COURONNEMENT DE HUGUES, HOI D'ITALIE
couronne d'Italie ', qu'il devait porter sans concurrent pendant vingt ans, chose sans exemple dans ce pays depuis le temps de l'empereur Louis II. Hugues, en effet, avait des qualités personnelles qui devaient assurer son succès. Audacieux et rusé^ libéral envers les pauvres et les églises des trésors qu'il amassait^ ami des lettres, mais énergique et sachant se faire respecter, au besoin par des actes de cruauté', intelligent et sensuel, il était fait pour gouverner ce pays". Aussi, lorsqu'il laissa la couronne à son fils, les écrivains italiens eurent pour lui des éloges^ Mais à partir de son couronnement, l'histoire
t. LuJTPRAND, Atitapodosis, 1. 111, c. 18; Flodgard, Ami., a. 926, p. 376; CoNST. PoRPHYROGÉNÈTE, /. cit. Citron. Farfense, SS. RB. Ital., Il, II. col. 47; Ann. Farfenses. brèves, a. 927 (// Regesto di Farfa, t. Il, ]). 10); Calai. Ambrosiaiiua {SS. lier. Lanrj., 520, et Cipolla, Monumenla Novnliciensia, t. 1, p. 415). Dans le courant du mois de juin 926, Rodolphe est encore reconnu dans l'Italie du Nord {Cad. Dipl. Lantj., i\° D.xix). L'arrivée de Hugues à Pise doit être de la deuxième ])artie de ce mois. Le Calai. Ambrosianux met la mort de Hugues au 10 avril 947, après un règne de 20 ans 9 mois et 3 jours, ce (jui mettrait le point de départ de ce règne au 7 juillet 926. Kœhmer adopte la date du 9 qui est celle du dimanche le plus rapproché du 7. Mais l'élection et le point de départ des ans de règne pour les catalogues peuvent être le 7 et le couronnement avoir eu lieu le 9. Nous ne connaissons pas de diplôme pouvant éclaircir la question. — Le premier acte de Hugues comme roi d'Italie est daté de Vérone et du 7 août 926 (B(E1Imer- MuKHLB, n" 1372 ; Muratori, Ant. Ital., t. I, col. 851).
2. LiuTPRAM), Antapodo.'ii,<, 1. III, c. 19. « Non minoris scientiae (juam « audatiae, nec inhrmioris fortitudinis quam calliditatis. » Grâce à Liutprand, Hugues d'Arles est l'un des rares souverains de cette époque dont nous connaissions un peu le caractère.
3. LiUTPRAND, loc. cil. Nous savons qu'il fit plusieurs donations à l'abbaye de Cluny et les Miracula Sancti Columbani (Marii.lon, Aria Saurl.
0. S. Ben., saec. 11, p. 44) vantent aussi ses libéralités à l'égard du monastère de Robbio. La vie de l'impératrice /\déla'ïde. par Odilox de Ci.tiny (Bibliolh. Cluniac, c. 354) le qualifie de « rex Italiae ditissimus ».
4. LiUTPRAND, Atdapodosis. 1. III, c. 39: « Neque hune, ut ceteros « reges flocci pendere, verum etiam modis omnibus honorare. » Do- Mzo, dans sa Vïla Malhildin {SS. rer. liai., t. V, col. 3'i6) vante aussi l'administration énergique du roi Hugues :
Ausus erat nullus minimus vi tollero sumptus. . .
5. LurrpRANi) {Anlapodods, 1. III, c. 19) ajoute, en effet: « Etsi tôt « virtutibus clarebat, mulierum tamen illicebris eas foedabat » et au
1. IV', c. 14, il entre dans des détails circonstanciés sur les uombi'euses concubines du roi et les enfants qu'elles lui donnèrent.
6. DoNizo {loc. cit.), qui cependant n'aime pas les « Bourguignons», dit en ])arlant de Hugues d'Arles :
l']x populo bruto rex optimus extitit Hugo. Kx Allobi'ogibus patribus fuit ipse creatus, ()uem fecit regem gens Longobarda deccnter, .\tqu(' i)ie juste regnuin régit i1alicuin(iue.