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LOUIS II, FILS aîné DELOTHAIRE, ROI d'iTALIE (844), EMPEREUR (85o). 69
donc qu'il établît sa résidence ou en Italie ou dans la Francia, et qu'il abandonnât à son fils aîné le gouvernement de celle de ces deux contrées où il n'habiterait pas. Quoique habitué à l'Italie par un séjour d'environ douze années', ce n'est pas à elle qu'il donna la préférence. Empereur, il considérait Aix-la-Chapelle comme la vraie capitale de son empire ; aussi vint-il presque cha([ue année passer quelques mois dans cette ville ^. Lothaire était de plus un Franc, et la Francia fut son séjour de prédilection ; on pourrait presque dire qu'il n'en sortit pas pendant les douze années de son règne, postérieures au traité de Verdun. En dehors des visites qu'il fît à ses frères dans leurs Etats, Lothaire ne quitta la Francia qu'une seule fois, en 845, pour aller réprimer la révolte de la Provence î. Il y a lîi un fait caractéristique que le désir de surveiller Louis et Charles ne suffit pas k expliquer. La Francia continuait donc, dans l'empire réduit et mutilé, à conserver son ancienne prééminence 4.
C'est en 844 que Louis partit pour l'Italie. Couronné roi cette même année par le pape Sergius II >, empereur six ans plus tard par Léon IV ^, Louis devint à partir de 85o l'associé de son père, et le véritable souverain de la péninsule. Le nom de Lothaire figure encore avec celui de son fils sur les actes émanés de la chancellerie italienne, mais ce n'est que pour la forme ; Lothaire se désintéresse, ou à peu près, de ce qui se passfe de l'autre côté des Alpes 7. Une parfaite harmonie paraît d'ailleurs avoir existé entre Lothaire et Louis, qui ne créa aucun embarras à son père et se consacra tout entier à la tâche difficile que celui-ci lui avait confiée ^.
L'empereur conserva auprès de sa personne ses deux plus jeunes fils. En 855, il se décida à donner au second, appelé Lothaire comme lui, le gouvernement de la Frise?, espérant peut-être que le pays serait ainsi mieux défendu contre les Normands. Puis Lothaire vieillissait, les idées de retraite commençaient probablement à germer dans son cerveau ; c'était rendre service à son fils que de l'habituer au métier de souverain.
Une maladie, assez grave, à ce qu'il semble, vint frapper Lothaire
1. Nous faisons ici le total des dilTêrents séjours de Lothaire en Italie depuis 822 jusqu'en 84o.