Chartes de C/iniy, n
G. Cf. le tableau généalogi(jue ci-contre.
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:>12 RNTREVUR DE HUGUES D'AULES ET DE RAOUL [Mars 92i]
hypothèse, aucun lien de parenté ne paraît rattacher Charles à la famille des souverains de la Bourgogne. 11 parait vraisemblable, par suite, d'admettre une sorte d'assimilation, à cette époque oii la bâtardise n'était point vue de mauvais œil\ entre Charles-Constantin et le fils d'Adélaïde. Conrad le Pacifique reconnaissait pour ainsi dire au fils naturel de Louis l'Aveugle la qualité de membre do la famille royale, comme il lui avait reconnu celle de comte de Vienne ^
Sur l'histoire en quelque sorte extérieure de la Provence durant la régence du comte Hugues, l'on ne sait à peu près rien. Louis paraît avoir vécu en bonne intelligence avec ses voisins, tant avec Richard le Justicier et ses enfants qu'avec Guillaume le Pieux, fils et successeur de l'ancien adversaire de Boson, Bernard Plantevelue. Guillaume avait d'ailleurs, à une date indéterminée, mais sans doute assez peu antérieure à 898, épousé la sœur de Louis, Engilberge'', qui vivait encore
1. P. Vioi.LET, ///.s7. (les inslilulioiis jwliliqiies, t. I, p. 241 ; Droit privé, p. 466.
2. GiNGiNS (Boaonides, p. 189-190) a cru devoir donner un troisième fils à Louis l'Aveugle: Geilin, comte de Valence et de Die au x« siècle. Le peu que nous savons de ce personnage se réduit à quelques jnentions fournies par un diplôme de Conrad le Pacifique de 956 (Jlisl. de Fr., t. IX, p. 697); et par des chartes d'une époque voisine de celle-ci {Cartul. de Saint-Cha/pre, éd. Chevalier, p. 112-115). Ces actes nous apprennent qu'il avait eu une femme du nom de Gothelina, et une autre de lîaimodis (cf. J. Cmevalieu, Mémaires pour servir à riiisloire des comtés de Valentinois et de Dioù. p. 137-140). Un autre Geilin est également mentionné à une époque postérieure (Ca/7^//. de Saint-(]li<(IJ're, p. 116). Geilin I, possesseur du comté de Valence en 956 et 962, date à la(iuelle il est remplacé par un certain Lambert, est bien un contemporain de Charles-Constantin; mais rien dans les chartes que nous avons citées, non plus que dans le nom porté par le personnage, ne vient à l'appui de l'opinion de Gingins. Le seul argument que ce dernier ait pu produire en faveur de sa thèse est qu'au bas d'un jugement rendu par Conrad le Pacifique (Charles de (J/uin/, n" 622) figurerait l'indication suivante : « Geilinus tilius Ludovici presens fuit ». Il cite à l'appui de ce dire- de prétendues variantes du nom, notamment celle de « Genrieus » qui serait fournie par les llist. de Fr.. t. I.\, p. 696. Ces variantes sont une invention de l'érudit suisse. La véritable lec^ture, celle de P. de Rivaz sur l'original, la seule que signalent MM. Bernard et Hruel dans leur édition des Charles de Chnii/, es\ Anriciis. Le comte Geilin de Valence n'a donc rien à voir avec la famille de Boson. Quant à cet Anricus, qui ne nous* est point connu d'ailleurs, il semble bien douteux, en l'absence de toute qualification jointe, au mot Ludovici, qu'il faille en faire un fils de l'empereur Louis l'Aveugle.
3. Klle parait pour la première fois dans une charte de Guillaume le Pieux, en faveur de Saint-Julien de Brioude, donnée « aniio qun mortuns est odo rex f'rancoi'uin vol A(|iiitannriim », c'est-à-dire en 898
[Mars 92i] ENTREVUE DE HUGUES D'ARLES ET DE HAOUL 213
en 018'. Les sources narratives no mentionnent d'autre part aucune tentative des souverains de la Gaule ou de la Bouro-ofrne Jurane pour s'emparer d'une portion quelconque du royaume de Louis, au moins du vivant de ce dernier. Leur activité s'était tournée d'un autre côté, vers la Lorraine, vers les établissements des Normands, ou vers l'Italie. Leurs Annales n'indiquent aucun événement qui les mit en relations avec l'empereur Louis antérieurement à 924. Au commencement de cette année, après le mois de février-, le roi Haoul avait en Autunois, sur les bords de la Loire, avec le duc d'Aquitaine, Guillaume II, comte d'Auvergne ■\ une entrevue ;i laquelle assistaient un certain nombre de prélats et de grands laïques appartenant surtout à la Bourgogne''; le comte Hugues de Vienne prit également part à l'assemblée". Mais la présence de ce dernier n'implique certainement pas'' de sa part la reconnaissance d'une suprématie quelconque du roi Raoul; le désir d'assurer la continuation de la paix qui avait régné sans interruption, depuis la mort de Charles le Gros, entre le royaume de Provence et les souverains des royaumes francs, suffit à expliquer la présence à l'assemblée du puissant comte de Vienne et d'Arles. Le seul résultat que nous puissions
(Cartul. de Brioude. n" 309). Sa mère n'ayant épousé Boson (ju'en 876, si Fngilberge ne s'est pas mariée très jeune, elle ne peut avoir épousé Guillaume beaucoup d'années avant 896 ou 897.
