‹ Le royaume de Provence sous les Carolingiens (855-933?)Chapitre 37 sur 482 · iS · texte numérisé non relu

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14 juillet

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22 uoiU

22 décembre

25 aoril

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Nous indi(iuons dans la colonne i la correspondance des années de l'ouPAiiDiN. lioijamne de l'rovenre. 2

Ig ENTREVUE D'ORRE [Août? 856J

Orbe, à quelques kilomètres au sud-ouest du lac de Neufchâtel. Là, les discussions recommencèrent, et peu s'en fallut qu'on n'en vînt aux mains. Lothaire II surtout convoitait la part de son jeune frère, et, pour s'en emparer, songeait à faire tondre Charles et à le laisser finir ses jours dans un monastère. Il eût mis son projet à exécution, si les fidèles du jeune prince, les seigneurs provençaux, qui vraisemblablement aimaient mieux avoir pour chef l'un d'entre eux, le marquis Girard, sous la souveraineté nominale de Charles, que de se soumettre à l'autorité eff'ective de Lothaire', n'avaient arraché leur roi des mains de son frère et empêché celui-ci de venir à bout de son dessein". Soit que cette attitude des seigneurs présents à l'assemblée fît réfléchir les deux frères aînés, soit qu'eux-mêmes n'eussent pu se mettre d'accord sur les conditions d'un partage nouveau, ils se décidèrent à rectifier définitivement la volonté de leur père en reconnaissant à leur

l'incarnation avec les années du règne, en supposant le point de départ de celles-ci pris au 28 septembre 855, dans la colonne 7 la même correspondance, mais en supposant le point de départ pris en automne 85(3.

Les diplomatistes, en elTet, depuis dom liouquet jusqu'à M. Miililbacher, ont supposé que depuis l'entrevue d'Orbe les années de règne étaient comptées à partir de la date de celle-ci. ce qui est historiquement admissible. En ce cas, on obtient pour la majorité des diplômes, concordance avec l'indiction, en supposant l'emploi d'une indiction de septembre. Mais il faut admettre, en raison du n" 1296, que le point de départ est postérieur au 22 août 856 et en raison du w^ 1294 qu'il est antérieur au 25 du même mois, c'est-à-dire qu'il faut placer la date de l'entrevue (laquelle peut avoir duré plusieurs jours) dans les environs du 'l'.i ou du 24 août 856. Cette hypothèse ne repose que sur les dates de diplômes dont aucun ne nous est parvenu en original. Et pour le dernier des actes que nous avons cité, M. Miihlbacher a voulu corriger an7i(j rcgni VU en anno refini IIIl. Mais c'est celle qui permet de rendre compte du plus grand nombre de ces actes et c'est à ce titre que nous la croyons admissible. On peut faire, il est vrai, une objection à cette théorie, c'est que les Aimales de Saint-Bertin parlent de l'entrevue après le récit du mariage d'l';thehvolf et de Judith, lequel est du l"^'"' octobre, et c'est ce qu'a déjà remarqué M. Parisot {I.c roj/aituu' (le Lorraine, p. 90) qui ])lace l'entrevue dans les premiers jours d'octobre. Mais il faut remarquer (pie Prudence parle parfois des événements non à leur date réelle, mais à celle à laquelle ils parviennent à sa connaissance.

1. M. Parisot op. cil. p. 90 suppose que le petit Charles avait été amené à Orbe par Lothaire qui le retenait auprès de lui. Le texte des Aini. liertin. ne parait pas appuyer celte conjecture.

2. Parisot (ibid.) suppose qu'ilsôtaient peut-être soutenus })ar Louis. Eu tout cas, c'est Lothaire seul que les Ann. Berlin, désignent comme l'auteur de la tentative dirigée contre la personne de Charles.

[857-858] rni.ITIorE DE I.OTHAIRE II 10

cadet la souveraineté de la Pruveuce et du duché de Lyon'. Charles paraît avoir été de retour dans ce dernier pays au mois d'octobre de la même année".

La situation changea pour lui lorsque, l'année suivante Lothaire II, renvoya sa femme légitime Theutberge, sœur de Hubert, abbé de Saint-Maurice d'Agaune et duc de Transjurane, pour revenir à son ancienne concubine Waldrade. C'était s'engager dans une série d'intrigues et de difficultés qui devaient peu lui laisser la possibilité do faire des conquêtes au détriment de ses frères, et (jui fournissaient même à ceux-ci un prétexte facile d'intervenir dans les affaires du roi de Lorraine en se posant en défenseurs do son épouse délaissée'. Celui-ci avait donc intérêt à les ménager et à les gagner à sa cause, de même que son oncle Charles le Chauve. Il s'était rapproché de ce dernier en 858, en l'assistant dans la campagne dirigée durant cette année contre les Normands de la Seine, tout en observant d'ailleurs une prudente neutralité dans la lutte entre Charles le Chauve et Louis le Germanique*. C'est sans doute dans le même but de se créer des alliés"' que Lothaire, au

