‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 73 sur 764 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

LOTHAIKK l" V.r Si;s FIl.S. Il l'AHTAiiK KNTRE Kl!X SES KtATS (853).

Hkthaite a Phûm et .moi\t de LoriiAiiu: I"" (855).

Lorsque les historiens modernes font ressortir avec insistance la conformation bizarre de l'empire de Lothaire et la diversité des peuples qu'il renfermait, ils oublient généralement d'ajouter que, malgré le peu d'unité et d'homogénéité que présentaient ses Etats, le fils aîné de Louis le Pieux en demeura le paisible possesseur, et que ses sujets acceptèrent presque sans révolte son autorité. Pendant les douze années de son règne il n'eut k réprimer qu'une seule insurrection, celle de Fulcrad, comte d'Arles, et des seigneurs de la Provence. Elle fut d'ailleurs de courte durée ; au bout de quelques mois, l'empereur en avait eu raison, et le mouvement ne se renouvela plus ^ Il n'y a donc rien là que l'on puisse comparer à la rébellion permanente des Aquitains contre Charles le Chauve, et, d'autre part, Lothaire ne rencontra pas chez les grands de cette partie de la Francia qui lui était échue, l'hostilité qu'opposèrent à son plus jeune frère ses fidèles, comtes ou vassaux, de la Francia occidentale ou de la Neustrie. Cela tendrait à prouver, soit que l'esprit particulariste était moins fort dans les Etats de l'empereur que dans le royaume de l'ouest, soit que le gouvernement de Lothaire faisait moins de mécontents que celui de son frère. Nous ne croyons pas inutile d'avoir relevé la chose en passant-.

Respectée par les grands et par les peuples, l'autorité de l'empereur ne trouva pas davantage d'opposition chez ses fils. Nous avons vu que les dix dernières années du règne de Louis le Pieux avaient été renqjlies par les luttes que ce prince, par ses maladresses et ses injustices, avait en quelque sorte obligé ses fils aînés à soutenir contre lui. Louis le Germanique et Charles le Chauve ne furent pas plus heureux que leur père ; nombreuses furent les révoltes que suscitèrent ou auxquelles s'associèrent

1. Ann. Berl. 8/j5, pp. 32 et 33; Ann. Fulfl. 8A5, p. 35. — Wenck, dont nous avons déjà relevé la malveillance à réf|ard de Lolliaire, a énormément exaijéré l'importance de cette révolte des Proven(^aux {Dus fr. Reich., pp. ii3-u5).

2. Une autre cause encore a pu contribuer au maintien de la Iranipiillité dans les Etats de Lothaire I^r. (le prince avait, au cours de ses luttes avec sou père et ses frères, rencontré des partisans dans toutes les provinces de l'empire caroliiujieu. Beaucouj) de ces hommes restèrent attachés à sa fortune après la conclusion de la pai.\, quittèrent le pays où ils résidaient pour aller vivre dans une des contrées soumises à Lothaire, (jui les ])onrvut de bénéfuM-s en dédonunaçiement de ceux (ju'ils avaient abandonnés. Ces fidèles, qui devaient tout à rem]>ereur, qui en cas de révolution ris(|uaient de j>erdre ce (pi'ils tenaient de lui, étaient intéressés non seulement à ne pas funu-nler eux-mêmes de troubles, mais à prévenir et à ré[irimer ceux ipii auraient pu se produire ; ils étaient les défcuseurs et les soutiens de l'iU'dre de choses établi.

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