‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 717 sur 764 · Diplôme du 19 septembre 902 (B. M. hj^o · texte numérisé non relu

Diplôme du 19 septembre 902 (B. M. hj^o

12. D'après les Gesta epp. Ttill., ch. 29 (SS., t. VIII. p. 638).

i3. On ne connaît pas de concessions monétaires faites à des seigneurs laïcs. Nous avons dit plus haut, p. 674, n. 5, qu'il existait des deniers au nom de Giselbert, mais il est peu probable <iu'ils remontent au régne de Charles le Simple, à moins que Giselbert ne les ait l'ail frapper alors ((u'il s'était révolté contre ce prince et qu'il cherchait peut-être j\ se reiulre indépendant. On pourrait aussi penser j» l'époijue où il ne reci)nnaissait pas encore l'autorité d'IIenri l'Oiseleur. Mais, (juoiciue les deniers en question ne portent aucun nom de souverain, de W'ittk, art. cité, pp. 177 et suiv., et D.v.nnk.nbkiuj, o/j. vit., p. 542, rejettent ceUe hypothèse et croient (pic Giselbert en qualité de duc possédait le droit de battre monnaie. Il l'aurait reçu lors de son mariage avec tîerberge.

14. Le 28 juillet 861, Lothaire II accorda à l'abbaye de IViim le droit d'établir à Uomaresheini, jirés de l'rum, un marché et un atelier moue aire (B. M. 1260). Le di|>lôme du ao août 920, de Charles le Simple, comporte une concession beaucouj) plus étendue : t Inler

CONCESSION DE LA mOTieta K DES ÉVÊCHES OU A DES ABBAYES. 72 I

à Besançon', à Strasbourg', à Miinstereifel 3, k Trêves^, à Toul>, àLlège^ et k Cambrai?. D'après les numlsmatistes, ce terme de « moneta » signifie la direction de l'atelier monétaire et la jouissance des revenus qu'il rapportait, rien de plus^. Le concessionnaire devait continuer k frapper des monnaies k l'effigie du roi. Pourtant, k trois reprises, dans des privilèges accordés k l'évèché de Cambrai, aux abbayes de Saint-Martin de Tours et de Priim, Charles le Simple se sert de la formule « proprii nomismatis percussuram ». Ces actes sont-ils authentiques? Si celui de Cambrai prête le flanc k la critique et inspire de légitimes soupçons, il n'en est pas de même de celui qui concerne Prûm, pour ne parler que des privilèges relatifs k la Lorraine. Il est donc assez difficile de se prononcer, vu surtout le désaccord qui règne sur cette question entre les numismatistes autorisés 9. Le seul exemple d'ailleurs que l'on trouve en Lorraine de 843 k 928, non pas d'une monnaie épiscopale autonome, mais d'une marque apposée par un évêque sur une monnaie k l'effigie du roi, nous est fourni, nous l'avons vu, par la ville de Strasbourg. Odbert fit graver deux lettres de son nom sur des deniers au nom de Louis l'Enfant ou de Charles le Simple. Ses successeurs, Godefroy et Ricuin, imitèrent son exemple '°.

libérales donationes quas decessores nostri reges loco eidem conlulenint, repperitur tioc ab eis esse concessum, quatinus si redores ejus utile judicarint, mercatum statuant in quocumque potcstatis sue loco voluerint , propriique numismatis percussuram monetam ex regia hal)erent auctoritate licenliam. Quod et nos si sic abbas necessarium duxerit libentcr annuimus et auctoritate nostra roboramus. »

1. Le i"'' novembre 871, Cbarles le Cliauve accorda à l'église de Besançon le tonlieu et la « moneta » de la ville (Reuue de numismatique, année 1891, p. 47).

2. C'est par un des deux actes rendus le 12 juin 878 en faveur de Strasbourg, que Louis le Germanique concéda à l'évêque de cette ville le droit d'établir un atelier monétaire où il voudrait dans son diocèse (B. M. i45A)-

3. L'abbaye de Miinstereifel, au diocèse de Cologne, reçut de Zwentibold, le i3 novembre 898, l'autorisation d'établir près d'elle un marché et un atelier monétaire (B. M. 1929).

4. Diplôme déjà cité de Louis l'Enfant, du 19 septembre 902 ; c'est l'atelier monétaire de Trêves qui est concédé à Radbod (B. M. igBo).

5. D'après les Gesta epp. TulL, ch. 29 (SS., t. VIII, p. 638), Ludelme aurait reçu de Louis l'Enfant, entre 900 et 906 par conséquent, la moneta de Toul.

6. Louis l'Enfant, entre autres concessions qu'il fit à l'évêque Etienne de Liège, le 18 juin 908, lui accorda la monnaie de Maëstricht (B. M. 1991).

7. Un des deux privilèges octroyés, le 20 décembre 911, à l'église de Cambrai, concerne l'établissement à Lestorphen d'un marclié et d'un atelier monétaire (voir ci-dessus, p. 584, n. i). Quelques années plus tard, le 22 mai 916 (?), le même prince octroya à l'église de Cambrai l'atelier monétaire de Lambres (B. H. Fr., t. IX, p. 628).

8. Voir en particulier A. de Barthélémy, Lettre à M. E. Cartier sur les concessions du droit de frapper monnaie faites par les Carolingiens aux prélats {Revue de numismatique, i85i, pp. 27 et suiv.), et Chartes et ordonnances de l'époque carolingienne relatives aux monnaies, dans l'ouvrage de Gariel sur les Monnaies royales de France de la race carolingienne, I™ partie, introduction, pp. 19 et suiv., Engel et Serrure, Traité de numismatique du Moyen Age, t. I, pp. 267 et suiv., M. Prou, Catalogue des monnaies françaises de la Bibliothèque Nationale, Les Monnaies carolingiennes, introduction, pp. Lviii et suiv.

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