Chronicon, p
3. Ainsi les Annales Lnubucenses placent en 842 la bataille de Fonlenoy-en-Puisaye, et» 868 la niiirt de Lothaire II, en 885 celle de Carloman, tandis ([ue les Annules Lobienses retardent jiiscpi'en 804 la déposition de Gunther et de ïlieulyaud, jusqu'en 870 le décès de Lothaire.
4. Le diplôme du 2G octobre est une restitution faite à l'abbaye de Crespin (.\ord, Valenciennes, Gondé) de biens, situés dans le liainaut et la Toxaiidrie, (|ui avaient été donnés en fief à des laies, peut-être par Lothaire I"' (B. M. 1241, Duvivier, Rechei'ches sur le //(linaut ancien, p. 3o2). Hubert n'est pas le seul intercesseur ; avec lui est mentionné un n ministerialis », Adalbert, (pii ne reparaît plus sous le ri'tjne de Lothaire II. Peut-être ne fait-il (pi'un avec un persoiniat|e du même nom ([ue le capilulaire de (Juierzysur-Oise de 877 indicpie connue étant de ceu.\ ipii devront acconipatjner Louis le Bèt|ue, lorsijue ce ])rince ira dans la réijion meusienne (^iUi]>it. Caris., ch. lâ, CJ]., t. II, p. 35y). Le y novembre, Lothaire II donne à son comte du palais Ansfrid des terres à Geizefurl sur la Niers dans le « pa()us Ilaltuariorum », et à Soye-lez-Namur (Hel(ji([ue, Namur, Xamur), dans le « pafjus Lonunensis » (B. M, 1242, SS., t. XXI, p. Sfia). Le ô octobre 803, Ansfrid abarulonna ces biens avec d'autres à l'abbaye de Lorscb (Hesse-Darnistadt, prov. Starkenbunj, kr. Bensheiui), ijui les lui laissa en précaire (^SS., t. XXI, pp. 30y, 370, 371). Il est probable (pi'Ansfrid est le comte du « paipis Hatua » mentionné dans la donation de Foicker à l'abbaye de W'erden, du lo novembre 8r)5 (.V/{. l'ii., t. I, p, 3o, n» 05).
5. n.uioNius, t. XIV, p. 5()fi, col. a : « In ipsis diebus paterni Inclus. » Gai.mkï, t. I, col. 08(j, place le niaria(|e eu 850 ; iMiJui.ii.vi.MKK {liey. Kiir., p. 477) ''• Dcmmi.ku, l. Il, p. 5, adoptent 855.
0. Kkginon, Ghronicun 8O4 , p. 80; Advknck, Liber npohxjelirus, dans Hahomus, t. XIV, p. .5()0 et suiv. Waldrade était parente du comte alsacien Eberlinrd ( ViUi S. Deiciili, ch. i3, S S., t. XV, p. O7,,).
LOTHAIRE A ÉTÉ CONTRAINT d'ÉPOUSER THEUTBERGE Sj
vivant de son père, des relations avec Waldrade, il n'est pas moins certain non plus qu'il avait pour cette femme un profond amour'. Depuis 857, tous ses efforts ne tentent qu'a divorcer d'avec Theutberge, afin de pouvoir faire de Waldrade >son épouse légitime : il a exposé, à poursuivre ce but, son trône, sa vie, le salut de son âme. Waldrade lui était donc bien chère.
Admettons que le vieil empereur, tout en fermant les yeux sur la liaison de son second fils avec Waldrade, ne lui ait pas permis de l'épouser. Pourquoi, une fois devenu son maître, le jeune Lothaire ne s'est-il pas empressé de régulariser la situation de la femme à laquelle il s'était attaché ? Pourquoi ne l'a-t-il pas associée à sa personne et à son trône ? Pour ne l'avoir pas fait, pour avoir épousé Theutberge, dont il cherchera bientôt à se défaire, il a fallu de graves motifs, une nécessité pressante, inexorable, à laquelle il ne pouvait échapper^. Lothaire, dans une lettre au pape Nicolas I", prétendra plus tard que l'on a eu recours à des menaces, à des violences pour l'obliger à épouser Theutberge 3 ; nous trouvons la même assertion répétée par Advence 4. Tous deux étaient, il est vrai, intéressés à présenter les choses sous un certain jour, et leur témoignage ne mérite qu'une confiance limitée. Pourtant, nous croyons qu'il y a eu pression exercée sur Lothaire pour qu'il se séparât de Waldrade et s'unît à Theutberge. Nous avons vu que les grands, une partie tout au moins des grands de la Francia, entendaient mettre un terme au morcellement indéfini des Etats de Lothaire P"", et pour cela se proposaient de conserver au second de ses fils tout ce que
1. RÉGiNON, Chronicon 864, p. 80, et Hincmar, De divortio Hlotharii, interrogationes X\'-XVII (MiGNE, t. CXXV, col. 716 et suiv.), semblent croire que l'amour de Lothaire pour Waldrade était dû à des maléfices. Sismo.ndi, Histoire des Français, t. III, p. i5i, dit de Lothaire : « Ce n'était pas la débauche, mais un amour délicat qui l'avait attaché à Waldrade. » Nous sommes au contraire disposé à croire que c'était un amour charnel que Waldrade avait inspiré au jeune prince ; elle le tenait par les sens plutôt que par le cœur.
