SITUATION DE BOSON
sur Lyon et sur Autun ', se trouvait, quand bien même il paraît avoir de bonne heure renoncé à ses comtés aquitains, maître de territoires aussi étendus qu'un royaume". Il était quelque chose de plus qu'un comte, de plus même que des personnages comme Bernard ou Théoderic. Il n'était que peu disposé à reconnaître l'autorité des fils de Louis le Bègue ^ et ses sentiments percent dans le titre ambigu qu'il se donne en tète d'une charte pour Montiéramey : « Moi, Boson, par la grâce de Dieu, ce que je suis, et... Ermengarde, fille d'empereur*.. » — Cette charte est du 25 juillet 879, c'est-à-dire des derniers temps qui précédèrent le couronnement de Boson. Il ne lui manquait plus qu'un titre, et il n'allait pas tarder à l'acquérir.
1. Mais nous ne croyons pas qu'elle s'étendit au Maçonnais. Il y a bien un acte du Ccviulnire de Màcon (éd. Ragut, n" cliii, p. 105) qui parle d'un plaid tenu à Màcon par Boson. au mois de mars : 1° en l'absence de tout titre royal, il est douteux que ce soit ce Boson, fils de Divin, roi, qu'il s'agisse. En ce cas, d'ailleurs, la date serait celle du mois de mars 880. A cette époque, le comte de Màcon était probablement Sirald ou Bernard, non le Guillaume qui est mentionné dans l'acte ; 2'* nous ne croyons pas qu'il s'agisse de Boson comte. Le personnage nommé Boson ne porte dans l'acte aucun titre. Cela ne serait pas une raison sulïisante; mais le document semble bien désigner Guillaume comme étant comte de Màcon. Il y a eu à Màcon au x*-" et au xi" siècles ])lusieurs comtes de ce nom; mais d'après la liste des échevins indiqués par l'acte, il semble bien qu'il y ait lieu de rapprocher celui-ci d'une autre charte du même cartulaire, datée du temps du roi Eudes {ibid., n° CLXXXiv). Celui qui nous occupe doit donc être rapporté aussi à la fin du ix<= siècle. Or, à cette époque, il n'y a qu'un comte Guillaume dont l'autorité se soit étendue sur le Maçonnais, c'est Guillaume le Pieux ; celui-ci ne devint comte de Miîcon qu'après la mort de son père Bernard Plantevelue, c'est-à-dire après 885, date à laquelle Boson était roi et à laquelle Charles le Gros régnait en Maçonnais.
2. Nous ne parlons pas des biens que Boson pouvait posséder en Champagne et qui ne faisaient pas corps avec l'ensemble des territoires sur lesquels s'étendait son autorité ducale ou comtale. Cependant Boson possédait encore à cette époque des vassaux dans ces régions. car c'est à cette époque que se placent les lettres de Jean VIII relatives aux empiétements de l'un d'eux, Arembert, à Vendcruvre (Jaffé,
n<"* 328'i et 3285, supra, p. 60).
3. DuciiESNE, llist. de la maison de Ver;/y, pr., p. 12. L'acte est de 879, daté non d'après les années du règne de Louis III et Carloman. mais « anno 1° i)ost obitum IIlu<iovici gjoriosissimi régis. » — Sur cet acte, cf. A. Girv, Eludes (kirolinfjieirnes, dans lUudes... (h'diées à G. Monod, p. 128.
4. « Ego Boso Doigratia id (juod sum. necnon et dilecta conjux mea « Ilirmengardis. pi'oles iinperialis, etc. », dit l'acte cité à la note pré- « cédente. — Dans les formules finales. Boson ne prend non plus « aucun titre précis : « Ego Stejjhanus archicancellarius, jubente « inclito et illustri viro domuo Bosone. »