SITUATION DES EGLISES
drale, qui rédigent les préceptes royaux à côté des chartes de l'église*.
Louis d'ailleurs, comme tous les rois carolingiens, est obligé de s'appauvrir de plus en plus, non seulement en donations à ses fidèles ^ mais encore en concessions aux églises de terres ou de droits. Il ne fait du reste que suivre sur ce point les exemples de Charles de Provence et de Boson. Aussi les archevêques et les évoques provençaux, ou plus exactement les sièges cathédraux, sont-ils de grands propriétaires. L'église de Lyon a des biens en Lyonnais, en Viennois, en Sermorens, en Graisivaudan, sans parler de ceux qu'elle possède en dehors du royaume de Louis en Autunois, en Beaunois, en Portois, en Chalonnais, en Bassigny, en Brionnais et dans ^Escuens^ L'église de Vienne est possessionnée en Provence* et en Aqui-
du reste, dans la souscription des diplômes le titre d'archichancelier. Pour les autres, la formule de récognition porte simplement « ?s'. iXo- « tarius ad vicem Barnoini (ou Ragamfredi) recognovi et ss. ».
1. Nous savons, par un diplôme de Louis lui-même, que Thion, un des notaires de Rainfroi et d'Alexandre, était clerc de Téglise de ^'ielme (Bœiimer-Mueiilu., n'^1474; liisl. de Fr., t. VllI, p. 416) et qu'un autre de ces notaires, Ubold,qui fut plus tard chanoine de Saint-Maurice (^rt/-tul. de Saint- Andvé-le- Bas. éd. Chkvalliir. n" 33*) était son neveu. Tous deux rédigent des chartes de la cathédrale {ib., n"^ 17*, 20*, 21 J ; il en est de même du notaire Elie, qui, d'ailleurs en général dans la souscription des diplômes, ne porte q ue son titre ecclésiastique de diacre.
2. Un assez grand nombre de diplômes de Louis l'Aveugle sont des donations à des particuliers: au comte Adalelme (Carttd. de Sdiul- Andrè-le-Bas. éd. Ciievalh-r, n" 12*), au vicomte de Vienne, Bérillon (ihid., n" 11*), à un parent de ce dernier, ¥A\ge\hevi{(]liai lesde ('Aunij, n"^ 223 et 237) ; aux prêtres Drogoii (j). just., n" II), Raymond {Ilisl. de Fr., t. IX, p. 680-6.S1), André (Caiiiil. de Saint-. \n'dré-le-Bas. n" 12*); à des « fidèles du roi » ; Aimoin {Chartes de (lluny, r\" 70). Bernard et Teutbert (I/ist. de Fr., t. IX. j). 681). Girard (Cartul. de Saiid- Andr(''-le-lias. n" 16*), Sterchier(.-l/r//. Vauciuse. G.6.f. 9), Bon (C/;^/7-^'.sde Cliiiij/, n"* 242, 245, 246, 247). 'i'outes ces concessions portent naturellement sur des terres du fisc, qui cesseront désormais de faire jjartie du domaine du i-oi et d'être pour ce dernier une source de revenus.
3. Les pafji où se trouvent à cette épo(jue les domaines de l'église de Lyon sonténumérés dans les confirmations générales des biens de cette église accordées en 878 par Louis le Bègue (p. just. n" I) par Louis de Provence en 81)2 (Boimimeh-Mi'hiii,!!., n"ri'i8); (lurtul. de Grenoble, éd. Marion, p. 72, 15. \.\i), en DIO par le pape Serge in (Chevalier, Documents inédits relatifs au Lyonnais, p. 'i, .Il'I'fe, n"35'i5.)
