KTENDUE DU ROYAUME DE PROVENCE
Arment ce qu'il était permis de conclure de l'interprétation des textes annalistiqucs, plutôt qu'ils n'apportent des renseignements nouveaux. Il faut cependant faire une exception en ce qui concerne le Vivarais et l'Uzège; les chartes permettent de vérifier que ces deux diocèses, rattachés depuis le v" siècle cà la Provence par la conquête franque, et attribués par le partage de 843 à l'empereur Lothaire ', faisaient partie encore du royaume do Charles, mais c'est là le seul point sur lequel, les textes narratifs laissant quelque doute, les diplômes peuvent fournir des renseignements complémentaires ■. En somme, ce que l'on peut dire de plus général et en même temps de plus certain, c'est que l'empereur Lothaire, en réunissant les deux unités territoriales alors existantes et désignées sous les noms de Provence et de Duché de Lyon pour en constituer la part de son plus jeune tîls, faisait de celui-ci le souverain des pays compris entre la mer, les Alpes, la limite septentrionale des diocèses de Maurienne et de Vienne, et le Rhône, augmentés de la portion du jkujus Liujdunensis qui s'étendait sur la rive droite du tieuve, et sur cette même rive du Vivarais et de l'Uzège.
Le souverain qui régnait sur les États dont les limites viennent d'être ainsi déterminées, Charles de Provence, ou Charles le Jeune, comme l'appellent certains historiens modernes ^ est certainement, parmi les rois de l'époque carolingienne, la figure la plus effacée '*. La date de sa naissance est à peu près inconnue. Le mariage de ses parents, l'empereur Lothaire et Ermengarde, fille du comte Hugues de Tours, est du mois
p. 213, cité, n. 2). non daté, mais qu'il faut rai)procher de ce procèsverbal et placer en 859.
1. LoNGNON, Atlas histor., ])[. VI, n" 2, et Parisut, Le roijaume de Lorraine, p. 16.
2. A moins que l'on ne considère comme certain que le \'ivarais dépendait du ducalus Lugdunensis.
;j. LoNGNON, Atlaa hisL, texte, p. 74. Ce nom est moderne, semblet-il. Au moyen âge, Aunni de 'I'rois-Fontai.nes (Mon. Germ., SS., t. XXIIl, p. 738) emploie Texpression de « Carolus junior », mais c'est pour distinguer Charles de l'rovenc(! de son oncle et homonyme le roi des Francs occidentaux. Ce n'est donc pas un surnom datant du moyen âge, a fortiori pas de l'époque carolingienne comme celui de Cliarles le Chauve.
4. 11 l'est si bien que, dès 880 environ, le continuateur d'L'rchempert (Mon. Germ., SS., t. II, p. 329) traitant du partage entre les fils de Lothaire I, ignore son existence.