Se reporter à la 111" parlie, liv. I, l'Ii. i, ixissirn
DE LA RÉVOCATION DES COMTES. ÔqS
les Conradins'. On peut admettre, bien que Richer soit le seul auteur qui en parle ^, que Charles le Simple retira k Giselbert, qui s'était révolté contre lui, les charges dont il était revêtu; il lui enleva, nous le savons de source certaine, l'abbaye Saint-Servais de Maëstricht, qui fut restituée k l'église de Trêves', et il est peu vraisemblable qu'il s'en soit tenu Ik.
En ces différentes circonstances, les rois ont-ils agi de leur propre autorité, ou ont-ils au préalable consulté une assemblée de grands? Nous ne sommes pas au courant de la procédure qui a été suivie dans la plupart des cas. C'est une assemblée de grands qui prononce en 898 la restitution de Saint-Servais k l'église de Trêves +, mais aucun document ne nous apprend que la confiscation des bénéfices et des propriétés de Régnier ait été ordonnée ou approuvée par une assemblée ; même ignorance k l'égard de la mesure qui un an auparavant avait frappé Odacer, Etienne, Gérard et Matfrid. Toutefois, étant donné le caractère autoritaire de Zwentibold, le jeune roi devait dans ces deux circonstances avoir agi de lui-même, sans avoir pris conseil de personne. Au contraire, en 906, Gérard et Matfrid furent condamnés par une assemblée de seigneurs lorrains 5. Une autre assemblée du mêm3 genre décida en 919 que l'abbaye Saint-Servais, usurpée par Giselbert, comme elle l'avait été déjà par son père, retournerait k l'église de Trêves^, mais nous ignorons comment Charles le Simple avait procédé pour enlever au fils de Régnier, révolté contre lui, les charges publiques et les bénéfices royaux dont il était pourvu.
Avec des indications aussi peu nombreuses et souvent aussi peu précises que celles qui nous ont été conservées, il est bien difficile d'arriver k se faire une idée exacte de la façon dont se passaient les choses, et nous ne saurions dire si des règles fixes, absolues présidaient k la nomination et k la révocation des comtes. Il semble cependant que ces fonctionnaires n'étaient que rarement dépouillés de leurs charges et de leurs bénéfices. Les souverains ne devaient prendre d'aussi graves mesures que pour de sérieux motifs et après mûre réflexion, car il était difficile de les appliquer sans provoquer des révoltes, qui bouleversaient le pays et mettaient la royauté dans une situation critique. Quant aux vacances qui se produisaient dans les comtés, voici, croyons-nous, de quelle fciçon elles étaient comblées : le fils d'un comte était généralement pourvu d'un comté, mais ce comté n'était pas nécessairement celui-là même qu'avait gouvei'né son père.
D'autre part, il ne faut pas perdre de vue que la Lorraine s'est trouvée, de 869 k 923, dans des conditions particulières. Les partages, les fréquents changements de souverains et les révoltes sont des facteurs qui ont contrarié dans une certaine mesure l'hérédité des charges, en obligeant des