4. Charles de Provence (B()i;iiMi;iî-.Mi'i:iiEB., n" 12;»3 : Ilisl. dr l'r.. t. \'I1I, p. 31)7) et Boson (B()i:ii.\iElî-I\!i;i;!il,iî., n"1446; llist. de l'r.. \. IX, ]). ()71) avaient (léj;'i restitué des biens à celte église, à ia(|uelle Louis l'Aveugle accorda cin(| diplômes ([!()i;ii.\iEii-Mi;i;iiMi,, n"« 1474 et l'i75 ; J/isl. de Fr., t. VIII, p. 415 et 416, et Cartul. do Saiid-.\iidrè-le-lias. n" 21*, Gallia Christ., t. XVI, instr. col. 15; donation mentionnée dans
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taiiio'. Le métropolitain d'Arlos obtient de Louis la cunfirination (le diverses abbayes", en môme temps que d'autre part se constitue le domaine territorial de l'évêché d'Avignon ^ Ce ne sont pas d'ailleurs seulement des terres qu'obtiennent les églises, mais aussi des concessions de droits fiscaux. L'archevêque d'Arles a reçu le droit de percevoir les péages du port de sa cité et letonlieu, ainsi que le jus mom'tae\ C'est à lui cfu'appartiennent également les droits que l'on peut lever sur les Juifs''. Les évoques d'Avignon possèdent par largesse royale
une charte du comte Hugues, (inll. Chr., ib., 14, et contirination g-énérale des biens en faveur de l'arclievôque Alexandre, indiquée dans un diplôme de Conrad le Pacifique. Cartul. de Saint-André, p. 2V2).
1. Diplôme de Charles le Chauve pour l'archevêque Agllinar (///.s/. de Fr.. t. YIII, p. 675). — Sur l'attribution de ce diplôme, cf. «///"/-rt. p. o47.
2. B(EHMER-Mui;iiLB.. n" l'i81, Ilisl. de Fr., t. IX, p. (385. Ce .sont les abbayes de Notre-Dame de Gourdaigne au diocèse d'Uzcs, d'Aniane et de Cruas. Quant à la réalité des droits sur .Xniane, cf. suprn. p. Hi7. n" 4. Cruas avait déjà été concédé à Roland [?] d'Arles par Lothaire H (cf. A. DopscH, dans Millh. des Insl. f. Œ. GF., t. X\'l,p. 219, n'^ i;J) et confirmé par Boson) llist. de Fr., t. IX, p. 672).
3. B(*:HMER-Mui:HLi?.,n"^^ 1477,1479,1480, flist. deFr.. t. IX, p. 683, 684, 686. Le premier de ces actes est une contirmation générale des préceptes de l'évêché; le second contient la donation du village de I5édarrides (Vaucluse, arrondissement Avignon, chef-lieu de canton). Louis concéda, en outre, à titre personnel, à Tévêque d'Avignon, Fouquier (1}(JEIIMER, n" 1478, Hist. de Fr., t. L\, p. 685) divers Ijiens qui par le testament de cet évéque allèrent grossir le domaine épiscopal ; cf. Manteyer, La marche de Provence et Vèvèchè d'Avignon, positions, p. 62. — .Nous n'indiquons ici sur ce sujet que les diplômes royaux, nous contentant de renvoyer au travail de .M. de Manteyer pour ce qui concerne les générosités des particuliers, dont pour cette époque nous ne connaissons d'ailleurs qu'une seule, la charte de donation de Landoin, relative à Saint-Laurent-des-Arbres. Cf. Durano, Me'm. sur Saint- Laurenl-des-Arbres, dans les Mcm. deVAcad. de Vaucluse, t. XI (1892), p. 133 et suiv.
4. Diplôme cité n. 2. .\rles était un port important. C'était là, on se le rappelle, qu'était venu débarquer Jean VIII ; le diplôme de Louis l'Aveugle mentionne des commen-ants grecs qui viennent y trafiquer. Des vers de Tuéuuulf (Adversus judices, Poetae lat. medii aevi, t. I, p. 497) font également allusion à sa prospérité:
nos tandem opulenta recepit
Urbs Arelas...
Urbs .-\relas, aliis quae pluribus urbibus extat Prima...
Cf. FLonrs, De P,eliquiis Cijpriani (ihid.. t. Il, p. 545): Arelas opima portu...
