‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 731 sur 764 · LOTHAIRE 1" ET HINCMAR · texte numérisé non relu

LOTHAIRE 1" ET HINCMAR

de Reims une lettre pleine de reproches, et lui aurait interdit d'outrepasser, comme il l'avait fait, ses droits^. En même temps, Léon avertissait l'empereur du blâme qu'il avait infligé au présomptueux archevêque^, et , dans une lettre adressée à l'épiscopat des Gaules, il prononçait un véritable réquisitoire contre Hincmar?. Malgré cette nouvelle intervention du pape, Lothaire et Fulcric seraient venus à résipiscence, et l'archevêque leur aurait accordé l'absolution +.

Nous ne pouvons ajouter foi à cette histoire. Si l'excommunication de Fulcric est admissible, on doit rejeter dans le domaine des fables celle de Lothaire, de Charles le Chauve et de leurs familles. Hincmar a pu adresser des observations, des reproches à Lothaire I"", pour l'appui que ce prince avait fourni à Fulcric, mais il n'aurait jamais poussé la folie jusqu'à l'excommunier; encore bien*raoins aurait-il frappé d'anathème son propre souverain. Remarquons que l'excommunication de l'empereur par l'archevêque de Reims ne se concilie pas avec les demandes du palliiim ordinaire et du pallium quotidien que Lothaire aurait adressées au pape en faveur du prélat. Comment, d'autre part, ce même Léon IV, qui est censé avoir accordé à Hincmar d'abord l'usage du pallium ordinaire, puis celui du pallium quotidien, aurait-il pu lui reprocher d'avoir usurpé le siège de Reims du vivant d'Ebbon 5 ? Mijulbacher, qui paraît croire que le pallium a été accordé en une fois au métropolitain de Reims, rejette les démarches de Lothaire et la réponse favorable du pape après l'arrangement de l'afTaire de Fulcric^. Ewald et Dïjmmler tiennent pour l'opinion contraire, qui est encore moins vraisemblable que celle de MijhlbacherV.

La conclusion de ce qui précède est que la Collectio britannica epistolarum Leonis IV contient des lettres complètement fausses ou fortement interpolées. Ewald avait prétendu que le compilateur de cette collection avait travaillé sur les registres pontificaux (^V. A., t. V, pp. 277 et 290); cette opinion ne nous paraît plus soutenable, au moins pour ce qui concerne les lettres de Léon IV. Il y aurait donc lieu de soumettre la Britannica à un nouvel examen^. Ce qui surprend, c'est que ni Ewald,

chevêque absout l'empereur pour la faute que celui-ci a commise en entretenant des rapports avec un excommunié, mais cela ne suppose pas nécessairement que Lothaire eiit été frappé d'anathëme.

1. C'est ce que dit le pape à l'empereur, J. E. aGuj, N. A., t. V, p. 891. Il semblerait que le passaqe où Léon parle de sa lettre à Hincmar lut antérieur à l'excommvniication.

3. J. E. 2618, Coll. brit. Léon. IV epist., n» 87 {N. A., t. V, pp. 8^0-891).

4. Flodoard, h. R. e., liv. III, ch. 10 et 21, pp. 4? et 227.

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