Voir I"' partie, liv. Il, ch. i et
ASSEMBLÉES GÉNÉILVLES DU ROYAUME. G8l
naît hautement leur autorité '. Nous ne savons pas s'il en a été de même pour d'autres actes de la vie politique du jeune roi, pour ses alliances avec ses oncles, par exemple. Les renseignements sur le rôle et l'action des grands nous font défaut pour les règnes suivants. Rappelons seulement qu'Arnulf consulte les seigneurs lorrains avant de leur donner son bâtard Zwentibold pour souverain, et qu'il n'ose pas le leur imposer; il doit négocier avec eux, acheter leur consentement pour arriver à ses fins ^. Mal en prit à Zwentibold de vouloir gouverner sans le concours de l'aristocratie. Louis l'Enfant, ou plutôt ses conseillers, tinrent compte tout au moins d'une fraction de celle-ci, et Charles le Simple s'appuya davantage encore sur elle. Ce n'est point parce qu'il la dédaignait, parce qu'il s'abstenait de la consulter, que des révoltes éclatèrent en Lorraine vers la fin de son règne : celles-ci eurent pour cause principale, sinon unique, l'ambition de Giselbert, le désir qu'avait ce remuant personnage d'obtenir soit la dignité de duc, soit même une couronne royale 3.
D'habitude, c'était dans des assemblées tenues au printemps et à l'automne que l'on délibérait sur les questions importantes et que le roi prenait l'avis des évêques, des abbés, des comtes et des vassaux sur les mesures législatives ou autres qu'il convenait d'arrêter +. Mais, tandis que les annalistes mentionnent assez régulièrement les plaids tenus par" les souverains de la France et de l'Allemagne, presque jamais au contraire ils ne parlent de ceux que réunissaient les rois de Lorraine. Il est vrai que, si les royaumes de l'ouest et de l'est avaient leurs annales en quelque sorte officielles, il n'en était pas de même pour celui du centre. Nous aurions tort de conclure du silence des sources que la Lorraine n'avait pas ses assemblées annuelles.
Des assemblées générales ont été tenues à notre connaissance en Lorraine : en octobre 848, taThionville, parLothaire l"î;en février 8Co, à Aixla-Chapelle^, et en 867, nous ne savons dans quelle ville, par Lothaire Il7; en septembre 86g, àMetz, par Charles le Chauve^; en 872, à Gondreville, par le même prince 9; en 878, à Aix-la-Chapelle, puis un peu plus tard au mois d'août de la même année, à Metz, par Louis le Germanique ^° ; en juillet 886, à Metz, par Charles le Gros " ; en mai 898, à Aix-la-Gha-