‹ Le royaume de Lorraine sous les Carolingiens (843-923)Chapitre 99 sur 764 · LE PARTAGE D ORBE (85G · texte numérisé non relu

LE PARTAGE D ORBE (85G

avec l'appui de Louis II, le petit Charles des mains de Lothaire, qui dut se repentir de l'avoir amené avec lui. Maîtres de ce précieux gage, ils purent imposer leurs conditions aux deux fils aînés de Lothaire I^'''. Charles obtint le Lyonnais et la Provence, Lothaire eut le reste des contrées cisalpines, et Louis II dut se contenter de l'Italie^. Ainsi, on en revenait purement et simplement aux dispositions qu'avait arrêtées l'empereur défunt : ses Etats étaient, comme il l'avait voulu, coupés en trois tronçons. Mais il n'avait certainement pas désiré que la désunion se mît parmi ses fils, et l'on peut croire que, même après leur accord, ceux-ci ne nourrissaient pas les uns pour les autres des sentiments très amicaux. Cljarles n'était qu'un enfant, et il ne paraît pas avoir gardé rancune à son frère Lothaire, qui avait essayé de lui enlever son royaume. Par contre, le ressentiment réciproque de Louis et de Lotliaire dura davantage, et nous ne tarderons pas à en avoir des preuves. Ainsi les projets de Lothaire et des grands de la Francia avaient échoué. La part de Louis II n'était pas accrue aux dépens de celle de son second frère, mais le Lyonnais et la Provence, détachés de la Francia, constituaient un royaume indépendant. La désagrégation poursuivait toujours son œuvre : jusqu'où irait-elle J ?

1. Wenck, pp. 257-25;), fait ressortir celte intervention décisive des grands, à laquelle s'ajouterait, d'après lui, l'influence de l'esprit particulariste. DOmmler, t. I, p. 899, croit aussi que ce sont les grands de Provence, et parmi eux le comte de Vienne Gérard, qui ont arraché le jeune Charles des mains de son frère.

2. Ann. Bert., 850, p. t\']. Erchempeht, Historia Lanrjobardorum Beneventdnoriwi, ch. 19, et A>fDRÉ DE Bergame, Historia, ch. 7 {SS. RR. LL., pp. 241 et 22G) qui ne disent rien, d'ailleurs, ni des dernières dispositions de Lothaire P'', ni du partage effectué un an plus tard, attribuent à Louis l'Italie, à Lothaire la Francia (Erchempert) ou Aix (André de Bergame), à Charles, enfin, la Provence. Le Conti.vuateur d'Erchanbert {SS., t. n, p. 829) supprime Charles ; d'après lui, Louis a l'Italie, et Lothaire la partie cisalpine des États de son père. Hingmar, Epist. ad Liidouiciinï Bal/mm, ch. 5 (Migne, t. GXXV, col. 986), mentionne le partage, mais sans dire où il se fit et sans en indiquer les clauses.

3. Sur les conséquences du partage des États de Lothaire I»'', voir Dûmmler, t. I, pp. 4oo-/i02. Nous les avons développées e:i partie au chapitre précédent, en appréciant les dispositions qu'avait prises Lothaire l"' ; nous avons dit que Louis II n'était plus qu'un roi d'Italie, hors d'état d'exercer aucune influence, nous avons fait ressortir ce qu'avait de périlleux la situation du jeune Lothaire, placé entre ses deux oncles. Si ce prince n'avait peut-être plus assez de puissance pour prendre le rôle de médiateur qu'avait joué son père entre Louis le Germanique et Charles le Chauve, il n'était cependant pas réduit à l'impuit-sance, comme le prétend à tort Dûmmler. Nous reviendrons d'ailleurs plus en détail sur les causes de force ou de faiblesse qui résultaient, pour le second fils de Lothaire I", ou de son caractère, ou de la nature des États qu'il gouvernait, ou de la position que ceux-ci occupaient.

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