PROJETS HK .IRAN VI
coiitonter de l'appui que pouvait lui offrir le second, et faute d'un roi à emmener avec lui en Italie, la présenciï à ses côtés de l'ancien duc de Lombardie pouvait sembler suffisante.
^lais il est bien prubal)le que Jean VIII a\ait pour Boson de plus bautes visées encore, et que ce n'était pas sans raison qu'on préparait à Pavie une a.ssemh\ée jjo/iti<jue-, qu'Ermengarde accompagnait son époux à travers les Alpes, que Jean YIII dans ses lettres faisait grand éloge de son « fils adoptif »''. C'est à Troyes qu'il s'était ouvert à lui de l'idée que r<in voit poindre déjà dans la lettre à Engilberge. Bien que l'entretien dut demeurer secret, « l'objet de cette entente (( n'est que trop facile à deviner, quoique l(;s événements n'aient « pas permis aux contractants de le prinluire complètement « au grand jour*. 11 s'agissait, à n'en pas douter, d'amener les <( grands dignitaires italiens à faire choix d'un nouveau roi en « la place de Carloman que la maladie rendait de plus en plus « incapable ; il s'agissait de disposer les esprits à accepter la (( candidature de l'ancien duc de Lombardie et, l'Italie une « fois gagnée à sa cause, de compléter sa fortune par le cou- (( ronnement impérial" ».
1. Lettre de Jean VIII à Charles le Gros (Ilist. d<' Fr., t. IX, p. 173; JaffÉ, n° 3205).
2. Ou du moins d'un caractère mixte, Jean VIII y convoquo des comtes. Cf. A. Lapôtre, Jean MIL p. 3'i8 et suiv., qui a complètement étudié la question de la politique de Jean Vlll au moment où lîoson l'accompagna en Italie. Aussi n'insisterons-nous pas sur ces événements.
3. Lettre à Charles le Gros (cf. n. 1): « Cujus i Ludovic! HalbiJ con ■ « silio atque hortatu Bosonem gloriosum principem per adoptiunis gra- « tiam filium meum elîeci » (///.s7. de Fr., t. I.X, p. 173). Mais on ne sait au juste ce que Jean VIII entendait par là. C'est peut-être une pure formule de politesse : il emploie des expressions analogues en pai'lant d'Kiigilberge : « Spiritalis tilia nostra » (///.v/. de Fr., t. IX, p. 180 et l'J'.). In l)eu plus tard, quand Jean VIII abandonnera Boson pour trouver un protecteur plus utile, c'est Chai-les le Gros qu'il veut « loco carissimi « filii retinere » (Jaffé, n" 3321; llixl. de Fr.. t. IX, p. 197). Hadrien II déjà traite Louis II de « spiritalis filius « (J.\rrÉ, n" 292C)).
'i. "Lettre au comte Boson (Jaffé, n" 3251 ; .Migne, t. CXX\1. c(j1. 835) : « Secretum quod, Deoauxiliante, vobiscum Trecis exi.stentes habuinius, « immutilatum ac fixum no.stro apostolico pectore (juasi quoddam tlie- « saurumreconditumretinemus,ettolisnisibusilIud...alacriteroptainus « perficere. » — Sur la date de cette lettre, cf. A. Lai'ùtke, Jean VUL p. 347. Elle doit être assez peu postérieure au retour de Boson à l'époque où Jean Vlll croyait qu'il allait incessamment redescendre en Italie avec des secours fournis par Louis le Bègue, illusion (ju'il conserve encore dans la lettre qu'il adressa à ce dernier.
5. A. Lai'otre, Jean Mil. p. 3'i7 sqij. Si les expressions employées