Ann. Bert. 855, p
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dans le courant de l'aimée'. Pemlant les heures d'angoisses où il était aux prises avec la mort, ses fautes passées se dressèrent menaçantes devant lui : à ipiels chàtiineiits n'était-il pas réservé, s'il se présentait devant le Souverain Juge sans les avoir suflisaniment expiées ! A ce moment, sans doute, il prit la résolution de se réconcilier pleinement avec Dieu. L'orgueil et l'andjition avaient été ses plus graves défauts ; s'il donnait au monde un grand exemple d'humilité et de renoncement? Si, déposant cette couronne impériale pour liupielle il avait livré tant de combats, il revêtait le froc et mortifiait ses derniers jours dans les austérités de la vie monastique ? Tel fut le projet que conçut Lothaire-, et dans le([uel il persista une fois rétabli ; des encouragements lui vinrent d'Hincmar3, peut-être aussi de l'archevêque de Mayence, Raban Maur, un de ses anciens partisans, demeuré son ami ■♦.
Toutefois, avant de quitter le monde, il voulut mettre en ordre ses affaires et répartir entre ses lils les Etats qu'il avait gouvernés. Ne pas le faire eût été de sa part une négligence impardonnable. Lothaire avait le devoir d'assurer après lui, dans la mesure du possible, la tranquillité de l'empire. Autant il s'était montré sage et prudent en ne prenant pas trop tôt ses dispositions testamentaires, autant il aurait fait preuve d'imprévoyance, s'il n'avait pas réglé sa succession avant de se retirer à Priim >.
Nous ne possédons malheureusement pas le testament de Lothaire ; quelques annales seulement nous en donnent une analyse succincte ^;
Nous avons vu avec quelle ténacité Lothaire avait autrefois lutté pour
I. Ann. Bei't. 855, p. 45; cf. Flodoard, //. R. E., liv. III, ch. lo (éd. Lkjeune, t. II, p. 47)a. La plupart des sources mentionnent l'abdication et l'entrée à Priim de Lothaire I^f, sans en donner les motifs ; d'autres attribuent la déterinination de l'empereur au désir d'expier, ou ses fautes en (jénéral, comme Albérig de Tiiois-Fo.\tai.\es, Chro/iicii (SS., t. XXIII, p. 73O), ou sa conduite à l'ériard de son père, [)ar exemple les Mirticula S. Benedirli, cli. 4i {SS., t. XV, p. 4<j8), d'AoELiER, moine de Fleury, les Historiii' d'AuuÉ- MAR DE Ghahannes, liv. III, ch. 19 (SS., t. IV, p. 12a), le Chfonicon S. Miijcenlii, le C/ironicon Andegavensc, le Chronicon fnitris Ricliardi (/{. H. Fr., t. VII, pp. 228, 237 et 258). D'après le Cntuloijus /"■* (irr/iii'i)lsca/)oruni Coloniensitiin (SS., t. XXIV, p. 338), c'est la piété qui fit agir Lothaire.
3. Flodoard, H. R. E., liv. III., ch. 10 (éd. Lejeune, t. IL, p. 47).
4. Sur les relations de Lothaire et de Raban, voir Kunstmann, Hrabanus Maurns, pp. 90, i52 et suiv., 220 et suiv. ; Mculbacher, Regesten, pp. 4-<i (où la lettre de IjOthaire à Raban est numérotée iGyo au lieu de loy(J) et t\'M'i, n° \\l\i \ et Dummlek, t. I, pp. 176, 317, 3yi et n. 1, 3(j() et n. 4, 3y7 et n. 1.
5. Sur la nécessité qu'il y avait pour un souverain de régler de son vivant sa succession, voir FusTEL DE CouLANGES, Les Tninsjhniuitions de la royauté à l'époque carolingienne, pp. 625 et 62G.
6. Les Annales Bertiniani 855 et 85r), pp. 45 et 47. Adon, de Vieiuie, Chronicon, la Francoruin reguin liisloriii (SS., I. Il, pp. 32a et 3a4), et RÉuixoN, Chronicon 855, p. 77, mentionnent formellement le jjarlage fait par Lothaire I'"' de ses Etats, avant d'entrer à l'abbaye de Priim. Les Annales Fuldcnses ne parlent pas des dispositions prises par l'eniijereur, les .{nnale.i Xanlensrs ne relatent même pas sa mort. Les chroni(iueurs postérieurs, tels (pie Hu(;ues de Fi.avki.ny, Siuehert de Gemui.oux, IVIahiam's S<;()TTUs et autres, ne font (pie reproduire ou Piuide.nc.k, ou Réoi.no.n. Les termes dont se sert Ado.n : « Lotharius... Carolo minori Provinciani et |>arlem l{iir(|nndin>, Lolhario medio filio sedem suam, Ludovico imperatori Italiam consignare jubct », se rapportent à rétablissement de l'acte où étaient transcrites les dernières volontés de Lothaire \*K