A. Lai-ôtue, /ea» VIII. p. 348, n
5. A la fin de l'année 878, le 12 décembre, si l'on admettait que Boson se trouvait auprès du roi au moment de la donation d'UIcliisy à l'abbaye de Tournus (cf. sii/jra, p. 90). — Les Ann. lierlin., a. 879, iriit., mentionnent la présence de Boson à 'l'royes.
(). C'est probablement au (;ours de cette campagne que fut saccagé le monastère de Saiiit-.Martin d'Autun. Diplôme de Charles le (iros du 16 juin 885 Boi-iimek-Mueiiuiaciiek, n" 1659). — Biilmot (Fssni hisl. sio' Saint-. Martin d'Autun. t. I, p. 137), attribue cette destruction à Boson dans ses luttes conti-o 'riièodcric. ce (pii est plus que douteux.
9i AVÈNEMENT DE Eol'IS 111 ET CARLOMAN [879J
l'évoque Eudes de Beauvais, les insignes royaux, avec mission pour ceux qui entouraient le jeune prince de le faire sacrer et couronner. Mais à la nouvelle de la mort de Louis II les deux messagers se rendaient auprès du chambrier TJiëoderic ; celui-ci recevait les insignes royaux dont étaient porteurs Eudes et Albuin, et se donnait en quelque manière les allures de disposer du sort du royaume. Il prépara une assemblée de grands à Meaux pour délibérer sur le parti à prendre, c'està-dire sans doute pour régler les difficultés relatives à la succession de Louis le Bègue. Celui-ci, comme l'on sait, laissait enceinte sa femme Alpaïde ; mais il avait eu auparavant d'Ansgarde, que l'on pouvait considérer comme une concubine, deux enfants, Louis III et Carloman.
C'est probablement pour pouvoir à son gré s'occuper des affaires générales du royaume et conserver sa haute situation, que Théoderic, quelque temps après la mort de Louis ', se décida à traiter avec Boson; il se trouvait en conflit avec ce dernier dans des conditions que nous ignorons, à propos du comté d'Autun. En vertu de l'accord intervenu alors, Boson recevait le comté, mais donnait en échange les abbayes que lui-même possédait dans cette région ". Le marché avait eu lieu grâce à l'entremise de Hugues l'Abbé ; il semble bien probable qu'il ne fait (^ue se rattacher à une ou plusieurs Cf^iventions plus générales conclues entre les grands, ou du moins une partie d'entre eux'', en vue de se partager les grands bénértces et le gouvernement du royaume. Une sorte de quatuorvirat, composé de Boson, de Bernard Plantevelue, de Théoderic et de Hugues l'Abbé s'était formé et prenait la direction des
1. Sans doute, au mois de février ou de mars: un acte du 25 janvier 879 mentionne encore Théoderic comme comte d'Autun. (Catiid. crArilun, éd. Cn.MiMASSE, n" xni), mais d'autre part, Hincmar parle du traité ])ostéri('ur(Mnent à la mort de Louis le Bègue. Une charte de l'évoque Adalgaire d'Autun {Ibid., p. 8(i) dit que Hoson succéda « parifi(juemoil » au comte Théoderic (jui venait de mourir. Cette affirmation est coiitreilite ])ar le témoignage des Aniudcsde Saint-Hertin et l'acte, (]ui confond Hoson comte et Hoson roi, doit avoir été refait à une époque postéi-ioure.
2. Aiin. /iertin., a. S79, p. 148. — Théoderic parait être mort la même année, avant le 8 novemhre (Houkgeois, Capilnl. de Kicrsi/, ]). 90, n. 4).
:i. « Hugo et Boso et Theodei'icus et illorum socii », dit Hincmar (.1?!//. liriiin.. p. 149). — Il y avait des mécontents, comme Conrad, comte de Pai'is, ([ui ne se trouvait pas assez puissant.
[879] SlITATIdN liK lioSiiN 9;,
affaires. Ce sont ces chefs de l'aristocratie (lui, au mois de mai. traitent avec Louis de Saxe; celui-ci, appelé par Conrad, comte de Paris, et Gozlin, abbé de Saint-Denis, avait pénétré en Lorraine. Il lalliit. pour (pul cunsciilii à rciiinMdans ses états, lui offrir la purlion du rovauuie do Lothaire II attribuée à Charles le Chauve par le traité de Meersen, c'està-dire une i^rando partie des territoires soumis à Boson. Mais, quelques semaines plus tard, Conrad et trozlin, encouragés par l'épouse du roi de Germanie, et se disant soutenus par celuici, recommençaient leur rébellion. Inquiets, Hug-ues l'Abbé et ses partisans faisaient couronnera Fcrrières, par le métropolitain de Sens, Anségise, les deux petits rois, Louis III et Carloman.
C'est ce moment que Boson choisit pour se révolter à son tour. Les circonstances pouvaient sembler favorables. La souveraineté du Lyonnais et du Viennois, par suite de la cession consentie à Louis de Germanie, était momentanément assez indécise. La royauté, dans la Francie occidentale, existait à peine : l'élection de Ferrières avait rencontré des oppositions" et n'avait pu s'accomplir que grâce à Hugues l'Abbé et à Théoderic. C'était un triomphe pour ceux-ci. Hincmar fut même obligé d'écrire à Théoderic pour lui reprocher ses allures autoritaires''. Boson ne pouvait voir sans jalousie son rivai prendre ainsi la première place. D'autre part, l'ambitieuse Ermengarde déclarait à son mari que, tille et fiancée d'empereur, elle ne pouvait vivre si elle n'était au moins l'épouse d'un roi\ Boson, possesseur depuis 870 du comté de Vienne, de la Provence depuis 875 sans doute, étendant son autorité