POINT DE DUCHÉS EN LORRAINE NI DE DUCHÉ DE LORRAINE
Hugues du p. Albensis, counu par un diplôme de Louis l'Enfant du i5 octobre 910 '.
Au-dessus des comtés y avait-il en Lorraine des duchés groupant quelques-unes des circonscriptions inférieures? Des documents antérieurs à 84o, surtout des traités ou des projets de partage mentionnant les duchés de Frise, de Ripuairie, de Mosellane et d'Alsace ^. Toutefois, ces duchés existaient-ils vraiment, ou les textes dont nous parlons ne rappelaient-ils pas plutôt d'anciennes divisions, supprimées depuis longtemps déjà, mais dont les noms étaient encore d'un usage courant? Ni les annales 3 ni les traités de partage de la période comprise entre 8^3 et 928 ne parlent de duchés; le traité de Meerssen, en particulier, n'en connaît pas. En Frise, pourtant, Heriold, Roric, puis Godfrid, celui qui fut assassiné en 885, eurent vraiment la situation de ducs, s'ils n'en portèrent pas le titre+. Peut-être en fut-il de même d'Eberhard et de Meginhard, ces deux frères d'origine saxonne, qui se succédèrent dans un gouvernement que Réginon qualifie de duché, mais sans dire s'il s'agit de la Frise 5. Régnier, puis après lui Giselbert, étendirent leur autorité sur les contrées de la moyenne et de la basse Meuse, ainsi que dans la région comprise entre ce dernier fleuve et l'Escaut. Nous ne savons pas quelle était vis-àvis d'eux la situation de quelques-uns des /)«^« situés au sud de la Meuse, le Lojntnensis, le Condroz, l'Ardenne ; mais certainement la Frise, la Ripuairie, le Bedensis, le Wabrensis, et à plus forte raison les pagi des hautes vallées de la Meuse et de la Moselle, ainsi que l'Alsace, échappaient à la domination de Régnier et de son fîls^.
Quant au duché de Lorraine proprement dit, il n'a vraiment été constitué que vers 928 par Henri l'Oiseleur en faveur de Giselbert, à qui il avait donné sa fille Gerberge en mariage. Le comte Henri, tué en 886 par les Normands sous les murs de Paris, n'a jamais été duc de Lorraine?, non plus que le comte Meingaud, assassiné en 892 par Albéric^. Gebhard a porté ce titre, mais c'était plutôt une sorte de vice-roi qu'un duc national, et nous ne sommes pas en mesure de définir les pouvoirs qu'il avait reçus 9. Nous venons de voir quelle avait été la situation de Régnier et celle de Giselbert sous le règne de Charles le Simple ; ils avaient simplement, avec le titre de margrave, le nord-ouest du royaume sous leur domination'".
2. Ces quatre provinces portent en particulier le titre de duché dans la Diuislo iniperii de 839 (CC, t. II, p. 58, et Ann. Bert. 889, p. 21).
3. Rappelons pourtant qu'en 8G7 les Annales Beriiniani (p. 87) qualiiient l'Alsace de duché en mentionnant qu'elle fut donnée par Lothaire II à son bâtard Huyues.
4. Voir ci-dessus, p. 62, n. 5, p. 107, n. 3, etc. .^. Voir plus haut, pp. 5i8-520.
6. Se reporter à ce que nous avons dit IV^ partie, liv. II, ch. i. Nous ne parlons que du règne de Charles le Simple.