2. Nous ne connaissons cette lettre de Lothaire, aujourd'hui perdue, que par ce qu'en dit le Coinmonitoriam adressé par le pape Nicolas !<"■ à ses légats Kadoald et Jean (MiGNE, t. CXIX, col. 1179-1 180).
3. C'est l'opinion d'EaNOUF {Histoire de Waldrade, p. 3), qui parle de nécessités politiques mal connues.
4. Lib. apol. dans Baro.mus, t. XIV, p. 566, col. 2. On trouve au ch. 4 des actes du troisième concile d'Aix (Mansi, t. X\ , col. 612) une phrase, un peu ambiguë, il est vrai, où Lothaire dit qu'il a été trompé par les arguments factieux d'hommes periides. Doux ans plus tôt, au premier concile d'Aix, Lothaire tenait un langage différent. D'après le Libellas octo capituloruiit, ch. 3 (CC, t. II, p. 464). il aurait désiré avoir Theutberge. Peut-être alors ne se souciait-il pas d'avouer qu'il avait été contraint de faire ce mariage. Dans le ch. i du Libellas septem capituloruiii (CC, t. II, pp. 463-464), il est dit que Lothaire épousa Theutberge avec le consentement et la volonté de ses fidèles. Nous croyons, nous, que l'intervention des grands s'est produite sous une forme moins respectueuse. Wenck, p. 327, pense que le mariage de Lothaire fut l'œuvre des grands qui avaient porté au trône le jeune roi ; il semble admettre qu'ils ont exercé sur lui une pression. Mais pour la plupart des historiens modernes, Ranke (Weltffeschichte, Vl^r Theil, i'= Abtheilung, p. i4o), Mijhlbacher {Reg. Kar., p. 477, et D. G. A'., pp. 5o4-5o5) et DiJMMLER (t. II, pp. 5-6), Lothaire n'a nullement été forcé de prendre Theutberge pour femme; son choix a été dicté par des considérations politiques, par le désir de s'assurer l'appui d'une famille puissante.
68 LE RÈGNE DE LOTHAIRE II (SSS-SGg).
le vioil empereur «ivait possédé au nord et h l'ouest des Alpes. Lothaire II, étant leur ohlifjé, fjouvernerait à leur profit. Pour être sûrs de lui, ils jugèrent bon de le marier avec une femme qui tînt de près à l'un d'entre eux; elle devait, dans leur pensée, mettre au service de leurs intérêts l'influence qu'elle acquerrait sur l'esprit du nouveau roi. Se méfiant peutêtre de Waldrade, ils exigèrent de Lothaire qu'il la renvoyât. Nous ne savons ce qui leur fit prél'éi'er la sœur de l'abbé Hubert à d'autres jeunes filles ; toujours est-il que ce fut à elle que Lothaire fut obligé de se marier. 11 était très jeune, dépourvu d'expérience, à peine assis sur le trône; la crainte d'une révolte l'aura déterminé à se soumettre. Peut-être aussi l'ambition parla-t-elle à ce moment plus haut que l'amour dans le cœur de Lothaire, et il sacrifia Waldrade au désir de régner sur une plus grande étendue de territoire.
Theutberge était probablement beaucoup plus jeune que son frère, qui, après la mort de leur père, lui avait servi de tuteur'. Mais il pourrait se faire qu'elle eût quelques années de plus que son mari. Le mariage célébré, nous ne savons pas où, Hubert se sera fait donner le gouvernement du pays situé entre le Jura et les Alpes, avec mission de surveiller les agissements de Louis 11. Il n'avait pas, semblait-il, à redouter que des rivaux profitassent de son absence pour ruiner son crédit ; sa sœur Theutberge, qu'il avait fait épouser à Lothaire II, saurait le défendre auprès de son mari, si jamais on cherchait k le noircir dans l'esprit de ce prince.
. Les craintes que l'on avait conçues relativement à une protestation de Louis II contre les dernières volontés de son père étaient fondées. Lothaire I*'' avait considéré que son fils aîné devait se tenir pour satisfait de l'Italie, qu'il lui avait donnée k gouverner en 844- Mais Louis II ne l'entendit pas ainsi. Dès le début de 850 il se plaignit k ses oncles de l'injustice dont il était la victime^. Selon lui, l'Italie lui avait été léguée ou assurée par son grand-père 5 ; il réclamait donc une part de ce que ?on père possédait en Francia'^. Dans la «pensée de Louis, k ce qu'il semble, l'Italie n'avait pas à entrer en ligne de compte dans le partage ; il avait droit k un tiers des États cisalpins de Lothaire I^"" ; la Frise ayant été déjk donnée k Lothaire II, peut-être Louis admettait-il qu'elle fût,
1. HiNCMAR, De div. Illoth., iiiterr. Xll» (Mic.ne, t. CXXV, col. 697).