‹ Le royaume de Provence sous les Carolingiens (855-933?)Chapitre 148 sur 482 · MESURES CONTRE LES PARTISANS DE BOSON · texte numérisé non relu

MESURES CONTRE LES PARTISANS DE BOSON

Jean VIII lorsque Boson tenta de frustrer les descendants de Charles le Chauve d'une portion de leur héritage. D'ailleurs, tout en tenant compte des deux motifs que nous venons de citer, on peut conjecturer que ce ne fut pas sans mécontentement que Jean VIII dut voir le comte de Provence renoncer à devenir en Italie et à Rome le protecteur du Saint-Siège alors plus que jamais menacé par les Sarrasins'. Il paraît, en effet, avoir à cette époque reporté toutes ses espérances sur Charles le Gros. Celui-ci venait de descendre en Italie en 879", et le pape l'y appelait de nouveau en 880, dans l'espoir de trouver auprès de lui cet appui qu'il avait déjà, cherché auprès de Boson comme auprès de Charles le Chauve.

Engilberge, d'autre part, avait été à tort ou à raison soupçonnée de favoriser l'usurpation de son gendre et Charles le Gros avait cru devoir, par mesure de précaution, la faire enfermer dans un couvent d'Alémannie '. Jean VIII, toujours en bons termes avec l'impératrice veuve *, que son époux Louis II avait, disait-on, recommandée en mourant au Saint- Siège, intervint pour demander qu'on lui rendit le droit de rentrer en Italie ^ promettant de la garder si bien à Rome qu'elle ne pourrait venir en aide à l'usurpateur Boson ^ Ces lettres suppliantes de Jean VIII datent déjà du mois de mars

aux fils de Louis le Bègue pour les féliciter et les engager à persévérer dans ces sentiments (Jaffé, n° 3373 ; Migne, t. CXXVl, col. 895

1. Jaffé. n'^« 3325-3326. Cf. Duemmler, Oslfr. Reich., t. III, p. 178.

2. Dés le 3 avril 879, Charles le Gros ayant annoncé l'intention de descendre en Italie, Jean Vlll lui écrit pour l'exhorter à persévérer dans ce dessein (Jaffé, no 3321 ; Mione, t. CXXVl, col. 825).

3. Ann. Derlm., p. 153 : « Engilbergam vero, Illudowici Italiae « régis uxorem, quam imperator in Aiemanniam transduxerat. »

4. Kn octobi'c 879, Jean Vlll écrit à Tévêque Antoine de Hrescia, à Bérenger de Frioul et à divers autres comtes (Jaffé, n" 3297) pour les inviter à prendre sous leur protection les biens de l'ex-impératrice, biens sur les(iuels Charles le (îros et ses partisans commençaient sans doute, à mettre la main.

5. Lettre de Jean \'lll aux évèquos italiens (Jaffe, n" 33'ii), et lettre à Louis III, Carloman et Hugues l'Abbé pour les engager à soutenir sa demande auprès de Charles le (Iros (Jaffé, u" 33i0).

6. Jaffé, n" 33'i0; Migne, t. ("XXVI, col. 92'i : « 'l'anta custodia cir- « cumspecta nobis crédite ut nec l'osoni nec alii liouiini ad ])crturba- « tionein imperii sive regni quidlibet adjutorium vol auxilium vei-bis « aut scriptis praebere(|U()quo modo valeat. » — Au commtMUNMncMit de 882, il écrit encore dan^ le même i)ut à l'impératrice lîiciiarde, fennne de (Charles le (iros, et au favori de celui-ci, Liutward, évè(iuc de \'erceil (Jaffé, n'^ 3380 ; Mig.ne, t. CXXVl, col. 9'.9\

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881. Ce n'est cependant qu'en octobre 882, c'est-à-dire quand, après la prise de Vienne, lînsou avait cossr d'être à craindre, que Charles le Gros accorda la grâce sollicitée et permit enfin à Engilberge de se rendre de nouveau en Italie, accompagnée de l'évèque de Verceil, Liutward',

Les autres partisans du nouveau roi de Provence, ceux qui avaient contribué à son élection, furent frappés de la mémo manière, autant que le petit nombre de documents dont nous disposons nous permet d'en juger. Otran, déjà blâmé par Jean VIII à l'occasion de sa conduite lors de l'élection de Boson, avait également vu le pape consacrer directement l'évèque élu de Genève, Optand, à la demande de Charles le Gros-. L'on ne peut guère attribuer cet empiétement de l'autorité pontificale qu'au désir d'empêcher le partisan du rebelle de jouir de ses droits de métropolitain, et peut-être aussi à celui d'installer sur ce siège, malgré Otran, un candidat hostile à r>oson\ Jérôme, évéque de Lausanne, dont le nom figure au bas des actes du concile de Mantaille, eut, devant les résistances de Charles le Gros, qui appnvait, sendjlc-t-il, un autre compétiteur', quehjue peine à monter sur son siège épiscopal ; l'intervention du pape fut nécessaire' et, bien que le prédécesseur de Jérôme fût mort dès l'année 878, que celuici eût été lui-même élu avant le 15 octobre 879, il lui fallut attendre jusqu'en 881 pour obtenir la consécration ^ Il est

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