PREMIERES ANNEES ET AVENEMENT DE LOTHAIRE II
Fuldenses, et lors de la mort de son père il aurait eu de seize à dix-huit ans ^
Un peu plus loin nous chercherons à préciser quelle a pu être la nature des rapports qu'a entretenus Lothaire avec Waldrade du vivant de son père.
La vie publique ^ de Lothaire II commence en 855, alors qu'il reçoit le gouvernement de la Frise 3. Quelques mois plus tard, l'empereur abdiquait en faveur de ses fils, et se retirait ensuite à Prùm, où il mourait au bout de six jours. Nous ne savons pas si Lothaire le Jeune et son frère Charles assistèrent aux funérailles de leur père.
Il a été dit quelques mots plus haut de l'obscurité qui plane sur les dernières mesures qu'avait prises Lothaire 1" avant de renoncer à la couronne. Il avait réparti ses Etats entre ses trois fils de la manière que nous avons indiquée, mais il n'avait fait sacrer ni Lothaire ni Charles, et nous ne pouvons affirmer qu'il ait convoqué ses grands pour qu'ils prêtassent serment en sa présence à ses deux plus jeunes fils, ceux de la Francia et de la Bourgogne à Lothaire, ceux du Lyonnais et de la Provence à Charles'*, C'est une précaution que d'habitude les souverains ne manquaient pas de prendre, quand de leur vivant ils distribuaient entre leurs fils les contrées qu'ils gouvernaient. Plus que tout autre Lothaire était tenu de le faire, puisqu'il cessait de régner. Il devait avoir à cœur de ne rien abandonner au hasard, et de veiller à ce que la marche des affaires ne souffrît aucune interruption, que la transmission du pouvoir ne rencontrât aucun obstacle. Affirmer que l'empereur a négligé d'assurer à ses fils la jouissance paisible des royaumes qu'il leur léguait serait émettre une assertion dénuée de preuves. On est pourtant amené à le penser,
1. Les Ann. Laiibcicenses 86y {SS., t. I, p. i5) le qualifient de « juvenis » à sa mort. Né de 887 à 889, il aurait eu à ce moment de 3o à 82 ans ; à cet àrje on est encore (I juvenis ».
2. Nous ne savons rien de l'enfance de Lothaire IL Wilmans, KU. W., t. I, pp. bili-ô-jC), a publié une lettre d'un moine Bernard, de Werden, croit-il, adressée à un roi, doni le père avait été empereur, et qui avait eu un Alton pour « bajulus ». Le roi d'après Wil- MAXS ne serait autre que Lothaire II et Atton ne ferait qu'un avec Hatton, évèipie de Verdun (847-870). Atton, le n bajulus » du roi auquel écrit le moine Bernard, avait été chargé de faire baptiser un juif à Francfort, or cette ville n'appartenait pas à Lothaire I". fie prince a pu, il est vrai, s'en trouver maître pendant la guerre civile, ainsi en juilletaoût 840, avril et août 84i (Mijhlbacher, Rer/. Kar., pp. 892, 897 et 4o8). On ne connaît pas d'autre part de séjour fait à Xanten ])ar Lothaire I<"^ de 84o à 843, non plus d'ailleurs ([u'après le traité de Verdun. L'hypothèse de Wilmans reste donc incertaine, sans que l'on puisse toutefois la rejeter.
S'agirait-il de Louis l'Enfant et d'Hatton, archevêque de Mayence ? Arnulf, j)ère de Louis, a bien été empereur, mais il ne l'est devenu qu'en 89O, et, à cette date, Xanten ne faisait plus partie de ses États, mais du royaume de Zwentibold ; entre 8g3, année de la naissance de Louis, et 890, on ne constate pas la présence d'Arnulf à Xanten ; enlin Hatton n'était pas le « bajulus » de Louis qui avait pour « magister » ou « nutritor » Adalijéron, évèque d'Augsbourg (B. M. 1986, 1987, 1942, 1999 et 2000). Hatton avait été le parrain de Louis {Ann. Fahl. cont. Ratisbon. 898, p. 122), et il est un de ceux qui gouvernent sous le nom de ce prince.