Favre, Eudes, p
4. Il était de retour au mois d'octobre de cette année (^Jrt//. Christ., t. XVI, col. 54).
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peuple de cette terre, Louis, petit-tilsde l'empereur Louis' ».
A une date indéterminée en automne ou au commencement de l'hiver de l'année 890-, les métropolitains de Lyon, d'Arles, de Vienne et d'Embrun, assistés d'un certain nombre d'évêques^ et sans doute de grands \ en présence de deux envoyés d'Arnulf, l'évêque Réoculf et le comte Bertold^ se réunissaient à Valence pour élire et constituer roi Louis, fils de Boson.
Le procès-verbal de l'assemblée nous est parvenu ^ Les rédacteurs rappellent d'abord les démarches de l'un d'eux, Bêrnoin de Vienne, auprès du souverain pontife et les motifs qui les poussent à désirer un roi. Le pays en effet est privé de souverain depuis la mort de Charles le Gros, pendant que des troubles intérieurs l'agitent et que les païens normands ou sarrasins profitent de cette situation pour piller un royaume dépourvu de défenseur. Louis paraît tout désigné pour être investi de ces fonctions de roi, tant par ses qualités, son heureux naturel, son impériale naissance, que par l'appui que lui prêtent le pape
1. La lettre est perdue, mais est mentionnée dans les actes de Valence.
2. Louis compte ses ans de règne comme roi très probablement à partir de son couronnement à Valence. Mais nous ne possédons que deux diplômes de lui ayant l'an de règne et la date de jour (Cai-lid. de Grenoble, éd. Marion, p. 65 et 72). Le second montre que la date du concile est postérieure au 12 août 890. Mais les actes n'ont point de date de jour et c'est à tort que Pertz (Mon. Germ., LL.. t. I, p. 558) a cru pouvoir, d'après l'indiction, placer cette date antérieurement au 1«'' ou 24 septembre. Mais certains actes d'assemblées analogues sont certainement datés d'après l'indiction du 25 décembre, 'i'els sont ceux de Foron, novembre 878, indiction xi (BoRi-Tn's-KRAiisi:. t. II, p. Ifi'.i); de Mayence, octobre 852, indiction xv (Jbid., p. 195); de Thionville, octobre 84'i, indiction vu (ibid., p. 112). — Il semblerait plutôt, d'après les dates de deux autres diplômes (I/ist. de Fr., t. l.\, p. 678 et 679), que le point de départ soit postérieur au mois de septembre.
3. Les souscriptions de ces évoques devaient figurer à la suite de l'acte, dont la dernière plirase semble les annoncer, mais elles n'ont pas été conservées.
4. Ceux-ci ne sont pas mentionnés dans le procès-verbal de l'assemblée, mais il y est fait allusio!i dans la formule de date d'une cliarte du 27 mars 893 « vocato atque electo a magnatis principibus regionis hu- « jus Ludovico rege « ((larhd. de Saint-Maiirire de Vienne, n" 155). On trouve une formule analogue dans un autre acte publié dans le Gall. Christ., t. XVI, instr., col. 11.
5. Ce dernier parait bien être un comte du pays des Mamans (DuK.MMi.KR, De Arnnifo, ]). 58, et Boretuîs-Khause, p. 377). ("es deux auteurs identifient aussi Heoculfus avec révè(|ue de Coire, Tliiadulfus. Les fautes de lecture de Paradin i-endent l'bypolhése possible.
6. Il ne nous est parvenu que par l'interuiédiaire de Paradin. La dernière édition est celle de Boiurrn's-Kr.AUsE, t. II, p. 376.
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Etienne et le successeur de l'empereur Charles, Arnulf, dont les envoyés assistent à rassemblée, et qui a donné ou fait donner à Louis l'investiture par le sceptre '. A la vérité, le prince est un peu jeune encore pour tenir tète lui-même aux ennemis du dehors et du dedans, mais avec le secours du duc Richard et de la reine Ermengarde, grâce aussi aux conseils des prélats, il sera certaineinent capable de venir à bout de cette tâche difficile. C'est donc sur lui que les membres de l'assemblée ont porté leur suffrage. Mais il faut encore remarquer qu'en théorie" et à leurs yeux ni les avis du pape, ni la concession impériale ne constituent en faveur de Louis un droit. 11 y a eu élection par les prélats réunis à Valence, sans que les avantages précédemment énumérés soient une raison absolue pour que Louis parvienne au trône; ils sont seulement considérés comme une garantie en faveur du choix qui vient d'être fait. Si donc Louis est roi, ce n'est pas parce qu'il est fils de roi% petit-fils d'empereur, désigné par le suzerain, c'est parce qu'il est l'élu des grands et des évéques et qu'il va recevoir de ceux-ci l'onction sainte*.
