LORIGLNE DE LA FEMME DE LOUIS LAVEL'GLE
la femme de Charles le Simple conserve celui-ci tel quel, simplement pourvu d'une terminaison latine. Cependant, comme Guillaume de Malmesbury donne le même nom d'Edgive à deux des filles d'Edward, il est possible qu'un des deux noms soit altéré ; il est donc toujours possible de supposer que l'on a pu adopter, dans les pays méridionaux, la forme Adélaïde, ou qu'il y a double nom.
e. 11 y a d'autres raisons pour ne pas croire (pie cette Adélaïde du diplôme de 915 puisse être identifiée avec la fille d'Edward, femme de Louis, prince aquitain. Selon les Gesta. regiim, cette dernière était la fille de la troisième femme du roi; or, en 901, c'est encore la première épouse d'Edward, Elfiede, qui est mentionnée dans l'un de ses diplômes '. Il faudrait donc admetti-e ([u'Elfiede ^ mourut très peu de temps après cette date, que les six enfants de la seconde reine se succédèrent très rapidement, qu'Edgive épousa tout enfant l'empereur Louis et que son intervention dans le diplôme de 91.5 est purement conventionnelle. Tout ceci constitue en somme ime série assez compliquée de suppositions.
D'autre part, il est à remarqtier que Guillaume de Malmesbury, lorsqu'il parle des filles du roi Edward, insiste souvent sur ce fait qu'elles ont été mariées par leur frère, le roi Éthelstane, sans doute parce que le texte qui lui a fourni ces renseignements était la vie perdue de cet Ethelstane que Guillaume parait avoir utilisée -. Ce détail semble donc plutôt plus sur que le nom et la qualité du mari d'Edgive. Or, Éthelstane succéda à son père seulement en 925, c'est-à-dire dix ans après la date à laquelle nous trouvons mention de la femme de Louis l'Aveugle dans un diplôme de ce dernier. Reste, il est vrai, à supposer que la date de ce diplôme est altérée ou que Louis fut marié deux fois, d'abord avec Adélaïde, ensuite avec Edgive. Mais si l'on observe que la sœur ainée de celleci n'épousa, très jeune, Otton P'' qu'en 929, c'est-à-dire à une date il laquelle l'empereur Louis était mort très vraisemblablement, cette hypothèse devient assez inadmissible.
Quant à faire de la fenuiie de Louis l'Aveugle une liih' de l'un des premiers mariages d'Edouard ', c'est possible, mais il ne faut pas oublier que, si l'on suppose Louis de Provence marié avec une piincesse anglaise, c'est uniquement en raison du texte précité de (iuillaume de Malmesbiny. Or, l'hypothèse (pie nous venons d'indi- (juer aurait linconvénienl de rejeter ce qui constitue vraisembla-