1. Cartul. de Sauxillniif/es, iv l'iô. Elle avait eu de Guillaume un fils nommé Boson qui mourut jeune.
2. Raoul est à Autun le 29 février 924 et y donne un diplôme pour le monastère de Saint-Symphorien (I/t'st. de l'r.. t. IX. p. .562 ; Lum'eut. Kfinitj Ui'idolf von Fra)ikreicli. catal. n" l). L'assemblée eut lieu dans le pays d'Autun, et au commencement d'avril le roi était de retour à (Jhalou {lli^t. de Fr., t. IX, p. 563 : Lippeut, op. cil., catal. n" 2). C'est donc vraisemblablement au mois de mars qu'il faut placer l'entrevue.
3. Qui avait, en 918, succédé à son oncle Guillaume le Pieux (D. VaissÎdte, Ili.'it. de Languedoc, t. Il, p. 311).
4. Les deux comtes Hugues et les tils de .Manassès de Vergy. Parmi les évèques se trouvaient .\nsegise de Troyes. Abon de Soissons, Adalard du Puy. Cf. Lipf^ert. Konif/ Rudolf, p. 40-41.
5. P^LoDOARi), Annales, a. 924: Mon. (îerm., SS., t. 111, j). 373 : « ... ab Hugone de Vienna, qui eidem colluquio intererat. »
6. C'est ce qu'admettent aussi Kalckstein, Gesr/i. dex franz. /v/i/uV/.s'tums unler tien emlen (Aipelinf/ern. p. 166 et Lum'EUT, op. cil., p. 'lO. Au contraire, D. Vaissî^te (///.s7. de fjinr/uedoc. t. IV, p. .")3-.t'i) croyait à une reconnaissance de Haoul par Hugues, mais en supposant, il est vrai, Louis l'.Vveugle mort à cette date, et rattachait à ces événements la soumission de Charles-Constantin à Uaoul, puis à Louis IV d'Outre- Mer.
214 INVASION HONGROISE [92i]
constater, ce sont qnelqnes marques d'amicales relations entre les deux princes. Séulf, archevêque de Reims, obtint pour son église la restitution des biens de saint Rémi sis dans le Lyonnais, biens dont elle avait perdu la possession depuis le temps de l'archevêque Foulques'. Raoul, d'autre part, quelque temps après, confirmait à l'abbaye de Saint-Martin d'Autun des biens sis en Provence, dans les comtés de Vienne, de Vaison, de Fréjus, c'est-à-dire dans des pays qui ne cessaient point de reconnaître l'autorité de l'empereur Louis l'Aveugle '.
Hugues ne dut point rester très longtemps en Autunois, car l'invasion qui menaçait le royaume à lui confié nécessitait, sans doute dès le commencement d'avriP, sa présence dans les états de Louis. Les Hongrois, en effet, venaient de franchir les Alpes. Leurs bandes, sous la conduite du chef Salard, que, depuis 922'', Bérenger employait dans sa lutte contre Rodolphe de Bourgogne et ses partisans italiens, s'étaient emparées de Pavie et avaient saccagé la ville le 12mars924'. L'évôqueJean avait péri, ainsi que Rainfroi évèque de Verceil, et les rares habitants échappés au massacre avaient cà grand' peine racheté les débris sauvés de la fureur dévastatrice des Hongrois. Il est bien probable que ces ravages n'avaient pas satisfait Bérenger; d'autre part le désir d'éloigner d'aussi dangereux alliés, autant que celui d'inquiéter son compétiteur Rodolphe II dans ses états de Bourgogne jurane où il s'était momentanément retiré ^ dut le déterminer à favoriser le passage des Hongrois en Gaule'. Les Magyars franchirent les Alpes, sans
1. Flodo.mu), loc. cil. Il dit, en parlant decette terre, «de qualleri- (( veus nihil habuerat ». Le prédécesseur d'Hervé, Foulques, fut assassiné en 900. 11 ne semble pas qu'il y ait de raison pour qu'à cette date ri'Iglise ait pu être dépouillée de ses biens. La mainmise effectnée sur eux par les rois de Provence date peut-être de répo(iue troublée qui suivit la mort de ('liarles le Gros.
2. Jlist. de F)'., t. IX, p. 563; Ln>PERT, op. cit., catal. n" 2.
:{. FLonoAUD dit que la mort de Bérenger (7 avril) eut lieu durant l'invasion.
'i. DuEMMLEii. (lesta Ilcn-iif/.. ]). 51, n. 1 ; DussiEt'x, Invasious des J/oiir/7'ois, p. 36.
'>. ÏAurvnKSl), Antapodosis. 1. 111, c. 2, donn(> la date de jour. Ses indications chronologu^ues paraissent acceptables et concordent avec celles du CJiron. NinKuilutanxm.