Lettre du 30 octobre 880, Jafké. n
2. M. MuEiiLBACiiER {Rerjcula Karolorum. p. 616) croit que ce fut la lettre citée à la note précédente qui dut arriver à Charles vers la minovembre qui décida définitivement son départ, que le roi devait d'ailleurs chercher à presser, surtout depuis la mort de son frère Karloman. On ne peut le mettre d'autre part bien avant dans ce mois, car dans le courant de ce même mois, Charles était déjà à l*avie (LioKiiMEit-
MUEHLBACIIER, n° 1362).
3. Les Annales de Saint-Bertin (ihid.) disent simplement : « .\1) ipsa « obsidione recessit, et in Italiam perrexit )).Les,4«/<. Veilast. sont plus détaillées « Karolus vero rex noctu consurgens, ignorantiijus Hludowico « et Karlomanno, igné castra concremavit atque ita revertitur in sua. »
4. Certains historiens et en dernier lieu Terkeiîasse {Hisl. delioson, p. 115) admettaient que Louis III et son frère, puis le dernier seul, continuèrent à bloquer la place après le départ de Charles le Gros, et supposent même un blocus de deux ans au cours du(|uel Boson serait resté éloigné de Vienne, défendue seulement par Erniciigarde. Vn diplôme de Boson {Hisl. (le Fr., t. IX, p. 671). dont nous re])arlerons plus loin, rend la chose inadmissible. Dukmmi.er (Os///-. Reich. t. 111, p. 146-7) a, avec raison, rejeté ce système, que Gingins lui-même n'avait pas cru soutenable.
5. Ann. Vedast. : « Hi vero qui Viennam obsederant, videntes nil « inimicis **** posse, accepto consilio. redierc in sua. » Il faut évidemment, après « inimicis », suppléer un mot analogue à « noccre », comme l'a fait dans son édition l'abbé Deiiaisne (p. 305) sans d'ailleurs prévenir de la correction qu'il introduisait. Le récit sec et écourté des A)in. de Salul-Bcrlin ferait à tort rejeter ces événements à la fin de décembre 880 ou au commencement de 881.
6. Plusieurs textes mentionnent expressément cet elfet de l'absence du roi et des grands sur les progrès des Normands. Cf. Rylhmus tmtonicus de la bataille de Saucourt (Ilist. de F)\, t. IX, p. yy) et Sermo de tumiilatione S. QuinliuiÇMon. Gcnn., SS., t. XV, p. 272) : « Pagani... « Franciam sine rege et principibus vacuum reperientes. » Le Sermon paraît avoir été composé au xi'' siècle, mais il utilise les Ann. Vedast. et d'autres Annales perdues. Cf. lIoi.nEr.-L(;oEi!. pirftirc. iljid.,\). 265.
128 RENTRKE I)K BOSON A VIENNE [880J
envahissaient le pays jusqu'à la Somme, avait licencié son armée (octobre 880) \ Ce sont sans cloute ces nouvelles qui, tout autant que la défection de Charles le Gros, décidèrent les deux rois à abandonner le siège de Vienne. Celui-ci fut donc levé dans le courant du mois de novembre'. La guerre contre l'usurpateur n'était cependant pas abandonnée et Carloman restait chargé de la poursuivre ^ mais il abandonnait Vienne et même le Viennois. A la fin de novembre il était en Berrj, à Néronde*, d'où il datait une restitution faite à l'église d'Autun^ en faveur d'un ancien partisan de Boson, l'évéque Adalgaire, de la villa de Teigny en Avalonnais''. Quant àLouis III, il quittait également le sud de ses États pour se porter au-devant des envahisseurs danois, et arrivait à Compiègne à la fin de décembre 881 pour célébrer dans cette ville les fêtes de la Noër. Vienne et son territoire retombaient, libres d'ennemis, aux mains de Boson. On retrouve celui-ci au commencement de l'année suivante tout près de sa capitale, à Toisieu^ à 15 kilomètres de Vienne. 11 date de ce lieu une restitution en faveur du fidèle archevêque Otran, des biens enlevés à l'église cathédrale et notamment du monastère de Saint-André- le-Bas'.
La guerre que Carloman était chargé de diriger contre Boson ne paraît pas avoir été conduite au début par lui avec beaucoup d'activité; aucune campagne ne fut entreprise ni