‹ Le royaume de Provence sous les Carolingiens (855-933?)Chapitre 323 sur 482 · K(EPKE et DrEMMEEU, Otto der Crosse, j · texte numérisé non relu

K(EPKE et DrEMMEEU, Otto der Crosse, j

4. RAdiL Glaijku, llist., 1. I, c. 9, éd. Pikh, ]>. 12; Svius. \ila S. Maioli (Maiuli.on, Acta. Snnrl.ord. S. lien., s. \', }>. 80U). D'après le l'esté du récit, le saint et ses com])agnons venaient de franchii' le col, ils devaient donc se trouver' dans la vallée d(> la Dranse ^'alaisane et non dans celle du Drac, comme on Ta dit à tort (.\bbé P. CiMLLArME, /iecherch/'s sur les Hautes- Alpes, p. I2(i).

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trouva fort peu d'habitants dans tout le diocèse' ». L'exagération de certains érudils qui voulaient adujcttre une occupation permanente d'une partie du Dauphiné, depuis l'invasion du viii" siècle jusqu'à l'invasion définitive des Sarrasins du x% a été de nature à provoquer un mouvement en sens contraire-. Quelques historiens en sont arrivés presque à nier la présence des Sarrasins dans les Alpes ^ En réalité l'on rencontrfMl'uno part

1. La charte XVI du 2'= Cartulairc de Saint-H ligues, (jui a été robjet de vives polémiques (analysées dans Bellet, Etude criti'/uc sti)- Ica invasions des Sarrasins à Grenohle et en iJanphiné, p. 1 à IG). Sur la charte elle-même, cf. Bva.let, Réponse aux objections... contre la charte XM. Paris, Picard, 1889, iii-8". Le terme d'authenticité est du reste impropre, bien qu"on l'ait fait souvent intervenir dans la discussion. La charte émane bien de celui dont elle prétend émaner, c'est-à-dire de saint Hugues. La question, peut-être insoluble, est de savoir si saint Hugues a été. oui ou non, de bonne foi et bien informéence qui concerne l'existence ou l'absence d'un pouvoir comtal à Grenoble, au temps des évéques Isarn, Humbei't et Malien. Ce ne sont que les polémi- (]ues au sujet des comtes (pii ont fini par faire mettre en doute la réalité (le l'invasion des Sarrasins en Graisivaudan. accessoirement mentionnée dans l'acte. — On a d'ailleurs souvent joint à ce problème celui du séjour de l'évoque de Grenoble à Saint-Donat, où les invasions l'auraient contraint à chercher un asile en abandonnant sa ville épiscopale. Mais si les chartes du Cartulaire de Grenoble présentent dans leur suite chronologique des interruptions assez considérables pour que le fait soit possible, contrairement à l'opinion de Bei.let (Mém. cit., p. 45), le fait même de l'exil à Saint-Donat n'est attesté que par une inscription en vers latins. Or, de cette inscription. M. A. de Teuuebasse a péremptoirement prouvé la fausseté, en retrouvant le manuscrit de l'auteur peu scrupuleux qui l'avait fabriquée au xvn'' siècle, manuscrit sur lequel se voient encore les traces du travail de composition (Examen critique de l'Inscription de Sai)d-Donat. \'ienne-Paris, 1860, in-8).

2. L'historique des travaux composés à ce sujet durant les trois premiers quarts du xix"^ siècle a été fait par M. Bellet, dans la première des deux brochures citées à la note précédente, ce (jui nous dispense de le refaire ici.

3. Quant au préambule lui-même, nous ne prétendons pas (lu'il faille l'accepter avec toutes les conséquences que l'on a parfois voulu en tirer, notamment que l'évèque Isarn fut le libérateur de l'église de Grenoble, à la suite d'une sorte de croisade entreprise par lui (Temhe- I3ASSE, I]ist. des Dauphins de Viennois, p. 80-87; Ginglns, Bosonides. p. 227). En outre, la deslructio paganorum ne doit pas être entendue dans un sens général, puisque l'expulsion générale et délinitive n'eut lieu qu'en 983. Il ne peut être question (jue d'une expulsion des Sarrasins de Grenoble ou du Graisivaudan, laquelle aurait eu lieu, selon saint Hugues, au temps d'isarn, c'est-à-dire environ de 950 à 976. Le témoignage de saint Hugues peut être considéré comme prouvant que l'on croyait au xii« siècle que les Sarrasins avaient dévasté le pays antérieurement à l'épiscopat d'isarn (cf. Cartul. de (!ren<dile, p. 48, 52). (■'est un témoignage à peu près de même ordre cpie le serait celui d'un chroniqueur contemporain de saint Hugues. Le fait même des

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(les textes prouvant que les envahisseurs païens ravageaient sans interruption la région du Dauphiné et des Hautes-Alpes, et d'autre part des documents attestant que les rois de Provence-Bourgogne et leurs sujets chrétiens ne cessèrent guère de disposer de domaines au milieu des territoires où s'exerçaient les brigandages des Sarrasins \ Mais ce que nous ignorons complètement, c'est la valeur effective que pouvait avoir par exemple une donation de terres sises dans le pays ravagé. C'est ainsi qu'en 965 Conrad le Pacifique donna à l'abbaye de Montmajour d'Arles les prieurés de Monétier-AUemant'^ et d'Antonaves'^ dans le voisinage de Gap''; — que l'abbaye de Cluny, à une époque un peu antérieure, avait reru en don des terres situées sur le plateau de la Matésine entre la Bonne et la Roisonne". Aucun de ces actes ne suffit à prouver que le pays de Gap ou la Matésine n'aient pas été infestés à cette même époque par des bandes plus ou moins nombreuses d'envahisseurs sarrasins ^ En d'autres termes, dans les polémiques auxquelles a donné lieu la question, l'on a eu trop souvent une tendance à confondre ces deux choses: établissement et fixation dans un pays d'envahisseurs avec dépossession des habitants, — et occupation d'une région par des bandes errantes, vivant sur le pays de pillages et de brigandages. Il semble bien que ce soit cette dernière situation qui ait été celle de la partie orientale du royaume de Provence au moment des invasions sarrasines.

Les textes postérieurs d'ailleurs sont d'accord avec les textes contemporains que nous avons relevés, pour attester l'impres-

invasions dans le pagus de Grenoble, en laissant de côté la question (lu rôle d'Isarn et môme celle de la date, est vraisemblable, puisque des invasions sont mentionnées par des textes du x'' siècle comme ayant lieu dans le Viennois et dans les Alpes. — On a voulu supposer aussi (Gall . C/wisl., t. XVI. col. 227) qu'lsarn pouvait avoii-, au lieu de Sarrasins, expulsé des Hongrois. C'est remplacer une affirmation vraisemblable de saint Hugues ou de son notaire par une pure conjecture d'érudit moderne.

1. RoMVN, Les invasions sarrasines, dans le Bullrl. de la Soc d'El. des 11 ailles- Alpes, t. I, p. 266.

2. Hautes-.Mpes, arr. Gap, cant. Laragne. :i. Hautes-Alpes, arr. Gap. cant. Ribiers.

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