Lrri'PRAND, Anlap., 1. V, c
7. Fludovrd, Annales, a. 951, p. 401. — Ekkehmu) de Saint-CiAi.i. (Casus S. Gfdli, Mon. Germ., SS., t. 11, p. 137) rapporte, au sujet des Sarrasins et des Hongrois, une histoire extraordinaire d'après laipielle Conrad le Pacifique, roi de Bourgogne-Provence, aurait réussi à faire s'entre-détruire leurs deux armées, en promettant à chacun des deux pcujjles son alliance contre l'autre, pour en tin de compte toud)or sur les débris des deux troupes pa'icnnes et les exterminer, he peu qui en resta aurait été vendu comme esclaves par le vaincpieur sur les marchés de la ville d'Arles. Ce récit a passé da-ts iJEiNvri» {fiivas. des Sarrasins, p. 183), dans DrssiEi'X {Jnvus. des JIon;/ruis. p. 56-57), dans le
un système que Flodoard signale un peu comme une nouveauté'; et les Sarrasins le conservèrent sans doute jusqu'à la fin de leur séjour, car en 983 on les voit agir de la même manière vis-à-vis de saint Mayeul ; peut-être à la suite de leur défaite par Hugues ils avaient été réduits à la situation de simples bandes de pillards, peut-être aussi que l'état du pays, transformé par leurs longues déprédations en désert ne leur permettait-il plus de vivre uniquement de pillages".
De tous ces faits on peut, semble-t-il, tirer la conclusion que les bandes sarrasines se trouvaient établies presque à demeure dans les Alpes et que depuis le Frainet, leur centre d'action principal, elles dévastaient presque continuellement la « Gaule cisalpine », le pays à l'ouest des Alpes. Elles occupaient en outre les défilés de celles-ci, c'est-à-dire surtout les passages du grand Saint-Bernard, route la plus habituelle, au début du x" siècle pour les pèlerins se rendant en Italie^ et le récit de la captivité de saint Mayeul les montre détroussant les voyageurs, à leur retour, dans la vallée de la Dranse\
On a beaucoup discuté sur la nature de ce séjour, surtout en ce qui concerne Grenoble. Dans cette ville, dit le préandjule d'une charte célèbre de saint Hugues, « l'évêque Isarn, après la destruction des païens, lorsqu'il rétablit l'église de Grenoble,
Callia Christ. {I'Haiheai; (t. .\VI, col. 228); c'est ;i lui sans doulc que M. Beatlieu {Du srjour des Surrnxina en Savoie, dans les Méiii. de Ui Sor. des A)ili(j. de France, t. XVIII, p. 210 et suiv.) emprunte la mention d'une bataille qu'il suppose avoir été livrée aux Sarrasins par le roi Conrad dans les environs des Bauges.
Mais ce récit est invraisemblable par lui-même. Il a un caractère légendaire, et même épique par certains détails tels que les discours de Conrad. Plusieurs points sonl en contradiction avec les faits connus. C'est ainsi que l'expulsion des Sarrasins n'eut pas lieu à la suite d'une bataille livrée par eux aux Hongrois, mais à la suite d'une expédition entreprise en 983 par le manjuis de Provence. II ne semble donc ])as qu'il y ait lieu d'utiliser le récit fantaisiste d'Ekkehard.