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pas offert la couronne, il l'a sollicitée; mais pour qu'il ait pu créer quelque chose de durable il faut qu'il y ait eu, dans l'assemblée de Mantaille, autre chose que le résultat dos intrigues d'un ambitieux.
Mais, si Boson se faisait reconnaître comme roi par les diocèses sur lesquels il n'avait jusque-là étendu son autorité (juc comme comte ou comme duc, il cherchait également, comme nous l'avons déjà dit, et t'omme les chroniqueurs contemporains l'ont Ijien vu ', à s'agrandir hors de lu Prov(!nce en occupant au détriment de Charles le Chauve; une partie de la Bourgogne, et notamment la marche éduennc, dans lu([uelle, au mois d'octobre 879, on reconnaissait le nouveau souverain.
Les souscriptions épiscopales qui terminent le procès-verbal d'élection peuvent en effet servir à dresser la liste des pcgi qui venaient de se séparer de l'empire franc et constituent le document principal pour le début de toute étude géographique sur les royaumes de Provence et de Bourgogne. Toutefois il ne faut pas oublier qu'elles nous sont parvenues assez mutilées et que, de plus, l'état de choses qu'elles représentent, au point de vue territorial, fut de très courte durée.
C'est par elles que l'on peut constater que le nouveau royaume de Provence — pour lequel, à cette époque de son histoire, ce nom est un peu insuffisant — comprenait la totalité" des provinces ecclésiastiques d'Arles, d'Aix, do Vienne, celle de Lyon (moins le diocèse do Langres) et très probablement aussi toute la province de Besançon, dont le métropolitain Théoderic était présent à l'assemblée, avec l'un de ses suffragants, l'évèque de Lausanne. Il faut ajouter, à la liste des provinces que nous venons d'énumérer, le diocèse métropolitain de Tarentaise, Cependant les deux évèques d'Aoste et de Sion n'assistent pas à l'assemblée, sans doute par suite de l'iiiflnçnce exercée sur eux par l'abbé de Saint-Maurice, le
1. « Boso etiam dux Pruvinciae partem BurguniUae occupât. »(Ann. Veda.sL, a. 87U). « E Provincia egroditiir totaïuque Burgundiam occu- « pare nititur » (Héoinon, Chron.. a. 879, p. 114.;
2. La totalité, croyons-nous, quand morne certains suffragants de ces métropoles n'auraie'nt pas été pré.>ents à l'assemblée comme ceux de Carpentras, de Cavaillon, de Fréjus et de Cap. C'est ainsi que l'évèque de Genève, seul parmi les suffragants de Vienne, ne souscrit pas à Mantaille; mais la domination de i'.oson sur le pngiis Genavcnsis est attestée par la donation qu'il fit au monastère dcTournusde plusieurs domaines sis dans ce comté.
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comte Rodolphe, partisan de Charles le Gros, et par les marquis italiens ^ L'Uzège d'autre part, bien que son siège épiscopal dépendit de la province do Narbonne, suivait les destinées du Yivarais, comme il l'avait toujours fait depuis l'époque mérovingienne, et se trouvait rattaché au royaume de Boson, de mémo qu'il l'avait été à celui de Charles de Provence".
Il est à remarquer' que ni le métropolitain d'Embrun ni aucun d(^ ses suffragants de Digne, de Senez, de Glandève, de Vence et de Nice n'assistaient à l'assemblée \ On a cru" que cette province avait cependant fait partie du royaume de Boson. Mais s'il est certain que l'autorité du successeur de celui-ci fut plus tard reconnue par Arnaud, métropolitain d'Embrun, qui prit en 890 une part active à son élection, on ne peut inférer de ce fait qu'il en ait déjà été de même en 870 : l'absence de tout évoque de la province à l'assemblée de Mantaille semblerait plutôt indiquer qu'elle continuait à être politiquement rattachée aux pays de l'Italie du Nord, alors placés sous l'autorité de Charles le Gros.
Les sources diplomatiques fournissent relativement peu de renseignements de nature à compléter ou à contrôler ceux que l'on peut tirer de l'étude des souscriptions du synode de Mantaille. Les actes du nouveau souverain attestent son pouvoir sur les diocèses de Lyon", d'Autun', de Mâcon', de Chalon-
1. L'évéché d'Aoste est d'ailleurs rattaché à.ritalie. L'évèque de cette ville, Hatbur-ne, souscrit en 876 au concile de Pavie. Cependant le nom de Boson figure parmi ceux des bienfaiteurs de l'église (F. Savio, (ili anticlii Vescovi d'Ilalia. Il Picmonli', p. 82).