‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 663 sur 764 · B. M. 20o3. 3. Voir ci-dessus, pp · texte numérisé non relu

B. M. 20o3. 3. Voir ci-dessus, pp

2. Voir c-dessus, p. b-]t\. 4. Voir 1V« partie, liv. I, ch. i.

68o LA UOYALÎTK Kï LK COUVERNEMENT CENTRAL.

les souverains coiitractt'iit des ciujacjeineuls vis-k-vis des évèques et des comtes avant de recevoir leurs serments de fidélité. Ils leur promettent de se montrer justes et équitables vis-îi-vis d'eux, de respecter, les lois de l'Église et celles de l'Ktat, de traiter chacun suivant sa condition et le rang qu'il occupe. Nous voyons en outre les princes Carolingiens renouveler ces déclarations lors des congres où ils se réunissent '.

C'est d'ailleurs aux grands seuls que les souverains ont afl'aire ; le reste de la nation ne les connaît plus et peut-être ne leur prête plus serment. Le roi n'est plus vraiment un roi, il n'a plus de sujets qui lui doivent une obéissance absolue, parce qu'il est le roi et qu'ils sont ses sujets. Le roi est devenu un « seigneur », qui a au-dessous de lui des (,< fidèles ». Lui et eux ont conclu un contrat, qui comporte des obligations pour chacune des parties. Nous venons d'indiquer celles du souverain ou plutôt du seigneur. Les sujets ou, pour mieux dire les fidèles, sont de leur coté tenus de ne pas abandonner leur seigneur sans de justes motifs*, de lui garder obéissance et fidélité 3, de l'accompagner à l'armée et de l'aider d'ailleurs en toute circonstance +. Mais remarquons que ces devoirs sont conditionnels. Si l'une des deux parties enfreint les clauses du pacte, l'autre est déliée de ses serments, reprend sa liberté d'action, les fidèles aussi bien que le seigneur. Telle est la situation nouvelle qui tend à s'établir; plus on avance, plus on la voit se dessiner nettement. Aussi, dans ses rapports avec les comtes et les vassaux, le roi est-il obligé de se conduire avec beaucoup de prudence et d'adresse, s'il tient à éviter de dangereux conflits. Il doit donner toute son attention k ne rien faire qui puisse fournir k ses fidèles un motif ou un prétexte de lui retirer leur obéissance. Avant d'arrêter une résolution importante, il ne manque pas de les consulter ; s'il négligeait cette précaution, il risquerait de ne pas obtenir leur concours, ou même de se heurter k une opposition qui le réduirait k l'impuissance 5.

Dans Taffaire du divorce, Lothaire II, prince tenace, mais sans énergie, sans décision dans le caractère, n'agit que d'après les avis et avec l'appui de ses évèques, comme il le déclare lui-même aux légats pontificaux ^. Les seigneurs laïcs lui avaient, en 855, imposé Theutberge pour femme ; deux ans plus tard, ils le contraignent à la reprendre 7. En 86o et en 862, Lothaire se soumet k la juridiction des prélats de son royaume, il recon-

1. Voir en particulier (Umv. np. Marsnnni I, oh. 5 et Adn. Karoli, ch. l\\ Conr. ap. Mnrsnnm II, ch. 6, et Adn. Karoli; Coni>. ap. Vnlentinnas, Adn. Karoli, ch. 9; Conu. Leadii, Adn. Hlotharii, ch. 3, et Adn. Karoli, cli. 3 (CC, I. II, pp. Gy, 71, 73, 74, 76 et 77).

2. Conventus apud Mttr.tncun I, Adn. Karoli, ch. 3 {CC, t. II, p. 71).

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