Cf. inf?-n
2. Nous avons adopté pour cette notice la date de 890. Elle demande quelques explications. L'acte est connu par une copie du xi« siècle (Bibl. i\at. ms. lat. 14192, fol. i5 v°) et par des copies modernes ou des éditions dérivant d'une copie perdue venant de Vyon d'Herouval. Il est dans les deux cas daté « anno incarnacionis Domini DCCCXCVIll, indict. VIII ». Ces indications ne concordent pas : l'année 898 a pour indiction I, l'indiction Mil correspondrait à 890 ou à 905. Les continuateurs de Dom iJouquet ont adopté cette dernière date. Au contraire, .M. DI-: Tkrrebassk (Hisl. de Bosou. p. 165, et Ilist. des Dauphins de Viennois, p. 9-10) se prononce pour celle de 889 ou 890.
Au premier abord, il semble que l'argumentation des Bénédictins soit très solide. La notice de Vare.nnes dit, en effet, fornaellement que les moines de Gigny revendiquent la celle de Baume « ([uam olim per pre- « ceptum a Rodulfo re-ze acquisierant ». Or, nous possédons un diplôme de Rodolphe l(//i.s/.ri'ey''r., t. lX,p.692)qui paraît bien authenticiue et par lequel ce souverain donne à l'abbé Bernon et aux moines de Gigny, avec d'autres biens, « dans l'Escuens une celle du nom de Baume à l'endroit « où la Seille prend sa source. » Ce serait donc là le diplôme visé dans la notice, et comme il est certainement daté du 10 décembre 903, la not'ce devrait être rapportée à l'année ayant pour indiction VIII qui suit 90:5, c'est-à-dire à 905. On ne peut d'ailleurs le considérer comme plus récent, car Lrmengardemourutuu plus tard en 905 (Ilisl. de Fr.,i. 'VIII, p. 41G). Mais l'on peut faire à ce système diverses objections et s'il est exagéré de dire, comme Tkrkeuassi:(/oc. vil.), qu'il faut corriger la date du diplôme de Rodolphe I avec celle de la notice, l'érudit Dauphinois nous paraît cependant avoir raison quant au fond, bien ([ue nous ne considérions pas comme valables tous ses arguments. 11 faut, en effet, fain^ les remai-ques suivantes : a) Les moines de Gigny possédaient cerlainement la celle de Baume avant bi date de 90;5, car un privilège du pape Formose de 895 (Jaffé, n» 3499, Hisl. de Fr., t. L\, p. 2Ô;)) la mentionne parmi les possessions qui font l'objet d'une concession du souverain pontife. Formose .étant mort en 898, il est impossible de supposer une erreur de date et de croire le privilège postérieur au diplôme de Rodolphe I. D'autre i)art, il y a dans ce dernier un passage « quam ipsi monachi prelibati .ad fundainentum reedifica- « verunt )) qui prouve de leur part une prise de possession antérieure. Il y a donc, en ce (jui touche la celle en (piestion, restitution ou Cdufirmation plutôt (|ue donation, sans que nous sachions ])Ourquoi la formule de donation a été employée comme s'appli(|uant à Baume au même titre (ju'aux autres possessions énumérées dans l'acte. — h) Paléographiquement. l'on s'explique assez bien la confusion entre DCCC.XC et DCCCXCVIll, en admettant une « dittographie ». L'un des copistes, peut-être nombreux, par l'intermédiaire desquels l'acte nous est parvenu, aura répété deux fois le chilfre de l'indiction, et au lieu de «anno... IJC(JCXC .\'1II. indiclioiie cum convenissent » aura
[889] N'KGOCIATKINS .WKC AliMM.K KT KTIKN.NK V 155
C'est à préparer le couronnement de son fils qu'Krmenganle employa l'année 889. Au mois de mai elle se rendit à Forcheim auprès d'Arnulf, chargée d'obtenir de celui-ci une nouvelle confirmation de biens en faveur d'Engilberge, les domaines de l'ex-impératrice devant, après sa mort, revenir à sa fille*. Mais on même temps elle offrit au roi « de riches présents », et, lorsque celui-ci la renvoya « chez elle » ", ce ne fut sans doute qu'après lui avoir accordé ce qu'elle demandait, c'est-à-dire l'assurance de la protection royale pour le jeune Louis. En échange la reine devait avoir fait la promesse d'un serment de soumission et d'hommage, analogue à celui que l'année précédente, Eudes était venu prêter à Worms''.
D'autre part, on s'était assuré de l'appui du pape Etienne V. L'archevêque de Vienne, Bernoin, s'était, dans la première partie de cette année', rendu auprès du pontife. Il avait obtenu de lui une circulaire adressée à tous les évêques de la (laule cisalpine, leur recouimandaut de « constituer roi, sur le
écrit « anno... DCCCXCVIII indictione VIII cum convenissent ». La confusion entre DCCCV et DCCCXCVIII serait moins admissible; — c) Louis ne porte pas dans Tacte le titre de roi, ce qui donne lieu de croire que l'acte est antérieur au couronnement du jeune prince àValence. En 890. d'autre part, les limites du royaume de Rodolphe I sont assez variables pour que Louis ait pu momentanément régner sur l'Escuens; il est, à cette époque, étroitement soutenu par Richard le Justicier. Au début du x" siècle, au contraire. Louis est non seulement roi, mais empereur. Richard ne s'occupe plus j^uère que des affaires de France, et l'Escuens est de nouveau retombé sous la domination du roi de Haute- Lîourgogne, comme le prouve le diplôme même pour Gigny. La date de 890 pouvant être maintenue, en raison du texte du précepte de 903. celle de 898 s'expliquant assez facilement par une erreur de copiste, celle de 905 s'accordant moins bien avec les faits historiques coimus que celle de 890, cette dernière nous a paru devoir être définitivement adoptée. — Le document a peut-être été connu par l'auteur du Ca/a/. abbalum S. Eugeii/li Juretisis (Mon. Germ., SS.,t. XIII, p. 745) qui insère dans la notice relative à Manno cette brève indication chronologique : « ab incarnatione 898. Indictione vni. Ermengardis « regina et principes Ludovicifilii Bosonis. Anno I\' post obitum Karoli « imperatoris ».
1. Cod. iliplom. Long., p. 573: BrEHMr:r.-ML'EMLi$\CHEK, n" 1767.
2. Aim. Fuld., p. 119, ann. 890. Mais en raison du diplôme cité n. 1, dont l'original s'est conservé et qui a date certaine il faut très vraisemblablement, comme l'a reconnu Dle.mmi.kr {Ostfr. Reich, t. III, p. o'i4) rapporter ce récit à l'année 889. La confusion est d'autant plus admissible qu'il y a en ces deux aimées plaid à Forcheim au mois de mai.