CAI'.ACTÈRE DE LA UOYAUTK DE BOSON
lions les Francs établis en Aquitaine ou en Provence aient pris certaines habitudes communes et se soient à un certain degré distingués de leurs compatriotes de Neustrie ou de Lorraine, comme s'en distinguaient les populations au milieu desquelles vivaient les sriitorcs^. La communauté d'origine no faisait pas que ceux-ci entendissent se soumettre à leurs compatriotes de la Francia, et diverses circonstances avaient pu favoriser le développement des idées d'indépendance. Il est bon surtout de noter que les rois carolingiens, dans leurs luttes intestines, ont du souvent faire appel, contre leurs compétiteurs, à l'aristocratie laïque et ecclésiastique, et que celleci a pu ainsi prendre peu à peu conscience de sa force. En 856" c'est la résistance des seigneurs provençaux qui oblige Lothaire II et Louis II à renoncer à leurs projets d'usurpation ^ En 861 c'est sur eux ou du moins sur une partie d'entre eux que s'appuie Charles le Chauve pour tenter de mettre la main sur le royaume de son neveu \ En 863, lors de la mort de Charles de Provence, ses frères se hâtent tous deux de se faire des partisans parmi ses anciens fidèles'. En 869, une partie des seigneurs provençaux avaient été à Metz recevoir les engagements pris par Charles le Chauve vis-à-vis de ses nouveaux sujets \ Aussi, après avoir soutenu tel ou tel des divers Carolingiens qui prétendaient régner sur eux, l'idée pouvait se présenter à leur esprit d'avoir un roi à eux, capable mieux qu'un souverain éloigné de défendre les intérêts du groupe restreint que l'on peut considérer comme une unité. Boson, entre les mains duquel les circonstances avaient fini par réunir la totalité des pays auparavant soumis à Charles de Provence, était tout désigné pour jouer ce rôle et pour gouverner à titre de roi le paj^s qu'il administrait auparavant à titre de fonctionnaire. D'après le récit d'Hincmar, on ne lui a d'ailleurs
1. MoNoi), Ij' rùlc lie roppu^il ion drs mers el /les nalionn/iti's datix la (lissolulioit. de rj'Jmpirc (•(iro/iiigieii. dans VAinniairc de /"/'>. des JJuKles-Iitudes, 1896, p. 13-16.