Hisloria S. Arnulfi, SS., t. XXIV, p. 53o
12. Aucun texte ne nous montre Liutfrid comte d'un pngus alsacien; peut-être l'était-il du Sorengowe, où se trouvait l'abbaye de Moutiers-Granval, dont il était abbé laie (B. M. iio3). Ce pagus faisait partie au spirituel du diocèse de Bàle, qui s'étendait sur la Haute-Alsace, mais il n'était pas, à ce qu'il semble, compris lui-même dans l'Alsace.
i3. Même observation pour Hugues que pour son père; lui aussi fut abbé laie de Moutiers-Granval (B. M. 1275). C'est du cousin de Lothaire II que parlent les Ann. Bert. 869, p. 108 (voir ci-dessus, p. 356 et n. 6).
i4. Vita sancti Deicoli, ch. 12, SS-, t. XV, p. 677. Un comte Eberhard est présent à la donation faite le i5 mai 89S à Strasbourg par Herimuot, en faveur de l'abbaye de Munster au diocèse de Bàle (Schœpflin, Als. dipl., t. I, p. 98).
i5. Il n'y a eu que deux Bernard, si le comte Bernard de B. M. 190g (4 janvier 896) se confond avec Bernard, fils de Bernard, mentionné par les Ann. Bert., 869, p. 108.
G94 l'aiiistocratie laïque et les divisions administratives.
(855), et son petit-fils MatfritI IV, du />. Mellensis («jaO) ; nous ne savons quel pcKjiis avait eu Matfrid III, et de plus il n'est nullement certain qu'avant sa condamnation de (joO, Matfrid IV (jouvornàt le [). Mettensis. Il convient d'ajouter qn'A(lali)ei't, fils de MallVid IV, administra cette dernière circonscription après la mort de son père'. (îiselbert I, père de Régnier, fut successivement comte du p. Masnii jjuis du Darnnu ^ . Il est difficile iXo déterminer avec précfision les p(i(ji à la tète des({ucls se trouvèrent Régnier I*"" et Giselbert II, mais on peut affirmer qu'ils étaient situés dans le hassin moyen et inférieur de la Meuse : c'étaient selon toute vraisemblance le Masaa et la Hcsbaye, peut-être aussi le Hainaut. Richer dit que (îiselbert II hérita des dignités de son père, et dans une certaine mesure l'on peut admettre son assertion 3.
Ra[)pelons enfin qu'en 892 Arnulf, tout en laissant au fils et homonyme du comte Meingaud, assassiné par Albéric, le p. Me(/inensis, un de ceux (ju'avait administrés son père, réserva à son bâtard Zwentibold une partie des bénéfices de ce dernier '^.
Quant au droit de révocation, plus on avançait, plus il était rare que le roi l'exerçât. Si Lothaire II priva Adalard, qui n'était peut-être pas Lorrain, de ses abbayes et de ses bénéfices, s'il l'expulsa même de ses Etats, il ne le fit qu'à la demande de Louis le Germanique 5. On ne connaît d'ailleurs de ce prince aucune autre exécution du même genre. Charles le Chauve confisqua les bénéfices des seigneurs lorrains qui, soit en 8G(), soit en 87G, avaient refusé de se soumettre à lui^. En 885, les partisans de Hugues, le bâtard de Lothaire II, furent l'objet de mesures analogues?. Ce fut Zwentibold qui usa de ses droits avec le plus de rigueur, puisqu'il disgracia en une fois quatre comtes, Odacer, Etienne, Gérard et Matfrid, et qu'un an plus tard il dépouilla son ancien favori, le comte Régnier, non seulement de ses bénéfices et dignités, mais de ses domaines patrimoniaux eux-mêmes, ce qu'il n'avait pas fait pour les quatre comtes; de plus, il prononça contre Régnier la peine du bannissement. Seulement, ces procédés autoritaires, bien loin d'aflermir le jeune roi sur son trône, causèrent un mécontentement général ; tout le monde abandonna Zwentibold, qui finit par perdre la couronne et la vie^. Sous Louis l'Enfant, nous voyons les comtes Gérard et Matfrid, les anciens adversaires de Zwentibold, condamnés par une assemblée des grands à la perte de leurs biens et bénéfices, en punition de leurs attaques contre
1. La choso, sans être absolument sûre, est du moins (^^s vraisemblable. Voir Kœpke- DuMMLKH, Otto der Grosse, p. i44> et KiiCgkii, Der Urspruntj des Hauses Lothrimjen- Habsburg, p. i3.