1. Ann. Berlin., a. 856, p. 47. C'est notre seule source pour le récit de ces événements. Hincmar, dans sa lettre à Louis le Bègue (Mig.ne, t. CXXV, col. 986) se borne à mentionner le fait de l'accord intervenu sans en indiquer ni la date ni les clauses : « Mortuo Lothario, tilii ejus regnum illius inter se diviserunt. » C'est aussi au traité d'Orbe qu'il est fait allusion dans les préambules à peu près identiques des deux privilèges accordés au monastère nouvellement fondé de Saint-Benoit de Cessieu (Ain, arrondissement Belley, canton Lliuis) par une assemblée d'évèques (Maiullon. Acla sanct. ont. S. Ben . saec. IV', part, n, p. 500) et par Charles de Provence (Mitth. des Inst. /'. Œ. G F., t. XVI, 1895, p. 213) : « Pace jam et divisione regni cum fratribus suis, miserante « domino, celebrata. » Nous avons dit que la date de l'entrevue parait avoir été considérée comme assez importantepour (iu"on la prit comme point de départ du compte des ans du règne de Charles.

2. Diplôme donné le 10 octobre 856 à Tramoyes et confirmant à la requête du comte Girard l'immunité de \'ille-L'rbane (Rhône, arr. Lyon, ch.-l. de canton) qui appartenait à l'église cathédrale de Lyon (Bni:iiMi:iî-Mu£in,i5., n" 1290, Ifist. de Fr., t. Vill, p. 396). Pour pouvoir admettre l'indiction V, nous serions assez portés à donner à ce diplôme la date de 856 en admettant que l'acte étant peu po.stérieur à l'entrevue d'Orbe, les années du règne de Charles y sont encore comptées, comme elles devaient l'être ])rimitivement à sa chancellerie, à dater du jour de la mort de Lothaire I.

3. Sur ces événements, cf. Dukmmlei;, Oslfr. Hcich.. t. II, p. 5 et suiv.; Paiîisot, op. cit., p. l'ri et suiv.

'». Ann. Berlin., a. 859, p. 51.

5. Dl'e.m.mli:h (Oslfr. Beich, t. Il, p. 8) croit comme nous (juc Lotliaire

20 CESSION DES DIOCÈSES DE TARENTAISE ET DE RELLEY [SoS]

commencement de la même année 858, se rapproche également de son plus jeune frère et lui cède les deux évêchés de Tarentaise et de Belley que le partage effectué en 855 n'avait pas compris dans le lot de Charles, mais qui se rattachaient géographiquement au royaume de Provence. Ce royaume, en revanche, au cas où son souverain viendrait à mourir sans s'être marié ou sans avoir eu d'enfants, devait faire retour tout entier à LothaireS au mépris des droits que Louis 11 avait une première fois revendiqués, en 856, sur la portion de l'iiéritage de son père sise au nord des Alpes.

A la suite de ces événements, Charles de Provence est définitivement admis, pourrait-on dire, dans le concert carolingien. Non seulement il n'est phis (fuestion de lui enlever ses États, mais il entre dans l'alliance de Charles le Chauve et de Lothaire, renouvelée au commencement de l'année 859 contre Louis le Germanique. Au mois de juin, ces deux princes se rencontraient dans le voisinage de Toul, à Savonnières", et ('harlcs de Provence assistait à l'assemblée, accompagné de son conseiller et archichapelain, Rémi de Lyon, ainsi (juo de quehiues-uns des autres prélats de son

voulait s'assurer du concours de Cliarles pour ses projets de divorce. SciiRŒHS, au conti'aire (I/inkmar, p. 18;J), considère en parlant du roi de Lorraine (|ue « von seinem Bruder Karl von der Provence, der « einem baldigen Tod entgegensiellite, war weder gutes noch schlimmes « zu befiii'chten ». C'est vrai peut-être si l'on songe à Charles lui même, mais il avait des conseillers capables de lui l'aire jouer un rôle en cette affaire et il ne faut pas ^éparer à ce point de vue son histoire de celle de ses frères. D'ailleurs, comme le remarque M. Parisot (op. cil., p. 120), le royaume de Provence était voisin du duché de Transjurane. et Lotiiaire pouvait craindre que Hubert ne trouvât un appui auprès de Girard ou des autres grands.

