Cf. supra, p. 23, n
2. CasusS. Gain, Mon. Germ.. SS..t. II, p. 137 : « Sarracenos (|Uorum « naturaest in montibus niultum valere.» KœPKEet DrE.viMLER, Ollodcr Gro'ise. p. 114, admettent le fait. Les Sarrasins à l'origine n'étaient pas bien nombreux même si l'on grossit quelque peu le nombre des premiers débarcjués. fixé à vingt par Liutprand. Mais ils se recrutent toujours par mer et reçoivent d'Espagne des renforts importants. Ils continuent à être en relations avec Abderrhaman. khalife de Cordoue, et lui payent tribut (Aiitapodosis. 1. I, c. 2). Ces relations étaient même assez notoires dans les pays chrétiens pour qu'en 956 Otton le Grand demandât au khalife l'évacuation du Frainet, sans succès bien entendu.
3. Le seul Ekkehard (Ca.sv/.s- .S. Galli. /oc. c?7.). parle d'une bande isolée surjjrise durant son sommeil par l'abbé de Saint-Gall à la tète d'une troupe de paysans armés de haches et de faux. Une partie fut exterminée; le reste s'enfuit ou tomba entre les mains de l'abbé. Celui-ci ne put, du reste, conserver ses prisoimiers ([ui se laissèrent volontairement mourir de faim.
4. LH;Tr'RAND, AnUip., 1. II, c 4: « Trepidare jam vicinae ceterae « gentes «, indique cette frayeur des chrétiens, malhourousementavcc des citations de l'Écriture au lieu de renseignements prét'is.
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de supposer une occupation durable par les infidèles des régions ainsi dévastées, en dehors du Fra.jinetum\
Les ravages semblent avoir été terribles, pires peut-être que ceux dont le nord de la France avait eu un peu plus tôt à souffrir de la part des Danois. Les rares textes qui nous sont parvenus sont unanimes à décrire « l'excès de ces misères dont le récit suffirait à former un volume" » ; à dépeindre « le pays transformé en solitude et des lieux jadis fertiles réduits à l'état de déserts'' », ce pays « où les Maures exterminent tout sans rien laisser' » dans leur « cruelle persécution' », que l'on affecte parfois, à la fin du x" siècle, de considérer comme le fouet de la colère divine''. Nous savons du reste que dès la fin du ix" siècle une messe spéciale était dite dans l'église d'Arles, « pour la persécution des païens' ».
Ce qui est peut-être non moins significatif que les textes que nous possédons, c'est l'absence même de textes. La série des chartes s'interrompt dans les cartulaires de Saint-Victor de Marseille et de Saint-Honorat de Lérins. Les listes d'évèques de la province d'Embrun, de la portion orientale de la province d'Arles présentent toutes une interruption dans la série chronologique des prélats pour la période qui correspond ;ï celle des invasions.
Cette invasion et les ravages exercés par les Sarrasins s'étendirent très loin au delà du FraxinetiDii territonum. La Chronique de la Novalaise** énumère assez vaguement comme
1. A la lin du X'' siècle, une cliai'te du (jirliil. de Saint-Viclor. n» 77, parle de la terre du comté de Toulon qui, après rexpulsioii des Sarrasins, commença « vestiri et a cultoribus coli ».
2. EKKEiivno, Casus S.Galli. Mon. (rerm., SS., t. Il, p. i;J8. L'auteur appartenait cependant aune région (pii eut relativement peu à souffrir des invasions sarrasines et où celles-ci ne furent que temporaires.
',i. Svius, Vita S. Maidli, c. 3. Aclà Sanct. BolL, mai. t. 11, p. (J68).