S0N A LYON ET DANS Œ LYONNAIS
mentionne. Le désir qu'avait Boson d'asseoir solidement son autorité sur la plus grande partie de la Bourgogne et la nécessité do mettre eu état do défense sa frontière septentrionale suffisent à expliquer sa présence à Lyon et dans le Maçonnais à la lin de l'année 879 et sans doute aussi durant les premiers mois de l'année 880'. Boson en effet était à Charlieu le 2 décembre". De là il paraît s'être rendu une seconde fois à Lyon. Il se trouvait dans cette ville le 8 du même mois, donnant à l'abbaye de Saint-Philibert de Tournus, à la requête de l'abbé Geilon, la celle de Talloires en Genevois avec toutes ses dépendances ',
un peu trop subtil peut-être, interpréter les mots « Lugdunum ingressus » par « étendant son autorité injustement sur Lyon », — comme une sorte de développement de ce (|u'a dit l'auteur un peu plus haut : « Provincia egreditur totamque Burgundiam ocrupare nititur. » D'autre part, Réginon raconte assez exactement les mêmes choses qu'liincraar, avec certains détails communs, et presque dans les mêmes termes.
« Nonnullos episcopos partim minis, partim suasionibus in societatis « foedera colligit et Lugdunum ingressus ab Aureiiano... et aliisponti- « ficibus... in regem... inunguitur. » (Réginon, Clironiquf, /oc. cit.)
« Partim comrainatione constrictis. partim cupiditate illectis, pro ab- « batiis et villis... episcopis illarum partiiim persuasit ut eum in regem « ungerent et coronarent. » (À nu. Ik'rlin., a. 879, p. J50).
Or, si l'on admet sans difficulté que la dernière partie du texte d'Hincmar fait bien allusion à l'assemblée dont nous avons conservé les actes, et que nous savons par ces actes s'être tenue à Mantaille, il semble bien qu'il faille l'admettre également pour la portion correspondante du texte de Réginon. Par conséquent: ou les mots « Lugdunum ingressus » expriment une erreur de l'abbé de Priim; — ou nous les interprétons mal en supposant que, d'après Réginon, le coui'onnement aurait eu lieu à Lyon. Cette dernière hypothèse a, en outre, l'inconvénient d'en nécessiter une autre: comme Réginon dit: c^ab Aureiiano « ejusdem url)is metropolitaet aliis]ponli ficibus \n regem inunguitur», il faudrait admettre que les évèques réunis à Mantaille, ou la plus grande partie d'entre eux. auraient suivi Boson et Aurélien à Lyon.
1. Les Annales de Fulda, racontant la campagne contre Boson, dont nous reparlerons plus loin, disent que ce dernier passa le Rhône pour s'enfuir à Vienne. Il se trouvait donc auparavant sur la rive droite du fleuve.