‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 93 sur 764 · Ann. Bert. 8O2, p · texte numérisé non relu

Ann. Bert. 8O2, p

LOTHAIRE ÉPOUSE THEUTBERGE, SŒUR d'hUBERT (855). 85

■ A Saint-Maurice, les choses se passèrent comme à Lobbes. Il y avait là un abbé régulier, Aimoin, qui eut le sort d'Hartbert. A la façon dont le pape Benoît III parle de l'événement, on voit qu'il était de date récente '. La lettre du Souverain Pontife ayant été écrite en 867, la prise de possession de Saint-Maurice par Hubert doit se placer en 856", c'est-à-dire à l'époque où il se rendit dans le duché qu'il s'était fait donner par Lothaire. Hubert avait-il déjà des domaines dans cette contrée? La chose est possible, vraisemblable même, à considérer la solidité de la situation qu'il occupait dans la haute vallée du Rhône, et la durée de la résistance qu'il opposa aux troupes de Lothaire II et de Louis II ; il est vrai que ce pays de hautes montagnes offrait à Hubert des refuges inaccessibles, d'où il pouvait braver impunément ses ennemis.

Quant à l'abbaye de Luxeuil, où le pape Benoît III nous signale la présence d'Hubert, nous ne croyons pas que ce dernier l'ait possédée. Il n'a dû y faire qu'un arrêt de quelques jours, probablement en 856, lorsqu'il allait dans son duché ^.

C'est donc comme abbé de Lobbes qu'en 846 Hubert est qualifié de venerabilis abba dans un diplôme de Lothaire P"". Il n'a eu Saint-Maurice que vers 856 et Saint-Martin de Tours qu'en 862.

Hubert ne s'était pas contenté de contracter, quoique sous-diacre, une union plus ou moins régulière 5. Le pape Benoît III nous le montre vivant à Saint-Maurice au milieu de courtisanes et d'actrices, qu'il emmenait partout avec lui. Une bande de satellites l'accompagnait et commettait, ainsi que son chef, toutes sortes de violences, meurtres, adultères ou rapines. Avide, cruel et débauché, tel est le personnage que nous dépeint Benoît III, qui n'avait aucune raison de le noircir. Heiric, dans les Miracula S. Germant, ne peut s'empêcher de reconnaître qu'Hubert était uniquement préoccupé des choses temporelles 4.

Il était utile, croyons-nous, de tracer, d'après des témoignages impartiaux, le portrait du frère de Theutberge, avant d'examiner le rôle qu'il joua au début du règne de Lothaire II.

Comment ce prince avait-il été amené à investir d'un poste de confiance un individu aussi peu recommandable ? Nous avons déjà dit que selon toute probabilité Hubert avait des domaines dans la haute vallée du Rhône, mais cette raison ne suffît pas à expliquer le choix de Lothaire : Hubert était devenu le beau-frère du jeune roi, à qui il avait fait épouser sa sœur Theutberge. A quelle époque et de quelle façon ce mariage s'était-il accompli ? Voilà ce que nous allons tenter d'élucider.

Deux dates nous sont données pour cette union : 855 par les Annales

2. Le pape Benoît III ne dit pas dans la lettre que nous avons déjà citée plusieurs fois qu'Hubert eût pris définitivement possession de Luxeuil ; pendant quelques jours il s'est conduit en maître dans celte abbaye, puis il l'a quittée.

3. Nous ne savons pas quelle était la femme d'Hubert. Son fils, ou un de ses fils, Thiébaud, jouera, lui aussi, un rôle en Lorraine.

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