‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 660 sur 764 · LA ROYAUTÉ A LA FOIS HÉRÉDITAIRE ET ÉLECTIVE · texte numérisé non relu

LA ROYAUTÉ A LA FOIS HÉRÉDITAIRE ET ÉLECTIVE

octobre ou novembre 855 est moins une élection qu'une intronisation ' ; quant au sacre proprement dit, il n'a eu lieu qu'un peu plus tard, et probablement à Aix-la-Chapelle ^ C'est sur l'élection que reposent les droits de Charles le Chauve, qui se fait couronner solennellement à Metz le 9 septembre 8G9 h II n'y eut rien de pareil pour-Louis le Germanique ; celui-ci se contenta de recevoir l'hommage des prélats et des seigneurs de la Lorraine orientale, que lui avait attribuée le traité de Meerssen+. Nous n'avons pas d'observation à présenter au sujet de l'avènement de Louis le Jeune ni de Charles le Gros, et, en ce qui concerne Louis le Bègue, il est impossible, nous l'avons vu, de déterminer la part qu'ont prise aux négociations qui ont précédé la reconnaissance de ce prince les évêques et les seigneurs de la Lorraine occidentale 5. De même, il ne semble pas que les grands des deux moitiés, réunies depuis 879, de l'ancien royaume de Lothaire II aient contribué à la chute de Charles le Gros, non plus qu'à l'élection d'Arnulf 6. Ils finirent d'ailleurs par reconnaître l'autorité du fils de Carloman, k l'exception d'Arnaud, évêque de Toul, et des Bourguignons de l'est, qui se prononcèrent en faveur de Rodolphe 7. Arnulf, quand il voulut séparer la Lorraine de l'Allemagne et en refaire un royaume indépendant, dont son fils natui-el Zv^entibold serait le souverain, n'agit pas de sa seule autorité. Il eut soin de consulter les évêques et les comtes lorrains, et en 894 il n'osa pas passer outre k l'opposition qu'ils firent k son projet. Ce fut seulement l'année suivante que Zwentibold monta sur le trône de Lorraine, quand les grands du pays, gagnés par Arnulf, nous ne savons pas d'ailleurs de quelle manière, eurent acquiescé aux désirs du roi ^. 11 avait fallu le consentement des seigneurs et des prélats pour que Zwentibold devînt roi ; cinq ans plus tard, ils lui enlevèrent la couronne qu'ils lui avaient donnée, pour l'offrir k Louis, le fils légitime d' Arnulf 9. Si en Allemagne Louis avait succédé de plein droit k son père, c'est au contraire l'élection qui fit de lui un roi de Lorraine. Nous ne voulons pas nier que sa double qualité de Carolingien et de fils d'Arnulf n'ait été le principal motif qui ait déterminé les Lorrains k l'élire, mais enfin ceux-ci auraient pu porter leur hommage k Charles le Simple, qui était, lui aussi, un descendant de Charlemagne, et qui k ce titre avait sur la Lorraine autant de droits que Louis l'Enfant. C'est k Charles qu'ils s'adressèrent en 911, après la mort de Louis, avec qui s'était éteinte la famille de Louis le Germanique '".

Ainsi, au cours de cette période la royauté fut élective autant qu'héréditaire. Louis l'Enfant et Charles le Simple avaient bien été élus par les Lorrains; mais d'un autre côté ils appartenaient k la race carolingienne, et comme tels ils possédaient sur le pays des droits qui limitaient ceux des seigneurs et du haut clergé. Seulement, quand Charles eut été fait

1. Voir I" partie, liv. Il, ch. i. 6. Voir II® partie, liv. II, ch. 2.

2. Voir I'^<' partie, liv. II, ch. i. 7. Voir Ill« partie, liv. II, ch. 2.

3. Voir II"" partie, Hv. I, ch. i. 8. Voir 11^ partie, Hv. II, ch. 2.

4. Voir II'' partie, Hv. I, ch. 2. 9. Voir III'' partie, Hv. I, ch. i.

5. Voir II'' partie, liv. I, ch. 2. 10. Voir IV partie, liv. II, ch. i.

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