, 935, t. HI, pp. 4i-42, 60 ; charte de Giselbert pour l'abbaye de Saint-Servais de Maëstricht rendue dans le cours de l'année 928 à Maëstricht en présence d'Henri, les diplômes accordés par le roi lui-même le 27 décembre 929 à Strasbourg en faveur de l'église de Toul, le 5 juin 980 à Aix-la-Chapelle pour la c'iapelle du palais de cette ville, le 24 octobre 981 à Ivoy-Carignan en faveur des chanoines de Crespin, le 24 mai 985 à Diusburg pour l'église de Hambourg et le 8 juin 986 sur les bords de la Chiers pour l'abbaye de Stavelot (B. O. 28, 25, 27, 86, 49 cl 5o, MR. UB., t. I, no 169, et H. 21, 28, 3o, 89 et 4o, DD., t. I, pp. 5i, 53, 65 et 78).

674 'K IXKGNK DE CHARLES LE SIMPLE (.ji i-c,:>.3).

dans les ôvècliés des hoinint's ii sa dévotion ', ou cluMcha ii se coiicdier par des ravcms, par des concessions importantes de privilèges les prélats déjii en [ilace-. Quant au reste, Giselbert jouit d'une grande liberté d'allures ol il put à son aise satisfaire ses instincts belliqueux et son besoin d'agitation, en intervenant de q3o à g.'^Ti dans les luttes que se livraient Raoul et Héribert'. Pour ce qui est de l'administration intérieure de la Lorraine, il semble (jue (iiselbert ait eu le droit d'intervenir dans la nomination des évècpies +. En outre, il battait monnaie, comme le prouvent des deniers à son nom qui nous sont parvenus 5.

Tant que Raoul occupa le trône de France, les Lorrains ne paraissent pas avoir songé à se tourner vers lui. Mais, (piand en (j3G Louis d'Outremer, fils de (Charles, eut succédé à l'usurpateur*, les anciens souvenirs se réveillèrent, la vieille affection pour les Carolingiens se ralluma, et en gSq (iiselbert lui-même, ([uoiqu'il eût l'année précédente pris parti pour Hugues et Héribert contre Louis", vint avec le comte frison Thierry, Otton, fils de Ricuin, et Isaac, comte de Cambrai, offrir la couronne de Lorraine au jeune souverain^. Du nord au sud la Lorraine se détachait du roi saxon, Otton, fils d'Henri, pour se rallier au souverain légitime, au descendant de Charlemagne. Mais, quoiqu'une partie de l'Allemagne se fut en même temps révoltée, Otton arriva à triompher de tous ses ennemis. Giselbert se noya dans le Rhin, et Louis dut abandonner la Lorraine, qui rentra sous l'autorité d'Otton, Lothaire, fils de Louis d'Ou-

1. Beiinon à Metz, Robert, beau-frère (?) d'Henri, à Trêves. Ollon I^'' suivit les mêmes errements. Les arcbevèques Brunon el Géron de Colof|ae, Thierry de Trêves, les évèques Nolker de Liège, Thierry I<"" de Metz, Bérenger et Wicfrid de Verdun, Bérenger et Teldon ou Theudon de Cambrai, étaient des Allemands. Peut-être faudrait-il ajouter à cette liste d'autres prélats, dont l'origine ne nous est pas connue. Les choses se passèrent de la même façon sous les règnes des successeurs d'Otton I<^''.

2. Nous ne connaissons pour le règne d'Henri que l'abandon des revenus du comté qu'il fit le 28 décembre 927 à Gauzlin, évêque de Toul (B. O. 20, H. iG, DD., t. I, p. 02) ; mais ces concessions se multiplièrent sous les règnes d'Otton !<" et de ses successeurs. On a révoipié en doute celles qu'Otton I"'' et Otton HI auraient accordées, le premier à Adalbéron I'""' de Metz, le second à Haymon de Verdun, mais nous savons qu'Otton HI octroya à Notker de Liège le comté de Huy, et que les évêques Herluin de Cambrai et Odilbald II d'Utrecbt reçurent d'Henri II, le premier le comté de Cambrai, le second celui de Tbreanle.

3. Flodoard, Chronicon ySo, y3i, 982, y34, t. III, pp. 45, li^, -^'i, 58, ôg. Sur la jwlitique d'Henri à l'égard de Giselbert, voir Wittich, pp. 11 7-1 19.

4. Voici du moins ce que disent les Gesta epp. Carner., liv. I, ch. 70 (SS., t. VII, p. 426), à propos de l'avènement de Fulbert, qui, vers la lin du règne d'Henri l'Oiseleur, remplaça Etienne sur le siège de Cambrai : « Domino Slephano Fulbertus succedens, faventis et suffragands Gisleberti ducis ohlenta, cathedrae pontillcalis praerogativam adejitus est. »

5. Voir De Witte, Trois deniers de Giselbert, duc de Lotharingie (Annuaire de ta société française de numismatique, t. XIII, 1889, pp. 177 et suiv.) et Dan.ne.nbkrg, Die deuts'ihen Minzen der stechsischen und fnenfcischen Kaiserseil, t. Il, pp. r)4i-543.

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