II. — Gui de Bazoches
« Interea Karolus imperator una noctium. cum post officium matu- « tinum lect.o se soporis gratia reddidisset, ab astantc sibi quodam « aspectu splendido, vultu candido, jussus ut surgeret et iter ageret « filum lucidissimum quo manu tenebat et quo pollicem ei ligaverat, « sequendo post eum hospicio carnis eductus et ductus ab eo videre « loca poenis débita reproborum et gaudiis dedita bonorurn. Intrat « igitur, pracedente suo ductore, valles apertas in abissum et caligine « mortis opertas in quibus fornaces ignivomas. puteos bullientes atque « sulfurées et tartareos... »
II!. — AUBRi DE Trois-Fontaines :
« In nomine Dei summi régis regum. ego Karolus imperator, gratuito « Dei dono rex, patricius Romanorum ac imperator Francorum, nocte « sacradieideminicao post celebratum nocturnarum bor;u'um divitmm « officium dum irem repausnre et vellem somnum capere vonitvox ad « me tenibiliter dicens : « Karole exiet modo a te spiritus tuus liera « non modica. » Et mox, ab astante mihi ouodam aspectu splendido
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fait également passer dans son œuvre le récit de la Vision, en l'adjoignant au texte des Gesla Francorum ad annum MCCXIV^ et Philippe Mouskès le rime en luie centaine de vers aussi plats que le reste de son œuvre -. Au xv" siècle encore, Edmond de Dynter l'insère dans sa Chronique des- ducs de Brahanl ^ et saint Antonin, archevêque de Florence, fait entrer dans sa vaste compilation d'histoire universelle le texte fourni par Vincent de Beauvais, en lahrégeant légèrement''. La Vision passe également dans l'histoire pour ainsi dire officielle. Déjà le compilateur du manuscrit latin 12710 l'avait placée en tète de son œuvre ", et les auteurs des Grandes Chroniques traduisirent en français le récit où le roi « Kalle le Chauf parole par première personne » de ce qu'il vit dans l'autre monde**. Mais les moines de Saint-Denis firent une légèi-e addition: aux noms de saint Pierre et de saint Rémi par l'intercession desquels l'empereur Louis obtint un adoucissement à ses tortures, ils ajoutèrent le nom du patron de leur maison''.
La forme d'un récit de vision parait, comme l'on sait, avoir été fort appréciée à l'époque carolingienne pour la rédaction des éci"its politiques et la Vision de l'empereur Charles n'est pas un récit d'une autre nature que celles du moine Wettin ou du chorévéque Audrad le Petil.
Charles raconte <|u'une nuit de dimanche, aprèsl'heure des matines, au moment où il s'étendait sur son lit, une voix l'appela pour lui
« vultu candide, jussus ut surgerem, et iter agerem, filum lucidis- « simum quod manu tenebat et ad poUicem meum ligaverat, sequendo « post eum, hospitio carnis eductus sum et deductus ab eo videre loca « poenis débita reproborum et gaudiis débita beatorum. Intravi igitur, « précédente meo duetore, valles opertas in abyssum et caligine mortis « opertas. hi quibus fornaces ignivomas, puteos buUientes atque sul- « phureos... »
1. L. Delisle, dans les Notices et extraits des mss., t. XXXIV, 1''" partie, p. 367.
2. Éd. REiFfENHEiu;. Bruxelles, 1838, in-'j" (Ca//. C.hron. /tcli/cs). t. II, p. 19-23 ; V. 12574-12r)7'i. Selon Féditeur, ce serait aux Chroniques de Saint-Denis que Mouskès aurait emprunté le texte qu'il a versifié, mais il nous parait plutôt en être indépendant, car il ne nomme pas saint Denis parmi ceux dont l'intervention adoucit le supplice de Thmpereur.
3. VA. DE Ram, Bruxelles, 1854, in-'io ((j>ll. Chroii. belges), t. 1, p. 26'..
4. Diii Antonini arcli. FJorentini... Clironicorum //•' pars. Lyon, 1587, in-fol.. p. 604. — On le trouve même au xvi'' siècle dans les écrits de i)olérnistes protestants (Zuulauben, Mêm. cit., p. 211).