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8(» LE RKGNE DE LOTII.VIUK H (8r)r.-«()(j).
quand ou voit quelle démarche Lothaire le Jeune et ses grands font auprès de Louis le Gerinani((ue. Les pr/nri'/)es et les optiniafes de Lothaire I", nous disent les Annales Fa/denses, désireux d'avoir son fils pour roi, le conduisent à son oncle Louis, roi des Francs orientaux, alors à Francfort, et avec l'approbation et l'appui de ce prince, ils reconnaissent le jeune Lothaire pour souverain '.
La DIvisio regnoriun de 8oO^ ctVOrdinafio iniperii de 817 5 prescrivaient (ju'ii la mort d'un roi le populas désignât, avec l'agrément des frères du défunt, celui de ses fils qui devait lui succéder. Mais nous ne trouvons rien de pareil dans les actes des congrès tenus depuis 8^3 par les trois fils de Louis le Pieux. Ils s'engagent au contraire à. laisser leurs neveux entrer paisiblement en jouissance de l'héritage que leur aura légué leur père ^.
Pour(juoi donc cette démarche insolite auprès de Louis le Germani([ue? Pourquoi, d'autre part, ne s'adresse-t-on pas à Charles le Chauve, avec lequel Lothaire I" avait depuis 8^9 entretenu des rapports plus intimes qu'avec son autre frère ? Nous ne voyons a cette manière d'agir qu'une explication possible. Parmi les grands qui accompagnent le jeune Lothaire à Francfort, il y en a peut-être quelques-uns de la Bourgogne, mais la plu[)art appartiennent certainement à la Francia. Ces derniers avaient vu d'un mauvais œil le vieil empereur partager entre Lothaire et Charles les contrées qu'il possédait au nord et à l'ouest des Alpes : que Louis II conservât l'Italie, soit, mais que le reste des Etats de Lothaire I*"" ne fût pas divisé entre ses deux fils cadets.
Les grands, après avoir peut-être essayé vainement de gagner le vieil empereur à leurs vues, n'avaient pas cherché à les faire prévaloir par la force, se réservant de les imposer après sa mort à ses fils. Le jeune Lothaire ne pouvait que se montrer favorable k un projet qui augmentait l'étendue de son royaume : il n'y aurait même rien de surprenant à ce que l'idée de s'approprier toute la succession de son père lui fût venue à l'espi'it. Charles n'était alors qu'un enfant, et il semblait facile de le dépouiller. On ne pouvait naturellement pas songer à en user de même avec Louis II ; il y avait au contraire lieu de craindre que ce prince, peu satisfait de son lot, ne réclamât une partie de la Provence ou de la Bourgogne.
Les grands de la Francia ne se souciaient pas d'avoir un souverain qui résidât loin d'eux en Italie ; ils en voulaient un à leur dévotion, qui véciit dans leur pays et qui de plus possédât un territoire assez étendu pour qu'il pût se montrer libéral à l'égard de ses fidèles. Lothaire l" se plaignait déjà que sa part, trop petite, ne lui permît pas de récompenser ou d'indemniser le dévouement de ses partisans >. Il fallait au moins que la