MECONTENTEMENT HES FRÈRES DE CHARLES
pape Benoit III était obligé (riutervenir pour rétablir entre eux la paix'. Lolliaire, qui, peut-être pour s'affermir contre toute entreprise de la part de son frère l'empereur, s'était, au commencement de l'année, fait sacrer roi par les grands de la Francie, n'était pas non plus satisfait de son lot et considérait le partage fait par son père comme un amoindrissement pour la royauté ^ Des négociations durent être alors engagées, sans que les textes fournissent de renseignements à leur sujet. Mais, pour autant qu'il est possible de connaître les prétentions de Lothaire et de Louis, il ne pouvait guère être question que du partage des États de Charles, si l'un des deux aînés ne parvenait auparavant à se les annexer dans leur entier. Cependant, durant l'été ou Tautorane de la même année, peut-être dès la fin d'août \ les trois frères se rencontraient à
1. Jaffk, n"2669; Bxnosics, A)int(les Ecclesiaslici, a. 85G, n. 127.
2. Son mécontentement perce encore dans un diplôme du 6 août 858 (BiEHMER-MuEHUî., n" 1250; Ilist. de Fr.. t. VIII, p. 405). — Sur la nécessité pour Lothaire d'étendre autant que possible son royaume afin d'avoir des terres à distribuer à ses fidèles, cf. Parisot, op. cit.. p. 80.
o. Les diplômes de Lothaire II et de Louis II ne permettent pas de fixer cette date avec beaucoup de précision. Le premier est encore à Nimègue le 28 juin 856 (Boehmek-Mueiilb., n° 1245); il n'est de retour aux environs de Metz que le 12 novembre (Bœumeh-Muehlb., n" 1266). Les dates extrêmes foui'nies par l'itinéraire de Louis II, celles du 19 mai 856 (Ih., n° 1174) et du 1 1 janvier 857 (Ib., n" 1175), sont encore plus éloignées l'une de l'autre. Les An?i. Berlin, mentionnent l'entrevue comme l'un des derniers événements de l'année. Gingins {Bosonides, p. 26) les cite pour établir |^?] la date du 22 septembre. DL'EMMLER(0.s7/'r. Brick, t. I,p.399) et Muehlbacher, Bef/.Knr., p. 449, se bornent à parler de l'été. Nous considérons comme plus vraisemblable, quoique bien incertaine, celle du 23 ou 24 août 856 qui parait être un point de départ du compte des années de règne de Charles de Provence à la chancellerie de celui-ci. Si l'on suppose a priori, en effet, que ce point de départ fut pris au jour de la mort de Lothaire I (28-29 septembre 855), dans aucun des diplômes qui nous sont parvenas datés, la date convertie en années de l'incarnation ne concorde avec l'indiction. C'est ce que rendra plus sensible le tableau ci-dessous.
.Niim.
An du règne
An de
Annéi'.
.\n de
de Bulmier-
Date de jour
Indietion
correspondant
1 incarnntion
.Mulilbucber
(du2Ssept.85."i,)
à l'indiction
(de l'aiit. 850
10 octobre
l-'iH
17 juin
Slis
10 janvier
IH