5. Diplôme cité, n" 2. — Il est à plusieurs reprises question do ,luifs dans les diplômes de Louis de Provence (Ilist. de Fr., 1. 1.\, p. 675, Cart. de Saint-André-le-Das, n" 16*, Chartes de CJuwi, ii" 247). Il est vraisemblable qu'ils étaient nombreux dans le royaume de Provence, comme en général dans le Midi, car eux ou leurs terres sont men-
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le tiers des droits du port de la cité' et la moitié de ceux perçus à la descente du Rhône ^ Les évêchés d'Apt '', de Grenoble*, d'OrangeS d'Uzès^ de Valence'', de Viviers ^ sans parler des libéralités faites à titre personnel à certains évèques^ ont également reçu, de Louis lui-même, ou de ses prédécesseurs, des donations plus ou moins importantes.
Mais l'Église a à défendre ces possessions contre les empiétements de la féodalité laïque qui commence à se développer. Dès l'année 855, un concile tenu à Màcon'", mais auquel assistaient les métropolitains de Lyon et de Vienne, prononce des peines contre les séculiers envahisseurs de domaines ecclésiastiques. Cela n'empêcha pas le duc Girard de posséder des bénéfices de ce genre" et de songer à mettre la main sur les biens
tionnés aussi dans un certain nombre d'actes privés (cf. p. ex. Cariul. de SaiiH-André-le-Bas, éd. Chevalier, n"'' 5, 49, 91, 99, 100, 110, 105, 129, 23 4, 2*, 4*, 42*) et les noms hébraïques sont assez répandus dans un pays où l'on rencontre dans les premières années du x*^ siècle, un Manassé, archevêque d'Arles, un Isaac, évèque de Grenoble. On attribuait même à saint Ultraia, archevêque de Vienne au vin^ siècle une origine hébraïque (Séries Episc. Viemi., Mon. Gcrm., SS., t. XXIV, p. 814) ; mais il est impossible d'avoir grande contiance dans le texte qui nous a transmis ce renseignement.
1. Bœiimer-Muehlp., n" 1477, ///s/. deFr.,%. IX, p. 683; Manteyeu, ibid.
2. B(F,HMEU-Mui:nLB., n" 1478, lIUl. de Fr., ibid.; Mantever, ibid.
3. Diplôme de Louis de Provence de 896 (B(>:HMER-Mui:in.B., n" 1450, Ilist. de Fr., t. IX. p. 676).
4. Diplôme de 894, confirmant une donation antérieurement faite par Boson (B(ï-:nMER-MuEiir,n., n" 14'i9; Cartiil. de (h'ennble. A. xxvii, p. 65).
5. Diplôme de Charles de Provence, llist. de Langued., t. II, col. 336.
6. Diplôme de Louis de Provence de 896(B(EH.VER-ML;EiH.ii., n" 1452: Ilist. de Fr.. t. L\, p. 678). C'est une restitution de biens, mais à ceux-ci sont ajoutés par l'acte deux domaines dépendant du fisc royal.
7. Diplôme sans date de Louis l'Aveugle (Ifist. de Fr.. t. IX, p. 685).
8. Diplôme de Charles de Provence du 25 août 862 (Bckiimer- MrEiii.RACMER, n" 1298). — 11 faut joindre à cette liste d'évèchés bénéliciaires de préceptes de Louis les abbayes de Saint- Victor de Marseille (cf. p. 191, n. 5), de Saint-Chef en Viennois et de Tournus (cf. .nv/j/v/. p. 161).
9. Fouquier, évèque d'.\vignon (cf. p. 199, n. 3), Amelius d'L'zès(cf. p. 204, n. 1), Isaac de (Irenoble, qui dans le diplôme pour son église cité n. 4 obtient en même temi)s confirmation de ses biens jjersonnels.
10. Concile tenu en 855 à Màcon, publié et étudié i)ar Maassen, Fixf biirg. Synode vom Jahre 855, dans les Sil:utt;/brrir/ile dcr Wiener Akddewie, t. XCIl, p. 599 et. suiv. Ce concile re])rit une partie des dispositions de celui qui avait été tenu à Valence la même année. — cf. le C. 1. « Hisqui resecclesiac débitas vol proprias occupaverit, rotin uerit et « agnilojurc ecclesiae non statim cas restituerit aut pro hoc in judicio « electoi'um distulerit, quouscpie restituerit ipsas res, communione i)ri- « vetur. »