‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 89 sur 764 · Ann. Fiild. 856, p · texte numérisé non relu

Ann. Fiild. 856, p

5. MûHLBAciiER {Reg. Kar., pp. 477 ^^ ^4i) place en octobre, et en dernier lieu avant le 20, la visite de Lothaire à son oncle.

6. Gfrœrer, t. I, p. 199, considère que cette visite à Francfort, qui amoindrissait Lothaire, était le résultat de menées ourdies par Louis le Germani(|ue avec les grands du jeune prince ; Dummler, t. I, p. 898, dit que Louis paraît avoir de bonne heure noué des intelligences avec les grands de Lothaire.

8a LK UKCiNE DE LOTHAIIU': 11 (Hriô-SC.cj).

ger de l'archevêque de Golofjue i(u'il consentît h la réunion, vivement désirée par Louis, de l'évôclié de Hrème, suflVafjant de Cologne, avec le sièye archiépiscopal de Hanibourtj '. Les Normands, nous l'avons vu, avaient en 845 pris et détruit de fond en comble cette dernière ville.

La cérémonie qui eut lieu à Francfort en présence de Louis le Germanique n'est pas le sacre, que les Annales Liertinùini mentionnent seulement en 851) ; d'ailleurs, l'usage voulait qu'un roi reçût l'onction sainte dans une ville de ses Etats ^. Les termes dont se servent les Annales Fiildenses indiquent clairement qu'il s'agit de la reconnaissance de Lothaire le Jeune par les grands qui lui prêtent serment de fidélité : c'est la cérémonie de l'installation >. Peut-être les comtes et les vassaux avaient-ils une première fois rendu hommage au second fils de l'empereur défunt, quand ce dernier avait réglé sa succession. S'ils le renouvellent à Francfort, c'est pour bien montrer qu'ils acceptent Lothaire II comme souverain, et qu'ils entendent lui réserver, à l'exclusion de ses frères, la jouissance des contrées dont son père avait conservé le gouvernement direct.

Le sacre proprement dit ne se fit que plus tard, dans les premiers jours de l'année 856, peut-être en avril, car Prudence le relate immédiatement avant la prise d'Orléans par les Normands, le i8 de ce mois 4. L'annaliste n'indique d'ailleurs pas dans quelle ville se fit la consécration ; on peut songer à Aix-la-Chapelle, où des diplômes accusent la présence de Lothaire II vers le milieu de février >. Nous ne connaissons pas davantage les noms des prélats qui sacrèrent le nouveau roi ; Gunther, archevêque de Cologne, et Theutgaud de Trêves étaient probablement du nombre. Le sacre de Lothaire semble avoir été une réponse k la protestation que Louis II avait adressée à ses oncles, et dont nous reparlerons un peu plus loin. Les grands de la Francia voulaient par là fortifier la situation du prince dont ils avaient fait leur souverain.

Une autre mesure prise par Lothaire, et qui paraît dirigée elle aussi contre Louis II, fut la création d'un duché comprenant les pays situés entre le Jura et les Alpes ; la principale route d'Italie en Gaule, celle qui passait par le Grand-Saint-Bernard, venait justement déboucher dans

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