‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 746 sur 764 · Ann. de F Est, t. VI, p · texte numérisé non relu

Ann. de F Est, t. VI, p

12. C'est-à-dire Ré(]nier et (iiselhert. D'après Vignier, Régnier I" était fils de (îiselberl, comte des Mansuarii, et d'KnneiKjarde, lille de Loliiaire I" et d'Enuentiarde. On sait d'ailleurs que cette dernière avait pour pèr;> Huyues, comte de Toiu's ; c'est ce même Hugues, dont Vignier fait un fils de LiutlVid, <pii figure dans le diplôme de Lothaire II pour Belmont.

LE FAUX DIPLÔME DE LOTHAIRE II POUR BELMONT (ÉCHERy). 766

ViGNiER prétendait que la copie, incomplète d'ailleurs, du diplôme de Lothaire II pour Echery, lui avait été communiquée par Jean Ruyr, l'auteur des Sainctes antiquités de la Vôge ; cette copie n'a jamais été retrouvée. EccARD et Bouquet n'ont fait que reproduire le texte donné par Vignier; il en est de même de Calmet et de Schœpflin, quoiqu'ils renvoient, le premier aux archives des comtes de la Haute-Pierre', le second à celles de la maison de Ribeaupierre. Grandidier, qui a soin de dire que les auteurs dont nous venons de citer les noms ont donné un texte fautif du diplôme*, en publie un, dans son Histoire de l'église de Strasbourg, dont les formules sont en effet plus complètes que dans la version mise au jour par Vignier; la copie dont il s'est servi se trouvait dans les archives de Deux-Ponts ou de Ribeaupierre'. Pfister estime que cette copie a été prise sur l'ouvrage de Vignier +. On aurait, à cet égard, presque une certitude, si l'écriture de la copie indiquait une main soit de la seconde moitié du xvn* siècle, soit du xvin^ siècle. Malheureusement, malgré toutes les investigations qui ont été faites à Colmar, où se trouvent actuellement les archives de Ribeaupierre, à Munich et à Karlsruhe, on n'a pu découvrir la pièce que Grandidier avait reproduite 5.

Examinons donc l'acte lui-même, et commençons par en étudier les formules et le style. Les premières ont été ou supprimées ou abrégées, mais plus encore dans le texte de Vignier que dans celui de Grandidier, Vignier n'a donné ni l'invocation, ni le préambule, ni la notification, ni l'annonce des signes de validation. Dans la titulature, gratia remplace clementia, qui est le terme en usage dans les diplômes de Lothaire 11^; dans le corps de l'acte bona et homines sont employés respectivement au lieu de res et mancipia. L'adjectif ^/onost ou gloriosissiini, qui est toujours intercalé entre Lotharii et régis dans la signature du roi et dans la date de temps, a été supprimé, ainsi que les deux derniers mots de l'apprécation, féliciter amen. Le texte de Grandidier donne en plus l'invocation ; la titulature porte clementia au lieu de gratia^ et Lothaire est qualifié de gloriosus aux deux endroits précités. Enfin, dans Grandidier comme dans Vignier, l'acte est contresigné au nom du chancelier Ercambold par un certain Benzelinus, qui est parfaitement inconnu d'ailleurs. MuhlbacherV n'hésite pas à voir en lui le Bernharius de B. M. 1272^, mais on peut avoir des doutes sur cette identification. On remarquera en outre que le diplôme est très court, très peu

1. Ces comtes ne sont autres que les sires de Ribeaupierre. Cf. Vignier, op. cit., p. 77.

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