Le royaume que l'on venait de créer, ou plut(3t de reconstituer ainsi, était certainement moins étendu que ne l'avait été
1. C'est en ce sens que nous croyons qu'il faut entendre les mots: « per suum sceptrum... perque legatos... fautor auctorque regni com- « probatur ».
2. « Ut... Ludovicum... regem constituèrent — ; exploravimus... si « hune constituere debueremus — ; nuUus melius rex fieri debuisset — ; « Ludovicum elegimus ». — Tout cela est, sans doute, en partie de la formule, mais est néanmoins intéressant à relever au point de vue de la théorie du pouvoir royal dans les états qui se créaient des débris de l'empire. — On peut rapprocher de certains passages des actes les formules de prières du sacramentaire d'Arles : « ut famulus tuus « Hludovicus ad peragendura regalis dignitatis officium inveniatur ». Ce sacramentaire donne à Louis le titre de roi. Il date donc, par conséquent, des dix dernières années du ix<^ siècle (L. DELibLE, Mémoire sur d'anciens sacramenlaires. p. 151-152).
;j. Cette allusion à Boson est intéressante à relever. Elle prouve qu'on admettait un lien entre les deux royautés.
4. « Ungendum decrevimus » disent les actes. Le sacre n'est mentionné par aucun texte narratif, mais il semble bien qu'il y soit fait allusion dans la date d'un acte de vente de biens sis en Viennois : « Anne « 1" quo Ludovicus benedictus fuit ad regem » (Chartes de Clunij, n» 42). Les actes de l'assemblée semblent avoir été, comme ceux de Mantaille, connus au moins indirectement par Hugues de Flavigny, Chron. Virdun. (Mon. Germ.,SS., t. VIII, p. 356). « Cui [Bosoni] successit Ludo- « vicus filius ejus anno DCCCXCI adhuc juvenis auctoritate papae « Stephani sub tutoribus Richarde duce et regina. »
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à ses débuts celui de Boson. La Provence proprement dite et le Viennois en faisaient certainement partie ; l'autorité de Louis fut dès le commencement de son règne reconnue à Lyon ' ; mais il n'en était pas de même dans les 2)agl bourguignons jadis soumis à Boson. Du coté de la province de Besançon il j avait également diminution, puisque le métropolitain Théoderic reconnaissait Rodolphe I''"' de Haute-Bourgogne, Sur ce point, il est vrai, la frontière semble avoir été quelque temps indécise. Louis, au début de son règne, ou plus exactement sa mère en son nom, avait étendu son autorité sur la partie méridionale de l'Escuens", en profitant sans doute des luttes de Rodolphe P'' contre Arnulf. Mais avant les premières années du x" siècle, ces pays avaient fait de nouveau retour au royaume de Haute-Bourgogne ^ Un autre démembrement au profit de Louis avait encore menacé le royaume rodolphien. Les hostilités en 894 recommencèrent entre Rodolphe et Arnulf. Celuici au retour d'une assez malheureuse expédition en Italie avait trouvé les passes des Alpes défendues par le comte d'Ivrée, Anscher, l'un des fidèles de Gui de Spolète, assisté de troupes bourguignonnes*. Il avait dû prendre, pour regagner la Germanie, une autre route (arrivant à Saint-Maurice en contournant les passes du grand Saint-Bernard) qu'il avait falUi se frayer de force malgré la résistance de Rodolphe ^ Aussi quand, au mois de juin'', Arnulf fut de retour à Worms, prit-il des mesures pour se débarrasser de son adversaire. Il paraît avoir d'abord songé à donner à son bâtard Zwentibold l'investiture de l'ancien royaume de Lothaire II, c'est-à-dire de la
1. LoNGNON, Allas, texte, p. 82. Le premier diplôme de Louis e.4 accordé à l'église de Lyon (Cart. de Grenoble, p. 72).
2. Notice de l'assemblée de Varennes, cf. supra, y>. I5i, note 2. Nous avons aussi la preuve que dès le début (lu règne de Rodolphe, ("lenève faisait partie des états de ce prince. C/estàlui, en effet, que s'adressent le métropolitain de Vienne et ses deux suffragants de Grenoble et de \'alence pour faire contraindre Dernier, évêque de Genève, à venir à un synode tenu à Vienne, et auquel ce prélat avait été en vain convoqué (Cartul. de Grenoble, p. 257-259; Reyesle Genevois, n°« 112 et 113).
3. Diplôme de Rodolphe I de 90.'}, pour les moines de Clinny (llist. de Fr., t. IX, p. r,92).
4. « Cum satellitibus Rodulfi régis de Rurgiindia. » (Ann. F nid., p. 12'..)