FEMME ET ENFANTS DE LOTHAIRE
soit l'un, soit l'autre de leurs enfants. Ces ennuis et ces préoccupations furent épargnés au contraire à Lothaire.
Il est vrai qu'il eut le soin de ne pas faire trop tôt le partage de ses États entre ses fils ; et quand il eut perdu sa femme Ermengarde, au lieu de se remarier, il se contenta de prendre des maîtresses, choisies parmi les serves de ses domaines'. SI la morale avait à souffrir de sa conduite peu régulière, par contre il n'en résultait aucun dommage pour la stabilité de son pouvoir, et la ti-anquillité de son empire n'en était pas troublée.
En 821, Lothaire avait épousé Ermengarde, fille de Hugues, comte d'Orléans, mais originaire d'Alsace ^ ; certains historiens le croient descendant d'Etichon, père de sainte Odile, mais la chose n'est pas certaine». Ermengarde mourut en 85 1 4, après avoir donné à son mari de nombreux enfants, trois fils et au moins quatre filles. Nous connaissons les noms de trois de ces dernières : Helletrude, qui épousa un comte Bérenger, mort avant 866 >' ; Berthe, abhesse d'Avenai^, au diocèse de Beims ; Gisèle, abbesse de Saint-Sauveur de Brescia?. Il a déjà été question d'une autre fille, celle que le comte Giselbert enleva et épousa. Les documents de l'époque ne nous font pas connaître son nom, et nous ignorons sur quel fondement quelques écrivains modernes l'appellent Ermengarde^.
1. Ann. Bert. 853, p. 4'^- Nous connaissons le nom d'une de ces concubines, Doda, à ([ui Lothaire fit don, dès le i\^ avril 85i, de la liberté et d'un domaine (B. M. iiio); dans .!ne donation faite le g juillet 855 à Ebroin, en faveur de qui Doda avait intercédé, l'empereur l'appelle « dilectissima ac familiarissima femina nostra » (B. M. ii38). Dotla aurait eu d'après Prudence un fils, Garloman, sur lequel nous ne savons rien.
2. Ann. r. Fr. 821, p. i56. C'est pendant l'assemblée générale tenue à Thionville vers le milieu d'octobre qu'eut lieu le mariage. Cf. B. M. 70g et iio/J.