1. Ann. Berlin., a. 8o<S, p. V.». « Lolharius rex cum fratre suo Karlo, « Provinciae rege, amicitiam firmat, datis ei duobus episcopatibus ex « regni sui portionibus, id est Bilisio et Tarentasia ; similiter Karlus « eidem l'ratri suo Lothario regnum suum ea conditione tradidit, ut si, « ante(|uam uxoreni acciperet et fiiios genoraret ab hac vita dccederct, « ei Lotharius jure hereditario succederet ». ("os Annales sont seules à mentionner cet événement, mais la domination de Charles sur l'un au moins des territoires indiqués est attestée, un peu plus tard, par un diplôme du l'i juillet 8(/l, concédant à son archichapelain Kémi, à titre héréditaire, des biens sis dans le comté de Belley à Coron (Ain, connnuiie Belley), .\maliana, Rothonod (commune Ciiazay-Bons, Ain, arrondissement et canton Belley). Mntiano, liludcnnaco. Curie-Metiard, .Viidort (même arr. et cant.): [{(H'Iimeiî-Mueulb., n" 1295; liisl. de l'r., 1. Vlll, j). ;i'.)8.

2. Aujourd'hui ferme de la commune do Foug, Meurthe-i>t-Mosclle, canton 'i'oul-Nord.

[Juin 8:.0| CIIARLKS OF] l'ROVKNCI'; A SAVdNMKliKS 21

royaume, Toutran, archevêque de Tarcntaiso, KI)l)oii de (Irenohle, Ratbert de Valence et Abbon de Maurieniic'. Il est menlioiiné h coté de son frère et de son oncle dans la déclaration de concorde et d'union contre Louis le Germanique qui forme le préambule do l'acte rédigé à cette occasion-, mais nous ignorons quels furent à l'assemblée le rôle et la situation du jeune roi. Nous savons seulement qu'il accompagna à Gondreville Lotbaire II et Charles le Chauve, et y assista au jugement d'une affaire concernant l'archevêque de Lyon. Ce dernier voulait obtenir l'annulation d'un échange préjudiciable aux intérêts de son église, conclu au temps de Lothaire I avec un nommé Witger^ Celui-ci, condamné à la suite d'une première enquête conduite par le comte Suchard, en appelait de cette décision à l'assemblée et aux trois rois réunis à Gondreville, et leur exposa qu'il possédait un précepte de l'empereur défunt, ratifiant l'échange et le mettant à l'aljri de toute atteinte. Lothaire II, dans les États duquel se trouvaient les biens contestés'*, dut ordonner une nouvelle enquête, dont le soin fut confié à Gondoin, l'un des fidèles du roi de Lorraine'.

1. Ann. Berlin., a. Hâ'J, p. 52; Iîoretiijs-Kualse, t. II, p. 'j'iT-'iSO. Les assemblées d'évcques, auxquelles fait allusion le texte cité des Annales Bertiniennes, sont celles de Langres, en avril 859, et de Metz en mai ou juin de la même année. Charles de Provence ne parait pas avoir assisté à la seconde de ces assemblées, dont le procès-verbal mentionne seulement Charles le Chauve et Lothaire {Mon. (k'rm., Lcges. t. I, p. 'i58). Quant à la première, c'est à tort que M. Mueiil- UACiiER (Rey. Karol., p. 508) y mentionne la présence du roi de Provence, d'après une mention postérieurement ajoutée au privilège accordé à l'église d'Autun par les évéques réunis à Langres. Cette mention, ainsi conçue : « Cartam confirmavil Carolus Ludovic! Augusti « tilius, Caroli autem augusti nepos », désigne Charles le Chauve seul, tils de Louis [le Pieuxl et petit/Us de Charle[magne], non Charles le Chauve et son neveu Charles de Provence.

2. Conv. apud Saponan'as, c. 1-3 ; Boiîeth's-Krause, (or. cit.

3. Diplôme sans date de Lothaire II pour l'église de Lyon (B(*:iimer- MuEiiLU., n" 1259; Ilisl. de Fr., t. VIII, p. 'lil. Le dij)lome du même prince pour l'église de Langres (ib., p. 'i07) ne mentionne la présence, à Gondreville que de Charles le Chauve et Lothaire.

^. En Portois et en Bassigny, ([ui faisaient partie du royaume de Lothaire 11, cf. Lononon, Atlas hist., pi. VI.

5. Diplôme précité do Lothaire II. Ifist. de Fr.. t. VIII. p. 'ill.Un rapport (lut être fait par Gondoin à l'assemblée de (.'oblence. au mois de juillet 8(J0. Mais Witger ayant refusé de se rentlre au tribunal du roi, devant lequel il avait été cité, ce ne fut que plus tard (|ue l'alTaire reçut sa solution définitive. M. Pahisot (op. cit., p. 177, n. 1) déploie jjeut-ètre trop d'ingéniosité pour tenter de })rouver (lue le jugement dut être

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