CONDITIONS DE LA LUTTE CONTRE LES SARRASINS
ix" siècle, une véritable llolte que nous avons vu en 859 infliger plusieurs défaites aux pirates normands'. Sur terre, Ekkehard parle d'une grande aptitude des Sarrasins aux escarmouches dans les montagnes et, l)ien que certains de ses récits relatifs aux invasions soient suspects, ce détail peut être exact, les Sarrasins s'étant avancés jusqu'à Saint-Gall'.
Il ne semble pas d'ailleurs que jusqu'au moment de la captivité de saint Mayeul l'on se soit beaucoup occupé de résister aux Maures. Aucun texte narratif ne signale de bataille livrée contre eux, comme si les chrétiens, frappés de terreur, n'avaient pas eu le courage de se défendre''. L'on peut constater par les chartes et par divers textes, à Vienne, à Avignon, à Arles, la présence de comtes provençaux et d'évêques ; il en est de même dans le nord de l'Italie, dans le marquisat d'Ivrée; mais si les choses semblent suivre leur cours normal dans ces deux pays, la région intermédiaire, celle de la frontière italo-provençale semble absolument abandonnée à la fureur des envahisseurs par ses habitants épouvantés^. Aucun texte non plus ne parait impliquer une véritable prise de possession par les Arabes d'une grande étendue de pays. Ils dévastèrent de vastes territoires, les rendant inhabitables aux chrétiens, mais ne se fixent nulle part de manière à remplacer ceux-ci. Chartes et chroniques parlent des ravages exercés, du pays réduit en désert; aucun passage ne permet